« Flushgate » et la solution qu’offrent des toitures végétalisées

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RueMasson.com accueille, sur invitation, des lettres ouvertes de Rosemontois sur des sujets d’actualité.

Par Owen Rose

Les Montréalais suivent depuis quelques semaines l’histoire du « flushgate  » avec consternation, en apprenant que les surverses d’eaux usées sont beaucoup plus fréquentes que l’on pensait.

En effet, quand il y a des épisodes de fortes pluies, le réseau d’égouts de la Ville de Montréal n’est pas capable de traiter toutes les eaux qui lui sont acheminées. Dans ces cas-là, le système est en surverse, c’est-à-dire que le trop-plein d’eau qui se trouve dans le système de collecte est déversé directement dans le fleuve Saint-Laurent et dans la Rivière-des-Prairies.

Malheureusement, les épisodes de surverses arrivent fréquemment à Montréal. Pour minimiser le nombre annuel de déversement, la Ville de Montréal exige davantage de mesures de gestion des pluies à la source par l’implantation d’équipements d’ingénierie civile, comme des bassins de rétention et des fosses. Il existe un autre outil, encore sous-exploité, qui aide à gérer les eaux de pluie à la source tout en agrémentant la vie urbaine : la toiture végétalisée. Le problème des surverses n’est pas unique à Montréal. Pour y faire face, d’autres grandes villes comme Washington, Portland, Toronto et Chicago ont adopté des stratégies de rétention des eaux de pluie qui incluent les toitures végétalisées.

Une toiture végétalisée avec 75 mm (3’’) de terreau peut réduire de 50% son débit exutoire annuel vers nos canalisations; avec 300 mm (12’’) de terreau, c’est pratiquement 90% de rétention d’eau ! De plus, l’écoulement de l’eau est retardé parce que le ruissellement ne se fait pas aussi rapidement que sur une toiture conventionnelle. Dans une stratégie de gestion des eaux de pluie, l’apport des toitures végétalisées est non négligeable, d’autant plus qu’elles contribuent à l’amélioration de notre environnement en réduisant les îlots de chaleur urbains, en faisant la promotion de la biodiversité, en offrant un potentiel d’agriculture urbaine et en contribuant au bien-être par son ajout de verdure.

Owen Rose est architecte et coordonnateur du Groupe de travail sur les toitures végétalisées (GTTV) du Conseil du bâtiment durable du Québec. Son atelier est situé dans l’ancienne usine Cadbury.

Photo : toit vert d’un cabanon. RueMasson.com

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