La recherche française sur l’énergie nucléaire se dote d’un nouvel outil. Le CNRS et le CEA ont lancé, le 4 septembre dernier, un programme national consacré à la fission nucléaire, doté de 18 millions d’euros sur six ans. Objectif affiché : reconstituer une base scientifique que la France avait laissée s’éroder depuis plusieurs décennies.
Un programme piloté par le CNRS, opéré par l’ANR
Baptisé « Science amont nucléaire de fission », ce Programme et Équipement Prioritaire de Recherche (PEPR) est piloté par le CNRS et porté par l’Agence de programme Énergies décarbonées, coordonnée par le CEA. Il est financé par l’État au titre de France 2030 et opéré par l’Agence nationale de la recherche (ANR). Les 18 millions d’euros alloués entre 2026 et 2031 couvrent principalement des postes de chercheurs : la moitié de l’enveloppe ira au financement des ressources humaines, signe que le principal frein identifié est moins l’équipement que la pénurie de spécialistes formés à cette filière.
Trois objectifs complémentaires
- Produire de nouvelles connaissances fondamentales sur les phénomènes physiques qui régissent la fission nucléaire.
- Renforcer les infrastructures expérimentales indispensables à ces recherches, souvent vieillissantes en France.
- Former une nouvelle génération de scientifiques spécialisés dans l’énergie nucléaire, un vivier de compétences jugé critique pour tenir les ambitions de relance de la filière.
Pourquoi cette relance maintenant
La démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de réinvestissement dans les technologies jugées stratégiques : elle fait écho à la stratégie de souveraineté technologique que la France affiche par ailleurs sur les semi-conducteurs et le quantique, ou encore aux ambitions affichées autour du financement de start-up comme Mistral AI. Le nucléaire de fission reste la source d’électricité bas-carbone la plus abondante du mix français, mais les effectifs de chercheurs formés à cette discipline se sont réduits au fil des décennies passées, faute de programmes de recherche fondamentale dédiés. Ce PEPR vise justement à combler ce manque avant qu’il ne devienne un frein aux futurs projets de réacteurs, qu’il s’agisse du parc existant ou des petits réacteurs modulaires (SMR) en développement.
Ce que cela change pour les entreprises et les territoires
Deux appels à projets seront lancés à destination de l’ensemble de la communauté scientifique française, ouvrant la porte à des laboratoires universitaires, des écoles d’ingénieurs et des équipes du CEA implantées en région. Pour les entreprises de la filière énergétique — bureaux d’études, sous-traitants, industriels du nucléaire — cette relance de la recherche amont est un signal : elle prépare le vivier d’ingénieurs et les briques technologiques dont dépendront, à moyen terme, les futurs projets de production d’électricité décarbonée, dans la même logique que les investissements déjà engagés dans les autres filières d’énergie bas-carbone.
Questions fréquentes
Qui finance ce programme de recherche ?
L’État, au titre du plan d’investissement France 2030, via l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui opère le programme.
Sur quelle durée s’étale le financement ?
Six ans, de 2026 à 2031, pour un montant total de 18 millions d’euros.
Ce programme concerne-t-il la fusion nucléaire ?
Non, il porte spécifiquement sur la fission nucléaire, la technologie utilisée par les réacteurs actuellement en service en France, et non sur la fusion, encore au stade expérimental.
Sources
- ANR — France 2030 : lancement d’un programme de recherche sur le nucléaire de fission
- Next — 18 millions d’euros pour relancer la recherche sur la fission nucléaire
- Daily Geek Show — La France investit 18 millions d’euros pour la recherche sur la fission nucléaire
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
