Nathalie Fortin, l’expérience du terrain

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Assise à une table de pique-nique du parc Joseph-Paré, Nathalie Fortin montre du doigt un triplex sur la 43e avenue, paré aux couleurs de l’Halloween. «C’est ici que j’ai grandi et vécu pendant 25 ans avec mes parents. Ils y ont habité jusqu’à leur mort.»

La candidate d’Équipe Coderre dans le district Marie-Victorin a depuis, volé de ses propres ailes. Tour à tour, fonctionnaire aux sports et loisirs de la ville, directrice de la table de quartier de Bordeau-Cartierville, présidente de la Coalition montréalaise des Tables de quartier et du Forum régional sur le développement social de l’ile de Montréal, la jeune grand-mère a de l’expérience à revendre aux citoyens d’un district qu’elle trouve oublié par l’administration Croteau.

« C’est un no man’s land qu’on ne met ni dans Rosemont, ni dans Hochelaga, ni dans Saint-Léonard. On est où, là? Ça me tient à coeur de remettre ce quartier sur la carte. Le quartier a du potentiel, avec ses espaces verts, on est choyé. Les résidents méritent qu’on se rappelle qu’ils sont là et qu’on prend soin d’eux.»

Si Nathalie Fortin fait le saut en politique dans son district de naissance et non celui où elle œuvre depuis 20 ans, c’est parce qu’elle souhaite se détacher d’un environnement dont elle connait tous les recoins. «Je me lance ici parce que je voulais me couper de mon lieu de travail. C’est sain de m’éloigner de ce milieu, car ça aurait pu apporter des situations délicates», avoue-t-elle.

Retrouver l’équilibre

Pour les habitants de Marie-Victorin, l’ancienne journaliste souhaite retourner à un équilibre dans les décisions politiques. «L’arrondissement s’est distingué les dernières années en terme d’innovation en environnement et en déplacement, mais je trouve qu’une des choses qu’a oublié l’administration Croteau, c’est le fait que ce n’est pas l’ensemble des citoyens de Rosemont-La-Petite-Patrie  qui prennent le vélo tous les jours ou qui peuvent aller au travail à pied, qui sont féru d’agriculture urbaine ou de ruelles vertes.»

Sans vouloir revenir à une politique des années 1950 du «tout à l’auto», elle et son équipe s’engagent ainsi à mieux respecter les choix de déplacements des citoyens.

«Le premier rôle d’une mairie, c’est d’être à l’écoute de ses citoyens. Et c’est d’être juste assez progressiste pour faire progresser la société, mais ne pas mettre son train si loin en avant que plus personne ne monte dedans. Il faut développer des choses graduellement, parce que Montréal n’est pas encore Copenhague ou Amsterdam, on vit encore en Amérique du Nord. On est allé très rapidement et très agressivement dans le développement des pistes cyclables et des stops. Les citoyens sont en colère, car ce sont des bibittes qui ne changent pas d’habitude.»

Favoriser l’accès à des épiceries de produits frais, harnacher le ruisseau du Bois-des-Pères ou revitaliser les rues Bélanger et Beaubien sont sur son programme. Mais Nathalie Fortin souhaite aussi créer des lieux de rencontres pour les citoyens de Marie-Victorin.

Lors de ses opérations de porte-à-porte, elle confie avoir eu affaire à des discours parfois xénophobes, dans un quartier qui accueille de plus en plus de gens issus des minorités visibles. «La population immigrante devient importante, et on n’a pas eu le réflexe de rapprochement interculturel, a-t-elle indiqué. C’est un des engagements auquel je tiens beaucoup, de favoriser les initiatives et les soutenir financièrement. Il n’y a pas de magie là-dedans, la solution c’est la connaissance de l’autre. Les gens ne sont pas méchants, mais ignorants de la culture de l’autre. Il faut les faire rencontrer.»

Pour ce faire, la candidate propose d’ouvrir un nouveau centre sur le long terme, car elle sait très bien que ce type d’infrastructures mettent du temps à sortir de terre.

«J’ai attendu dans Ahuntsic-Cartierville quinze ans pour avoir une maison de quartier. En attendant, ma solution, c’est d’utiliser les chalets des parcs, en les améliorant, en prolongeant les heures d’ouverture, mais aussi donner les clés aux citoyens et organismes. Si on ne peut pas les utiliser, ça ne règle pas le problème.»

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