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Créations d’entreprises en France : un record qui cache des fragilités

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En septembre 2026, la France a enregistré 119 307 créations d’entreprises, un niveau inédit depuis le début de la série statistique de l’Insee en janvier 2000. Un chiffre qui tranche avec le climat économique ambiant : croissance limitée, chômage élevé et défaillances d’entreprises au plus haut. Derrière la performance affichée, les signaux envoyés aux entreprises françaises restent contrastés.

Un record historique porté par les micro-entrepreneurs

Selon l’Insee, les créations ont bondi de 16 % sur un an entre juillet et septembre, soit 45 500 structures supplémentaires. Sur les neuf premiers mois de l’année, près de 972 000 nouvelles entreprises ont vu le jour, en hausse de 13 % par rapport à 2025. Les micro-entrepreneurs restent largement majoritaires, avec plus de 653 000 immatriculations, loin devant les sociétés classiques et les entreprises individuelles. Le commerce et les activités de soutien aux entreprises tirent la dynamique, tandis que l’industrie, les transports et l’information-communication reculent.

Une économie toujours atone derrière le record

Ce record statistique ne doit pas masquer un contexte économique resté fragile : la croissance plafonne à 0,4 % et le taux de chômage atteint 8,3 %. Sur douze mois glissants, l’Insee comptabilise plus de 70 000 défaillances d’entreprises, un niveau jamais observé jusqu’ici. De nombreux observateurs économiques parlent désormais d’un « trompe-l’œil statistique » : la multiplication des structures, souvent de très petite taille, ne traduit pas nécessairement un regain de vigueur de l’appareil productif.

Défaillances : un plateau historique selon Altares

Le cabinet Altares confirme cette lecture dans son étude du troisième trimestre 2026 : 14 652 procédures collectives ont été ouvertes entre juillet et septembre, portant le total à près de 72 000 défaillances sur un an. Les entreprises de moins de trois salariés concentrent près de 75 % des dossiers, et les procédures ouvertes sur le trimestre touchent plus de 50 000 emplois. La construction demeure le secteur le plus exposé, même si ses défaillances reculent légèrement par rapport à l’été 2025. Ce climat alimente la vigilance croissante des dirigeants d’entreprise, de plus en plus attentifs à la solidité de leur trésorerie comme à leurs risques opérationnels.

Ce que cela change pour entrepreneurs et salariés

Pour les porteurs de projet, ce double mouvement invite à la prudence : se lancer reste accessible, mais la pérennité de la structure dépendra davantage d’un modèle économique solide que du seul dynamisme du marché. Du côté de l'emploi, les 50 000 postes concernés par les défaillances du seul troisième trimestre rappellent que la vigilance s’impose aussi côté salarié : mieux vaut, par exemple, savoir repérer les offres d'emploi douteuses avant de postuler. Certains secteurs, à l’image des grands projets d’investissement comme les parcs à thème en Île-de-France, continuent toutefois de créer des emplois durables, preuve que la situation reste très hétérogène selon les filières.

Questions fréquentes

Pourquoi les créations d’entreprises progressent-elles autant malgré une économie atone ?

La hausse est portée presque exclusivement par les micro-entrepreneurs, un statut simple et peu coûteux à activer, ce qui gonfle les chiffres sans refléter nécessairement une embellie de l’activité productive globale.

Le nombre de défaillances d’entreprises va-t-il continuer à augmenter ?

Selon Altares, la hausse ralentit nettement sur un an (+0,5 % au troisième trimestre), mais le niveau reste au plus haut historique, notamment pour les très petites entreprises.

Quels secteurs sont les plus touchés par les défaillances ?

La construction reste le secteur le plus concerné en volume, même si ses défaillances reculent légèrement ; les entreprises de moins de trois salariés concentrent l’essentiel des procédures.

Sources

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Hugo Lambert
Hugo Lambert
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