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Caroline Ouellette n’a pas volé la place de votre fils

La dernière année a été mouvementée pour Caroline Ouellette, hockeyeuse de Rosemont. Après une médaille d’or à Sotchi, une expédition au Pôle Nord et un été à coacher dans des camps de hockey, la championne olympique revient avec son équipe les Stars de Montréal pour la prochaine saison. Elle a en plus en tête d’organiser un tournoi de hockey féminin, cet hiver, pour les jeunes hockeyeuses d’environ 13 ans et moins. Et les commentaires sexistes entendus lors de son adolescence n’ont pas vaincu la volonté de la hockeyeuse.

RueMasson.com avait rencontré Caroline Ouellette en pleine fièvre post-olympique l’hiver dernier. Assise à une table du casse-croute de l’aréna Étienne-Desmarteau, la capitaine de l’équipe canadienne profitait de quelques instants de répit. Durant la fin de semaine à l’aréna de la rue Bellechasse, c’était plein à craquer. Des spectateurs avaient été refusés à l’entrée, du jamais vu.

Après les matches, les partisans attendaient dans une file interminable avec une affiche ou un chandail à faire autographier. Tout le monde voulait sa photo avec les héroïnes de l’heure. Sept des joueuses des Stars de Montréal, équipe qui évolue dans Rosemont, faisaient partie de l’équipe olympique canadienne.

Album photo de Caroline Ouellette à l’oeuvre à l’aréna Étienne-Desmarteau (cliquez sur la photo et la flèche à droite, pour voir l’album)

Leur capitaine était Caroline Ouellette, 34 ans, Rosemontoise qui a appris à jouer au hockey dans le quartier. Elle continue toujours d’y jouer. « C’est un bel honneur pour moi de jouer dans l’aréna où j’ai grandi », sur une glace par ailleurs qui porte son nom depuis 2010.

La conquête de la quatrième médaille d’or
La victoire olympique a été mémorable, avec un revirement de situation digne du plus cliché des films d’Hollywood. Les Canadiennes tiraient de l’arrière 2 à 0 en fin de 3e période face à l’équipe des États-Unis.

Il ne reste que 3 minutes 30 secondes au match lorsqu’un premier but canadien est compté. On retire alors la gardienne. Les Américaines tirent dans le filet désert, mais la rondelle frappe le poteau. Pas de but. Il reste une minute à la partie, c’est toujours 2 à 1 pour les Américaines. À 50 secondes de la fin, les Canadiennes comptent à nouveau ce qui permet une prolongation. Elles ont une autre chance de l’emporter. Après 8 minutes, elles marquent. Et voilà, elles remportent la médaille d’or, une quatrième consécutive pour l’équipe canadienne féminine. C’est ce qu’on appelle avoir de la détermination jusqu’au bout.

Play like girls, la revanche de Caroline
Après la victoire olympique, une caricature circulait dans Facebook. Elle illustrait l’entraîneur de l’équipe masculine qui motivait ses joueurs en leur disant : « Play like girls».

Une douce revanche pour la jeune femme qui a dû apprendre fort jeune à ne pas se laisser intimider par les cancans d’aréna. De 9 à 17 ans, elle était la seule fille à jouer dans une équipe masculine. « J’ai tout entendu : gars manqué, retourne à tes chaudrons, une fille ne devrait pas jouer au hockey…»

Des remarques qui venaient d’autres enfants, mais aussi des parents des joueurs qui lui faisaient entendre, qu’en jouant au hockey, elle enlevait la chance à un gars de jouer… C’était il y a à peine 25 ans. Caroline Ouellette ne s’en formalise pas.

« La génération avant moi, France St-Louis et Danielle Goyette, en ont bavé encore plus. Moi au moins, j’ai eu le droit de jouer. Je rencontre des femmes qui sont un peu plus vieilles et qui me disent qu’elles auraient tellement aimé jouer, mais leurs parents ne voulaient pas.»

Caroline Ouellette doit une fière chandelle à sa mère, Nicole, qui a soutenu inconditionnellement sa fille dans son désir de jouer au hockey. « Mon père ne voulait pas au début, ça a pris deux ans pour le convaincre. C’est ma mère qui m’a acheté ma première paire de patins », raconte Caroline.

Sa mère, infirmière à la retraite de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont confirme : «Il ne voulait pas qu’elle joue. Il disait « je n’ai jamais vu ça une fille jouer au hockey, on va faire autre chose, de la ringuette ». Caroline ne voulait rien savoir. Je lui ai acheté des patins et quand il vu ça il a dit « bon ben je pense que je vais la coacher ».»

