Le marché immobilier français avance à deux vitesses. D’un côté, la construction neuve reste en panne, avec des mises en chantier durablement inférieures à leur moyenne de long terme. De l’autre, le marché de l’ancien retrouve des couleurs, porté par une remontée des prix et des volumes de vente, malgré des situations locales contrastées comme à Paris. Un paradoxe qui structure les arbitrages des professionnels du secteur pour la seconde moitié de 2026.
Le neuf toujours en crise
Selon les données officielles du Service de la donnée et des études statistiques (SDES), le cumul sur douze mois s’établissait à fin avril 2026 à 384 539 logements autorisés, soit 5,5 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Les mises en chantier suivent la même trajectoire baissière, à un niveau historiquement bas sur longue période. Le mois d’avril lui-même a marqué un recul net, avec 28 979 autorisations (-29,5 % sur un mois) et 27 756 logements commencés (-10,4 %), la baisse concernant surtout le logement collectif après un mois de mars exceptionnellement dynamique.
Cette faiblesse structurelle de la construction neuve pèse directement sur les carnets de commandes des promoteurs et sur l’activité du secteur du bâtiment et de la construction, dans un contexte où les coûts de financement restent élevés malgré une stabilisation des taux.
L’ancien retrouve un équilibre
À l’inverse, le marché de l’immobilier ancien montre des signes de reprise. Le baromètre Meilleurs Agents relève une hausse moyenne des prix de 1,6 % sur douze mois au niveau national, après deux années de turbulences, pour un volume d’environ 929 000 transactions, en progression de 11 % sur un an. Les grandes métropoles affichent des dynamiques variées : Nice progresse de 3,3 %, Paris de 2,9 %, tandis que Toulouse, Bordeaux, Marseille et Montpellier enregistrent des hausses plus modérées, entre 1 % et 3 %. Nantes reste la principale exception, avec une baisse de 3,9 %, toutefois moins marquée qu’en 2024.
Les taux de crédit immobilier se sont stabilisés autour de 3,5 % sur vingt-cinq ans et 3,4 % sur vingt ans, une accalmie qui facilite le retour des acheteurs après plusieurs années de resserrement monétaire.
Paris, un marché à part
La capitale illustre un phénomène spécifique : les prix résistent, autour de 9 530 euros le mètre carré en moyenne, alors que les volumes de ventes d’appartements ont reculé d’environ 24 % sur les cinq premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Une offre limitée et des vendeurs peu contraints à céder expliquent ce maintien des prix malgré la baisse des transactions, une configuration qui pèse sur les stratégies d’investissement des acteurs de l’entreprise et de la société exposés au secteur immobilier.
Ce que cela change pour les acteurs économiques
Pour les investisseurs et les entreprises du secteur, ce marché à deux vitesses impose une lecture fine avant toute décision de financement ou d’investissement : les opportunités se situent davantage dans l’ancien, où la demande reprend, que dans le neuf, toujours fragilisé par des coûts de construction élevés et une frilosité persistante des promoteurs face à la faiblesse des réservations.
Questions fréquentes
Pourquoi la construction de logements neufs reste-t-elle en baisse en 2026 ?
Les autorisations et mises en chantier restent inférieures à leur moyenne de long terme en raison de coûts de construction élevés et d’une demande encore prudente des promoteurs, malgré une stabilisation des taux de crédit.
Les prix de l’immobilier ancien augmentent-ils partout en France ?
Non : la hausse moyenne de 1,6 % sur un an masque des situations très différentes selon les villes, avec des progressions notables à Nice ou Paris et une exception à la baisse à Nantes.
Pourquoi les ventes reculent-elles à Paris alors que les prix résistent ?
L’offre de biens disponibles reste limitée dans la capitale, ce qui permet aux vendeurs de maintenir leurs prix même si le nombre de transactions diminue nettement.
Sources
SDES – Ministère de la Transition écologique —
Meilleurs Agents —
La Couronne
