Le marché du luxe retrouve des couleurs, mais pas de la même manière qu’avant. Selon une étude conjointe de BCG et de la fondation Altagamma couvrant la période 2025-2029, le secteur devrait croître de 2 à 5 % en 2026, puis de 4 à 7 % par an d’ici 2029. Une reprise portée moins par les volumes que par un nouveau rapport à l’art de vivre : qualité, savoir-faire et authenticité deviennent les véritables leviers de la relance, aussi bien pour les marques que pour les entreprises qui les fournissent.
Un marché du luxe qui recommence à croître, mais autrement
L’étude BCG/Altagamma, menée auprès de plus de 10 000 consommateurs dans onze marchés clés (France, États-Unis, Italie, Chine, Japon ou encore Émirats arabes unis), détaille les moteurs de cette reprise. Les clients les plus fortunés — la clientèle dite « Top Tier » — concentrent désormais 24 % des dépenses du secteur, contre 14 % auparavant, tandis que le nombre de ménages ultra-riches dans le monde passerait de 5,4 millions en 2021 à 8,8 millions en 2029. Autre évolution notable : les achats réalisés localement ont remplacé une bonne partie du tourisme shopping, les touristes ne représentant plus que moins de 30 % des ventes du secteur. Cette tendance de fond rejoint un mouvement plus large observé dans la consommation française, où la valeur prime désormais sur le volume.
La qualité et le savoir-faire, nouveaux critères numéro un
Ce basculement se confirme dans l’étude EY Luxury Client Index 2025, menée auprès de 1 672 acheteurs internationaux, dont 153 Français. Deux tiers des Français citent la qualité comme première motivation d’achat d’un produit de luxe, soit cinq points de plus que la moyenne mondiale — loin devant la satisfaction personnelle (49 %), la recherche de statut (37 %) ou l’influence des célébrités (12 %). Les acheteurs français se montrent aussi particulièrement attentifs à la traçabilité de la chaîne de fabrication, citée comme première préoccupation, et à l’impact carbone des produits, dix points au-dessus de la moyenne internationale. Côté canaux de vente, le magasin reste roi (63 % des achats), mais le parcours omnicanal progresse vite : 40 % des acheteurs français de la génération Z combinent déjà achat en ligne et en boutique, contre 24 % seulement chez les baby-boomers.
L’artisanat local, un avantage concurrentiel retrouvé
Cette exigence de qualité profite directement aux savoir-faire artisanaux. Dans le secteur de l’ameublement et de la décoration, l’artisanat « s’affirme comme valeur ajoutée décisive », selon une analyse de la filière : les fabricants multiplient les alliances ciblées avec des céramistes pour les poignées et accessoires ou des verriers pour les luminaires, tout en valorisant une « imperfection assumée » qui tranche avec la production standardisée. Des chaînes courtes se développent pour intégrer ces touches artisanales même sur des gammes produites en plus gros volumes. Dans la joaillerie, ce retour à la qualité se traduit déjà en chiffres : le secteur a progressé de 6 à 14 % en 2025, alors que le prêt-à-porter et la maroquinerie reculaient de 5 à 7 % sur la même période.
Ce que ça change pour les entreprises du secteur
Pour les acteurs du commerce et de la distribution, le message est clair : la montée en gamme et la preuve de qualité pèsent désormais plus que la promotion ou le volume. Cela rejoint un mouvement observé plus largement dans l’économie de la seconde main, où la durabilité des produits redessine déjà les réflexes de consommation. Les marques qui sauront documenter leur savoir-faire, raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement et nouer des partenariats avec des artisans locaux disposent d’un avantage réel sur un marché où le client, en particulier le plus jeune, veut à la fois du sens et de la preuve. Ce même basculement vers la matière, les finitions et la chaleur se retrouve d’ailleurs dans les tendances actuelles du design sensoriel, où le minimalisme froid cède du terrain à des intérieurs plus texturés et personnels.
Questions fréquentes
Pourquoi le marché du luxe mise-t-il autant sur l’artisanat local ?
Parce que les clients, français en particulier, associent désormais la qualité perçue à la traçabilité et au savoir-faire ; l’artisanat local permet de répondre à cette attente tout en se différenciant de la production standardisée.
Qui porte la croissance du luxe entre 2025 et 2029 ?
Selon BCG et Altagamma, la croissance est portée par les clients les plus fortunés, dont la part dans les dépenses totales du secteur passe de 14 % à 24 %, ainsi que par une clientèle régulière plus stable face aux cycles économiques.
Le luxe en ligne progresse-t-il en France ?
Oui, mais plus lentement qu’ailleurs : 27 % des acheteurs français combinent achat en ligne et en magasin, contre 33 % en moyenne mondiale ; l’écart se resserre fortement chez les jeunes générations.
Sources
Journal du Luxe — étude BCG/Altagamma sur la croissance du luxe 2025-2029
EY — Luxury Client Index 2025
Le Courrier du Meuble — tendances ameublement et artisanat 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
