Plaidoyer pour les propriétaires de chiens responsables : non, on n’est pas tous des chiens sales (mais certains devraient se poser des questions)!

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Par Julie Calvé, résidente du Vieux-Rosemont

Mettons qu’il y a deux grands enjeux quand on parle de chiens en ville: les crottes et la laisse. Un grand sujet d’intérêt public. Mais avant, une anecdote.

Ma chienne aurait pu être sérieusement blessée il y a quelques jours, à cause d’un imbécile qui se réfugie derrière les règlements (j’exagère, mais presque pas).

Balade de fin de journée, avec ma grande chum Malou, chienne border-collie croisée de 9 ans. Malou, c’est la mascotte de la ruelle – les enfants viennent la chercher pour jouer avec elle, c’est dire… Douceur incarnée, aucune malice. Petite balade donc, sans laisse (oui, je sais, c’est contre le règlement). À l’intersection de l’autre ruelle, celle qui fait le lien entre les deux rues : un pick-up, un GROS pick-up.

Malou suit une piste devant moi et se retrouve devant le gros truck. Et qu’est-ce qu’il fait le gros truck? Il ACCÉLÈRE. Il FONCE sur nous. Le chauffeur finit par retrouver l’usage de ses freins – bravo champion – et je passe à côté en lui faisant les gros yeux : Heille, wooooo, du calme! Et le gars de répliquer, sur un ton enragé, que j’ai pas d’affaires là avec mon chien pas de laisse… (Soupir). Venant d’un gars qui roule en malade dans une ruelle, c’est à tout le moins ironique, même si c’est vraiment pas drôle.

Je me suis fait traiter de salope. Texto. Mais je l’ai bien mérité, non? Pas de laisse, donc c’est ma faute.

Des histoires comme ça, j’en ai vécu quelques-unes. Je raconte celle-là, juste pour illustrer qu’il y a un envers à toute. Maintenant, parlons des vrais enjeux : les crottes et le port de la laisse.

Les crottes

Toutes crottes confondues, c’est dégueulasse. Même pour les propriétaires de chiens. Et c’est pour ça que, malgré une certaine légende urbaine, la majorité des propriétaires de chiens ramassent l’immonde immondice que leur compagnon de vie dépose quotidiennement sur le sol (non, je n’ai pas de preuves mais je pense ben que).

Bon, ok, j’avoue : ça peut arriver qu’on en oublie. Deux cas d’exception : mettons qu’il fait noir comme chez le yab’ dans la ruelle en plein janvier à 23 h 45 et que t’es pas super-attentif ou que, mettons – surprise! – ton chien se délasse une deuxième fois pis tu te rends compte que t’as juste UN fucken sac à merde dans ta poche. C’est comme la conduite. Ça t’est peut-être déjà arrivé de peser un peu trop fort sur le champignon sur l’autoroute? Mais tu roules jamais en malade dans la ruelle, n’est-ce pas? Crottes de chiens et conduite, même combat : la plupart des gens sont corrects, sans être parfaits, mais il y a toujours quelques imbéciles finis pour fucker le chien.

La laisse

C’EST LE RÈGLEMENT. Le règlement dit que ton chien doit être tenu en en laisse en tout temps, sauf chez vous pis au parc à chiens. Ya plein de règlements pis de lois à la ville, au gouvernement du Québec et au palier fédéral. Est-ce qu’on les respecte tous et toujours? Nooooooon. Pourquoi? Parce qu’on est latins (disent certains), qu’on n’a pas les moyens de nos ambitions (en disent d’autres) ou qu’on fait preuve de discernement (peut-être, j’ose l’espérer).

Mettons que toi, des fois, tu te stationnes à un endroit interdit, parce que tu ne vois pas pourquoi ce serait interdit. Mettons que tu te roules des joints plus ou moins en cachette. Es-tu perçu comme un citoyen irresponsable, un danger public? Est-ce qu’on parle de toi sur les réseaux sociaux? Ben non, hein, même si tu ne respectes pas toujouuuuurs les règlements, que tu appliques un certain discernement. Comme moi qui attache généralement sa chienne mais se permet parfois de la laisser libre, sur une petite rue, au parc, et quand il n’y a pas trop de monde à proximité.

Les oreilles me sillent déjà : MAIS POURQUOI LAISSES-TU TA CHIENNE SANS LAISSE? En deux mots, parce que ma chienne, c’est une chienne. Et que le meilleur moyen d’en faire une chienne en bonne santé, tant physique et mentale, c’est de lui laisser sa liberté de temps à autre. Pour qu’elle coure après une balle, qu’elle joue avec les enfants et ses amis chiens, qu’elle renifle à son rythme toutes les odeurs de chats, de chiens, d’écureuils et d’humains, qui imprègnent son environnement. Et que c’est ÇA, toutes ces situations, ces contacts, ces jeux, et même cette liberté volée, qui fait que ma chienne te mordra jamais. Parce qu’elle est éduquée et socialisée. Pas parce qu’elle est en laisse, ou pas.

Tu me diras : MAIS IL Y A DES PARCS À CHIENS. Oui, mais sais-tu quoi? Ma chienne, elle s’emmerde dans les parcs à chiens. C’est un univers limité, surpeuplé à certaines heures, et fréquenté par certains propriétaires de chiens – pas tous, je dis bien certains… oui, oui, oui, la plupart des gens sont corrects, c’est clair? -, certains propriétaires de chiens donc, qui n’ont pas compris que leur chien, c’était un chien. Et les chiens qui ne savent plus se comporter en chien, les chiens qui ont perdu leurs repères parce qu’ils ont été surprotégés ou éduqués avec incohérence, ces chiens-là, tu devrais t’en méfier. Ces chiens-là sont TOUJOURS tenus en laisse. Parce que, justement, le maître a perdu la confiance et le contrôle de son chien. Ce sont ces chiens-là qui peuvent devenir dangereux. Mais c’est très, très rare… du moins si on compare avec les taux d’actes violents propres à la race humaine.

