Depuis le 2 octobre 2026, les règles d’utilisation du compte personnel de formation (CPF) ont changé pour les salariés comme pour les demandeurs d'emploi. Cette réforme du CPF, intégrée aux arbitrages du projet de loi de finances 2027, resserre les conditions de prise en charge d’une formation et introduit un nouveau principe : sans cofinancement extérieur, le reste à charge grimpe. Voici ce qui change concrètement, et pour qui.
Ce qui change depuis le 2 octobre 2026
Pour toute demande de formation validée à compter de cette date, le dispositif distingue désormais clairement les dossiers cofinancés des dossiers financés uniquement par les droits CPF du titulaire :
- Une formation reste prise en charge aux conditions actuelles si elle bénéficie d’un cofinancement d’au moins 150 euros par un employeur, une région, une branche professionnelle ou France Travail.
- À défaut de ce cofinancement, un complément de participation forfaitaire pouvant atteindre 200 euros pourrait s’ajouter à la participation de base dès 2027, une fois le projet de loi de finances définitivement adopté et ses décrets d’application publiés.
- Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail restent exonérés de ce surcoût lorsque la formation vise un secteur prioritaire (défense, industrie, souveraineté alimentaire, écologie, numérique, santé) ou bénéficie déjà d’un cofinancement suffisant.
- Un plafond de prise en charge est désormais fixé selon la nature de la formation ; pour un bilan de compétences, le montant mobilisable sur le CPF est plafonné à 1 600 euros.
Un deuxième changement passé plus discret : l’entretien professionnel
En parallèle du volet financier, l’entretien professionnel change lui aussi de visage. Il devient l’« entretien de parcours professionnel » et sa périodicité s’allonge : tous les quatre ans au lieu de deux, avec un bilan complet du parcours du salarié tous les huit ans au lieu de six. Pour les services RH, c’est un calendrier d’obligations à revoir, sans attendre le prochain contrôle.
Pourquoi les organismes de formation s’inquiètent
Du côté des prestataires de formation, l’alerte est déjà donnée : certains acteurs du secteur évoquent un risque de renoncement pouvant toucher jusqu’à 30 % des dossiers si le reste à charge se confirme à son niveau maximal. Le raisonnement est simple : un salarié qui finançait seul sa formation via son CPF pourrait désormais y renoncer si la facture résiduelle devient trop lourde, surtout sur les formations courtes ou peu coûteuses où le forfait pèserait proportionnellement plus.
Ce que ça signifie pour les entreprises
Pour les entreprises, la réforme déplace une partie de l’arbitrage budgétaire : cofinancer une formation à hauteur de 150 euros devient le moyen le plus sûr d’éviter que le projet de formation d’un collaborateur ne soit abandonné en cours de route. Cette logique rejoint d’autres obligations récentes qui renforcent le rôle des services RH et finance dans le suivi réglementaire, comme le passage à la facturation électronique obligatoire ou les nouvelles obligations de transparence salariale prévues par le projet de loi 2026.
Demandeurs d'emploi : vérifier son éligibilité avant de s’engager
Pour un demandeur d'emploi, la priorité est de vérifier, avant toute inscription, si la formation visée entre dans un secteur prioritaire ou bénéficie d’un cofinancement de France Travail. Cette vigilance rejoint plus largement la nécessité de bien vérifier une offre avant de s’engager, qu’il s’agisse d’une formation ou, comme le rappelait récemment RueMasson.com à propos des offres d'emploi illégales, d’une offre d'emploi douteuse.
Les candidats à la reconversion ont aussi intérêt à suivre les rendez-vous collectifs organisés en emploi et formation ce mois-ci, à l’image des Semaines de l’évolution professionnelle (5-16 octobre 2026) ou de la Semaine des métiers du BTP (12-16 octobre 2026), qui permettent de tester un projet avant d’engager ses droits CPF.
Questions fréquentes
Le reste à charge de 200 euros est-il déjà appliqué ?
Non. Ce complément de participation forfaitaire est annoncé pour 2027, sous réserve de l’adoption définitive du projet de loi de finances et de la publication de ses décrets d’application. Seules les nouvelles règles de cofinancement s’appliquent depuis le 2 octobre 2026.
Qui échappe au nouveau cofinancement obligatoire ?
Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail dont la formation vise un secteur prioritaire, ou toute formation bénéficiant déjà d’un cofinancement d’au moins 150 euros par un employeur, une région, une branche professionnelle ou France Travail.
L’entretien professionnel a-t-il disparu ?
Non, il est renommé « entretien de parcours professionnel » et sa fréquence passe de deux à quatre ans, avec un bilan complet tous les huit ans au lieu de six.
Sources
Mon Compte Formation — évolution des règles d’utilisation du CPF
AEF Info — la réforme du CPF rétroactive au 1er octobre 2026
Via Compétences — les nouveautés de la formation professionnelle
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
