Un magasinage des Fêtes version 1910

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Début décembre, en 1910, les grands magasins montréalais annonçaient leurs marchandises à pleine page dans les journaux de la métropole. Tout pour attirer la clientèle : des spéciaux, des concerts et le Santa Claus. Nous avons feuilleté l’édition du samedi 3 décembre 1910 du journal La Patrie pour voir ce qu’on annonçait.

C’était l’époque où la majorité des cadeaux étaient donnés au Jour de l’an plutôt qu’à Noël. Voici trois grands magasins où il est probable que les résidents du tout nouveau quartier Rosemont allaient pour faire leurs emplettes.

Le Santa Claus Au Bon Marché

Archives de la Société d'histoire Rosemont-Petite-Patrie, 1917

Archives de la Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie, 1917

En 1910, il n’y avait pas de père Noël. C’était le Santa Claus que même les petits francophones de la province attendaient.

Le vrai Santa Claus donc a fait une invitation à tous les enfants au magasin Au Bon Marché du 597, Ste-Catherine Est, près d’Amherst.

« Chers enfants. Je compte être à Montréal dans une huitaine. J’établirai mes quartiers généraux dans les grands magasins du « Bon Marché » sur la rue Ste-Catherine. J’emporte un immense bagage, des caisses remplies de jouets si extraordinaires que même vos parents ne se souviendront d’avoir jamais vu quand ils étaient tout petits. »

Aussi connu sous le nom Letendre, fils & cie, le grand magasin vante les mérites de sa section des jouets en des termes élogieux et plutôt étranges pour nos yeux contemporains des années 2000.

« Le Rayon des jouets est ouvert au sous-sol. Il est rempli d’une multitude de jouets nouveaux qui intéresseront les petits au suprême degré. Emmenez-les et jouissez de leur surprise à la vue de tant de jolies choses.»

Ce grand magasin a ouvert ses portes en 1880 et cesse ses activités en 1927 selon le site Les grandes rues de Montréal de la Ville de Montréal.

On y trouvait la revue féminine La femme, un mensuel destiné à la clientèle du magasin. Il a été publié à partir de 1908 pendant 4 ans. On pouvait y lire des articles « sur les bonnes manières, la mode, la cuisine et autres sujets d’intérêts féminins » indique le Dictionnaire de la mode au Québec de 1900 à nos jours de Gérald Baril.

  • Pour voir une copie de la publicité Au Bon Marche dans le journal La Patrie du 3 décembre 1910 (collection de la BAnQ)

 

Ouverture du rayon des jouets à la Maison L.M. Lefebvre

Maison L.M. Lefebvre sur la rue Rachel en 1910. Source : collection de la BAnQ.

Source : collection de la BAnQ.

Dans l’édition du 3 décembre de La Patrie parait la publicité pour la « grande ouverture sensationnelle du rayon des jouets » à la Maison L.M. Lefebvre. Le magasin est située au 396, rue Rachel Est, près de la rue Saint-Denis. On y confirme la présence du Santa Claus et un programme musical exécuté par un orchestre.

Les jouets en vogue en 1910 sont :

  • Teddy Bears
  • Chevaux, mules et éléphants en papier mâché
  • Carosses de poupées en osier
  • Services à thé en ferblanc
  • Chevaux berçants
  • Arche de Noé
  • Petits chars et engins en fer
  • Train de passagers en fer
  • Lanterne magique (appareil de projection de photos)
  • Tambours
  • Jouets pour bébé, Rattles (oui, « rattles », hochets en anglais)

Signe des temps, les jouets ne sont pas catégorisés « Pour filles » ou « Pour garçons ».

  • Voir une copie de la publicité de la Maison LM Lefebvre dans le journal La Patrie du 3 décembre 1910 (collection de la BAnQ)

Grande vente à 19 cents à la Maison-Viau

Maison Viau au coin de la rue Dufresne le 11 décembre 1909. Source : Collection de la BAnQ

Source : Collection de la BAnQ

Située à l’angle des rues Ste-Catherine et Dufresne, la Maison-Viau est un magasin à rayons de l’est, dans Hochelaga. Il se vantait que les  « prix sont meilleur marché qu’à la ville» et qu’il pouvait « rivaliser avec les grands magasins de l’Ouest.»

C’était un grand magasin tout neuf de 18 000 pieds de plancher, ouvert en 1909 qui vendait toute sorte d’articles du corset à la chaudière à lait en passant inévitablement dans le temps des Fêtes par un étalage de jouets.

À l’occasion du premier anniversaire de la Maison-Viau, on annonçait le « Grand Festival d’Occasions à 19 cents le samedi et le lundi» (parce que c’était fermé le dimanche, jour du Seigneur).

Qu’est-ce qu’on pouvait avoir pour 19 cents en spécial en 1910?

  • Châle en laine (valeur 25 cents)
  • Capeline en laine (valeur de 50 cents)
  • Tablier pour enfants blanc ou de couleur
  • Slippers, souliers allemands, claques
  • Foulard automobile blanc 2 verges de long
  • Bretelle (valeur de 35 cents)
  • Planche à laver (valeur de 25 cents)
  • 2 rouleaux à pâte (valeur de 13 cents chaque)
  • 3 manches de haches (valeur de 10 cents chaque)
  • Canards en ferblanc pressé (valeur de 25 cents) – l’annonce est accompagnée d’une illustration de bouilloire

Dans le département de l’épicerie :

  • Sac de fleurs, 7 lbs (valeur de 28 cents)
  • Une bouteille de vinaigre importé
  • 4 boîtes de sardines à l’huile ou 2 boîtes de sardines Norvégiennes
  • 2 paquets de blanc mange (valeur de 12 1/2 cents chaque)
  • Sirop Lambert
  • 2 boîtes de fraises en conserves, 2 lbs (valeur de 15 cents chaque)
  • Voir une publicité de la Maison-Viau dans le journal La Patrie du 3 décembre 1910 (collection BAnQ)

Image à la une : Magasin L. M. Lefebvre (collection BAnQ)

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