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Personnalité de l’année 2015 : Les parents au secours de l’école publique

Notre choix de la personnalité de l’année de Rosemont-La Petite-Patrie s’est arrêté aux parents fondateurs du regroupement Je protège mon école publique. Ces derniers créent des chaines humaines autour des écoles afin d’attirer l’attention sur l’impact des coupures en éducation

Ce texte est également disponible dans le Magazine RueMasson.com, qu’on retrouve dans certains commerces du quartier.

Dès la première chaîne humaine, organisée le 1er mai 2015 devant l’école Saint-Jean-de-Brébeuf, une dizaine de parents du Vieux-Rosemont se sont soudés au sein du noyau organisateur, auquel se sont ajoutés depuis quelques parents d’autres villes.

En date du 2 novembre, c’était désormais plus de 200 écoles qui participaient au mouvement partout au Québec. Ces parents, qui n’ont pas plus de temps que les autres, ont décidé que l’éducation publique de leurs enfants était une priorité. Depuis plusieurs mois, ils bâtissent la résistance envers les compressions du gouvernement.

Brainstormer autour d’une bière

L’idée d’organiser une chaîne humaine autour des écoles est née autour d’une bière au Rosemont, le bar sur le boulevard du même nom.

« L’idée était de trouver un moyen de faire participer les enfants, tout en sachant que l’implication, c’est le rôle des parents. Mais comment mobiliser des parents occupés qui courent toute la journée? On avait à la fois un défi logistique et celui de trouver la saveur de cette action. Il fallait un mouvement à l’image des enfants, rassembleur et beau. La dernière chose qu’on voulait était de taper sur la tête de l’école publique, mais au contraire lui déclarer notre amour. La bière aidant, on est arrivé à la notion de Je protège mon école publique et cette idée de la chaîne humaine. Un bon vieux brainstorming. Et on se tapait sur les cuisses en disant : « Imagine si toutes les écoles de la CSDM embarquent », puis un autre rajoutait « Si tout le Québec embarque! » Mais c’était un rêve », raconte Pascale Grignon, porte-parole du regroupement.

Mais avant même cette idée de chaîne et de regroupement, ces parents de l’école Saint-Jean-de-Brebeuf ont été d’abord confrontés à l’ampleur du problème.

« À la fin de l’année scolaire 2014, on nous avait informés qu’on allait accueillir deux groupes d’accueil de Saint-François-Solano. On a donc été sensibilisé à la surcapacité des écoles. Au départ, on n’avait pas réalisé que c’était un problème si vaste et on se faisait dire qu’on n’était pas dans les pires. Les écoles de la CSDM sont en moyenne à 110 % de leur capacité cette année et 120 % l’an prochain », se souvient Pascale Grignon, ajoutant que les parents avaient alors bruyamment manifesté leur désapprobation au conseil des commissaires.

Au fil de leurs recherches, les parents se sont rendu compte que la surpopulation des écoles était répandue à l’échelle du Québec. Ils ont donc envoyé un sondage en ligne destiné aux parents pour savoir s’ils sentaient les effets de la surpopulation et des compressions. Les quelque 100 réponses ont confirmé leurs impressions.

« On se disait que ça n’avait pas de bon sens. On parlait de santé, d’économie, mais pas de l’effet des compressions pour l’éducation primaire et secondaire. On a fait des casseroles pour les études universitaires, je ne pouvais pas croire que la population n’allait pas se bouger le derrière quand on met en péril l’éducation primaire et secondaire au Québec. C’est l’avenir de la province qui est en jeu dans sa capacité d’avoir un bon niveau d’éducation. C’est à ce moment qu’on s’est ramassé au Rosemont pour en discuter », explique-t-elle.

Comment expliquer le succès?

Tous les citoyens qui se regroupent ne lancent pas un tel mouvement. Pourquoi ces parents ont-ils réussi? « C’est un amalgame de talents, entre autres au niveau des médias sociaux et des communications, qui nous a bien outillé. Il y a aussi eu plein de parents qui ont sauté dans le train en le voyant passer. »

De plus, ce groupe de parents a bâti une trousse d’outils pour les autres parents qui voulaient organiser des chaînes autour de leur école. Une initiative qui a bien servi lorsque le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre partout au Québec. « On s’est aussi commis le 1er mai à organiser la même chose le 1er juin, pour que l’implication continue », ajoute Pascale Grignon.

Finalement, le regroupement est devenu un organisme à but non lucratif et n’entend pas déposer les armes. Si les chaînes humaines autour des écoles vont continuer, d’autres actions sont également envisagées. Mais impossible d’en savoir plus pour le moment. Pascale Grignon reste muette pour garder l’effet de surprise.

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