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dimanche le 22 septembre
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Une première murale lesbienne à Montréal

Une toute nouvelle murale étonnante a vu le jour aux limites du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-La Petite-Patrie il y a deux semaines.

Elisabeth Blancas et Jessica Sabogal. Photo : Nicole Robuchon

Elisabeth Blancas et Jessica Sabogal. Photo : Nicole Robuchon

Cette œuvre, création de Jessica Sabogal, première artiste féminine à avoir été invitée à peindre au quartier général de Facebook en Californie, pourrait bien susciter la polémique.
Réalisée sur le mur d’un duplex au coin des rues De Lorimier et Masson, la murale représente deux femmes dans une position de tendresse amoureuse non équivoque et est accompagnée d’une mention calligraphiée assez surprenante :

Notre existence ne sera plus jamais silencieuse. Cela ne nécessite ni excuse, ni explication, ni approbation.

Cette artiste californienne, bien connue pour son engagement social, a choisi Montréal pour y faire son affirmation de la place de la femme lesbienne dans la société.
« J’ai choisi Montréal pour faire ce témoignage artistique, parce qu’ici, je me sens en sécurité. Montréal est l’une des villes les plus agréables que je connaisse et les gens y ont un bon cœur. Je voulais donc que ce soit Montréal qui accueille cette murale exclusive.»
À San Francisco, en juin dernier, une peinture murale du groupe Maricón Collective sur le mur d’une galerie du district Mission a suscité une grande controverse. La murale évoquant des scènes de la culture mexicaine américaine, avec des panneaux représentants un couple d’homosexuels, un couple de lesbiennes, un homme transsexuel, a été vandalisé par trois fois. Les deux premières fois, la fresque a été saccagée à la peinture puis restaurée rapidement par les artistes. Mais la troisième fois elle a été mise à feu. La police de San Francisco enquête actuellement sur cet incident.
« Le street-art doit servir de dialogue par lui-même. Par cette murale je fais une déclaration. Si quelqu’un décide de la vandaliser comme c’est arrivé à San Francisco, ce sera également une déclaration. »

Mon objectif est simple. Je veux simplement que les gens voient cela en passant, qu’ils soient surpris, intrigués, étonnés. Que cela suscite une réflexion à propos de la femme, de l’homosexualité et de la diversité culturelle et qu’au final à force de la voir, on puisse s’y habituer. Que ces 3 aspects deviennent inconsciemment partis du quotidien des gens du quartier et qu’ils se rendent compte que cela ne représente pas quelque chose de choquant ni d’offensant. Et que cela entre simplement dans la réalité des gens.

« Bien sûr cela ne va pas guérir l’homophobie, ni le racisme ou quoi que ce soit. Cela ne va rien faire disparaître du tout en fait, mais si cela peut contribuer ne serait-ce qu’une seconde à la réflexion et bien mon travail aura été utile. »
Mme Sabogal est retournée à Oakland et ne pourra donc pas voir l’impact de son expression artistique.

Photo : Nicole Robuchon

Photo : Nicole Robuchon

Latest comments

  • Bravo pour votre titre tout en finesse. Bien hâte que vous nous parliez aussi de murales hétérosexuelles !

  • Une autre façon artistique d’exprimer la différence et inculquer la tolérance . Belle murale qui orne une rue assez vide.
    Bel article qui nous donne l’histoire derrière la murale et l’identité de son créateur .

  • Je n’ai contre l’idée de présenter une murale illustrant 2 lesbiennes, mais je me questionne sur :
    A) Pourquoi ne pas avoir peint des lesbiennes heureuses et épanouies, plutôt que cette représentation macabre ?
    B) Pourquoi ne pas avoir laissé la place à des artistes de chez nous qui vivent ici et qui représente la réalité d’ici ? Tout en gardant l’argent des contribuables dans notre patelin.
    C) Maintenant j’ose à peine à m’imaginer la représentation graphique des hétéros, gays, transgenres.
    D) Les ‘trips’’ d’art public ….. un peu de rigueur SVP
    Bref , j’aurai préféré une jolie murale, peux importe le sujet. Juste jolie à voir sur un coin de rue.

  • Réponse à Daniel P.

    Vous pouvez ne pas apprécier cette murale. Ne dit-on pas que « des goûts et des couleurs il ne faut pas discuter ». . Cependant, il m’incombe de faire ici quelques précisions en réponse à votre message:

    – La murale représente 2 femmes dans une position de tendresse amoureuse. Rien de bien macabre là-dedans. Elle transmettre un message de tolérance face à une réalité aussi bien locale qu’universelle.
    La majeure partie des gens qui la voient en passant sur la rue la trouve très belle et les messages sur la page Facebook de « rueMasson » en témoignent également.
    De plus, elle est artistiquement et techniquement parlant très bien réalisée.

    – La murale a été faite sans faire appel aux contribuables comme vous le craignez.
    L’artiste, invitée pour le festival « Les voix insoumises » par le collectif Montréalais d’artistes de rue « Decolonizing street art », a fait bénévolement cette oeuvre (sa deuxième à Montréal).; le mur a été généreusement offert par les co-propriétaires de l’immeuble et les matériaux et la location de la nacelle ont été payés par le collectif.

    Donc considérons cette oeuvre comme un don pour Montréal et apprenons à l’apprécier d’avantage pour cela.

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