Madame Chose se met au roman

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On la connaît sous le nom de Madame Chose, mais Geneviève Pettersen a fait paraître le 4 mars dernier son premier roman, La déesse des mouches à feu. Une incursion dans les années 1990 à Chicoutimi alors que Catherine, une adolescente joue dangereusement avec le feu et vit une série d’apocalypses intérieures.

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« Écrire La déesse des mouches à feu a été libérateur. Madame Chose a été mon laboratoire d’écriture pendant 3 ans, mais avec ce roman j’ai pu me reconnecter avec mon écriture », explique Geneviève Pettersen attablée dans un café de la rue Masson.

Nous l’avions rencontré en 2012, alors qu’elle célébrait le premier anniversaire de son blogue, Madame Chose, une raconteuse disait-elle alors pour parler de son alter ego.

« Madame Chose est un projet artistique, il y a eu le blogue, et maintenant, elle écrit le courrier du cœur pour La Presse, mais elle a toujours plein de projets. » Celle qui fait maintenant de l’écriture sa vie collabore également au magazine Clin d’œil, mais la publication d’un roman a quelque chose d’un peu magique, explique-t-elle, et faisait partie de ses plans depuis un petit moment.

Entre le début du projet et l’impression de La déesse des mouches à feu, une année s’est écoulée. « Le livre était là, prêt dans ma tête. Un roman, c’est une voix, une histoire, et j’ai beaucoup travaillé sur celle de Catherine, la narratrice. Je lisais des passages à voix haute, car le rythme et la musicalité de la phrase sont très importants pour moi. Je voulais une langue juste, celle qu’on parle au Québec. Je ne voulais pas trahir cette façon de s’exprimer-là. » Cet énorme travail sur le langage est vraiment le plus grand tour de force du roman qui se lit presque comme un thriller, tellement il est impossible de le lâcher en cours de lecture.

Plonger tête première

Dès les premières pages de La déesse des mouches à feu, c’est la catastrophe pour Catherine, 14 ans. Ses parents se livrent une guerre de tranchées, et le père emboutit le jeep de la mère sur un arbre du terrain familial. Le mot divorce sera alors prononcé et l’adolescente vivra une rapide dégringolade, ballotée entre une mère absente et un père qui se sent coupable. Elle touchera un peu beaucoup à la drogue et deviendra obsédée par son image alors qu’elle passe le plus clair de son temps à faire la fête dans le bois avec ses amis.

« Je voulais jouer avec les clichés des romans d’adolescence, capter l’esprit des années 1990 et présenter cette génération marquée par l’épidémie du divorce. Catherine est un personnage sans concessions », ajoute Pettersen. L’adolescente veut être belle, aimée et rebelle. Ses modèles ne sont nulle autre que Mia Wallace, Kate Moss et Christiane F.

C’est la mère de Catherine qui lui présente la célèbre Berlinoise en lui offrant Moi Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…, mais la lecture a l’effet contraire sur l’adolescente qui rêve de marcher dans les pas de son idole. « Catherine fait partie de ses filles qui jouent avec les codes, elle veut être rebelle, être Chrisitane F., être à Berlin. Je voulais parler de ces filles-là, qui viennent de bonne famille, mais qui passent de l’autre côté du miroir », explique l’auteure.

L’apocalypse est omniprésente dans La déesse des mouches à feu et Catherine toujours au bord du précipice. « J’avais envie d’explorer cet univers du paranormal, de la paranoïa et de la catastrophe qui existe au Saguenay. » Catherine vit une suite de petites et grandes apocalypses intérieures, le divorce de ses parents, des problèmes avec son chum, la perte d’un ami, et pour finir le déluge de 1996, sur lequel se termine le roman. Comme si le désenchantement de la vie s’amorçait dès l’adolescence chez Pettersen et qu’il suffisait d’en cueillir les signes pour faire sens.

Ce premier roman explore également ce que c’est que de grandir en région. Geneviève Pettersen décrit un mode de vie où la fréquentation avec la nature est essentielle. Catherine et ses amis se construisent un camp dans le bois, lieu de tous leurs excès, et les adultes quittent dès qu’ils le peuvent la ville pour se perdre le bois.

Même si elle vit désormais à Montréal, Geneviève Pettersen considère qu’il est primordial de retourner dans la région où elle a grandi et d’y amener ses deux filles, pour qu’elles connaissent elles aussi les plaisirs de cette fréquentation avec la nature. « Je suis chez moi à Montréal, je suis Montréalaise et Saguenéenne, souligne l’auteure. Je travaille à la maison, j’ai une vie de mère de famille, je sors faire mes courses sur Masson, je m’occupe de mes filles, et j’écris. »

La déesse des mouches à feu
Le Quartanier
En librairie depuis le 4 mars

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