Crottes et laisse. Les chiens ne sont pas que des producteurs de crottes, et encore moins d’imprévisibles prédateurs. Ils sont sources de bonheur et même, je m’avance, un bel outil de cohésion sociale. Les sourires que j’ai vus! Sur la rue ou ailleurs, quand on m’a demandé à la flatter. C’est dommage, vraiment dommage, que certains citoyens s’acharnent à les présenter comme une nuisance pour la vie de quartier. Qu’on intervienne auprès des irresponsables et qu’on arrête d’en parler. Ou faisons plutôt place à une autre discussion, sur le bien-être animal par exemple. Je pense à tous ces chats errants qui mériteraient notre attention et aux programmes de prévention des maladies et de stérilisation que plusieurs municipalités ont mis en place. Ça, ça aiderait, non? En réduisant les nuisances, pour ceux qui s’en plaignent, et en faisant plaisir à ceux qui, comme moi, tentent de défendre leur cause.

Animalement vôtre,

Julie Calvé, citoyenne du Vieux-Rosemont et amie des chiens (même s’ils font des crottes)

5 commentaires à Plaidoyer pour les propriétaires de chiens responsables : non, on n’est pas tous des chiens sales (mais certains devraient se poser des questions)!

  1. Sophie Beaudoin

    Je seconde ta lettre. Mon chien est un chien, bien dressé qui des fois est trop enthousiaste envers les autres chiens. Il est gros et il fait peur, mais pourtant c’est une pâte molle. Littéralement. La peur est mauvaise conseillère.

    Sophie

  2. Marie-Claude

    Dans les parcs à chiens, ma petite chienne s’est fait attaquer 3 fois! Elle n’avait pas un an! Elle doit courir. Donc, tu vas au parc Jarry à 5:45 le matin pour être certaine de pas croiser/déranger personne avec ta petite chienne sans laisse. Mais non! Tu te fais crier des injures pas possible!

  3. Claude Melville

    L’argumentation est habile et commanderait presque l’admiration si ce n’était des sophismes grossiers dont elle est parsemée. Commencer par mettre le blâme sur le « gros pickup » qui fonce dans la ruelle, c’est fédérateur, ça met de son bord tous les parents dont les enfants jouent dans la ruelle et ça évite de mettre en perspective le fait que ces mêmes enfants sont parfois attaqués par des chiens énervés, ou apeurés ou encore tout simplement agressifs, ce qui n’est pas le cas du chien de madame évidemment : les propriétaires de chien ont fait depuis longtemps leur le slogan — fallacieux et inepte — des propriétaires d’armes à feu : ce ne sont pas les chiens qui sont dangereux, ce sont les propriétaires de chien qui le sont. D’où découle une apologie libertarienne : dans la mesure où certaines lois sont stupides, inutiles ou ne me conviennent pas, il est dans mon droit le plus strict de m’y soumettre ou non. Au diable donc la laisse qui asservit la pauvre bête et qui n’est, somme toute, qu’une atteinte à un droit canin fondamental : courir, renifler, uriner où bon lui semble. Il ne semble pas venir à l’esprit des intégristes canins que certaines races de chiens ont besoin de liberté, de grands espaces et d’exercices, toutes choses qu’ils ne peuvent avoir en ville, qui n’est pas l’environnement idéal pour eux.

  4. sylvain

    J’appui la lettre de Claude Melville. Cette mentalité de propriétaires canins qui soutien et justifie le droit de promener son chien sans laisse est malheureusement répandue. Pourquoi ne pas dénoncer les propriétaires de chiens des parcs à chiens qui ne respectent pas les règlements? « Mon chien n’est pas dangereux » est la réponse du propriétaire qui laisse promener sons chien sans laisse. Les chiens se promènent allègrement sur les propriétés privés, laissent les parcs et autres lieux (avec végétation) dans de piteux états. C’est le maître qui doit revoir son lien « psychologique » avec son chien avant de lui transposer de faux besoins et sentiments. Le chien a surtout besoin d’être avec son maître ! C’est à se demander comment il fait, ce pauvre chien, à être seul toute la journée quand le maître est au travail! C’est à se questionner sur la liberté canine que Mme Beaudoin revendique. La laisse étant un entrave à la liberté de qui?

  5. Aldebrana

    Tout à fait d’accord avec les deux derniers commentaires. Si l’auteure veut faire dans l’anecdote, allons-y! Moi, l’été passé, je suis passé à côté d’un gros chien qui a jappé, et jappé et jappé. Pas en laisse, il m’a poursuivie jusque chez moi, tout énervé, et m’a acculée dos à la porte. Le propriétaire arrive dans mon entrée et me dit qu’il est gentil. Vous savez quoi? Ça ne m’a pas empêché d’avoir la peur de ma vie quand le mastodonte me poursuivait. Je ne devrais pas avoir à me demander s’il est gentil ou non ou s’il est bien élevé. Un chien est un animal qui, en public, doit en tout temps être en laisse.

    Il y a en ville des règles de vie commune. Si votre chienne a tant besoin d’espace et d’être une chienne libre, alors peut-être ne devriez-vous pas la forcer à vivre en ville où elle dépend des espaces communs réglementés. Pour renvoyer l’argument éculé : c’est l’égoïsme des propriétaires qui cause les problèmes, pas les chiens.

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