Et il est devenu, avec sa mère, son fan numéro 1. Il ne la coache plus, mais il continue à traîner dans les arénas où jouent les Stars. C’est lui qui vend les tirages moitié-moitié lors des matches à domicile.

Premiers coups de patin au parc de la Louisiane
Enfant, Caroline Ouellette s’entraînait pour le plaisir au parc de la Louisiane, sur Beaubien, à l’ouest de Viau : « J’allais y jouer au hockey tout le temps, jusqu’à ce que je me gèle les orteils! », se souvient-elle. Adolescente, elle a étudié à l’école secondaire Louis-Riel sur l’avenue Carignan près de Rosemont. « Mon oncle venait me chercher et j’allais patiner de 4 à 5 heures à l’aréna St-Donat (dans Hochelaga). J’ai joué aussi au baseball pour St-Eugène de Rosemont.»

Elle était aussi inscrite dans une ligue de hockey pour garçons, les équipes de filles n’existaient pas dans les années 1980. Elle jouait avec le Comité des jeunes de Rosemont à l’aréna Étienne-Desmarteau sans se douter qu’un jour, une des glaces allait porter son nom. Ce n’est que plus tard, à l’adolescence, lorsqu’elle réalise qu’il existe des équipes de filles et des tournois d’envergure, comme les jeux du Québec, qu’elle se met sérieusement à l’entraînement. Elle vise les grands championnats de hockey féminin.

Aujourd’hui, elle aimerait donner aux jeunes filles qui jouent au hockey une raison de rêver. « La plus belle chose que notre équipe puisse laisser de Sotchi c’est que des milliers de jeunes filles se mettent à vouloir jouer au hockey.» Pour leur donner un avant-goût, elle aimerait organiser cet hiver un tournoi à l’aréna Étienne-Desmarteau pour les enfants. On vous en reparle.

La saison commence samedi le 18 octobre à 18 heures lorsque les Stars accueillent les Blades de Boston à l’Aréna Étienne-Desmarteau. Les partisans auront droit à une rivalité mettant en vedette de nombreuses athlètes des Jeux Olympiques d’hiver 2014, y compris Caroline Ouellette, Charline Labonté, Lauriane Rougeau et Julie Chu des Stars, ainsi que Hillary Knight, Monique Lamoureux et Brianna Decker des Blades. Après le match, les partisans seront invités sur la glace patiner avec les hockeyeuses! Les spectateurs pourront chausser leurs patins, prendre des photos et obtenir les autographes des joueuses.

Caroline Ouellette, joueuse des Stars de Montréal. Photo: RueMasson.com/Cécile Gladel

Caroline Ouellette, joueuse des Stars de Montréal. Photo: RueMasson.com/Cécile Gladel

Latest comments

  • Bravo pour cette article. Les préjugés sont tenaces malgré nos téléphones, dits intelligents, multifonctions serais de mise.

    Récréologue de formation à l’UQTR, j’ai entendu bien des sottises. Comme entraîneur de hockey de jeunes de 6 à 8 ans au début des années 1970 à Jonquière, mon premier geste a été de convoquer les parents afin d’établir la marche à suivre et surtout leur comportement. Résultat, les jeunes. ont eût du plaisir à apprendre et le respect des parents fût exemplaire. Nous avons perdu la première partie, pas encore rendu au stade d’expliquer l’importance des lignes bleus et la rouge, le patinage, se relevé, et le jeu d’équipe était la priorité.

    Par la suite nous avons gagné tous les autre parties jusqu’à la finale régionale. Les supposés poches jouaient également selon la marche à suivre, C’est en jouant qu’on apprend et même mes supposées vedettes devaient se ralentir pour faire des passes, les buts étaient pour l’équipe..Ça ma fasciné de voir surtout 2 instructeurs, adverses, que la consigne était de blesser mes joueurs.Comme vice-président de la ligue, nous avions réglé leurs cas en CA, suite à mes doléances et celles surtout des arbitres. C’est 2 cacaves étaient d’ailleurs de de ma famille, un oncle et un cousin avec équipe différentes.

    Pour en revenir au filles, bravo pour l’avancement, oui parfois difficile, des mentalités.

    Madame Caroline Ouellette est également une de mes idoles sportives, par son cran et sa tenacité.

    Encore bravo

    Camil Desbiens

  • Wow , quel parcours , j’ai joue 2 ans dans la meme equipe que caroline et je la regarde aujourdhui a la television avec admiration , tres fiere d’avoir ete un dectes defenseur caroline . On gagnait presque toujours et marquait minimum 1 but par match?????????

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