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La consommation, le bar à tuer de la classe moyenne?

Après le succès remporté par le recueil de nouvelles Arvida, l’auteur rosemontois Samuel Archibald démontre une fois de plus ses talents de conteur par une analyse personnalisée de la classe moyenne avec son deuxième essai Le Sel de la terre, confessions d’un enfant de la classe moyenne.

La couverture du livre Le sel de la terre

La couverture du livre Le sel de la terre

Le Sel de la terre fait partie de la collection Documents de l’équipe du magazine Nouveau Projet et se décrit comme une méditation sur la classe moyenne, ses mythes et sa réalité.

Ce livre écrit à chaud est d’actualité. Les fans d’Arvida ne seront fort probablement pas déçus, car le conteur Samuel Archibald y est bel et bien affirmé, même à travers un ouvrage analytique. À la lecture de cet essai, on ressent la nostalgie non pas triste, mais sans regret avec un sourire en coin, de la génération précédente, celle des baby-boomers.

La classe moyenne

À force d’entendre le terme classe moyenne surtout dans les médias et chez les politiciens de toute allégeance, Samuel Archibald s’est senti interpellé. Après avoir été longtemps en marge de cette classe moyenne, il en fait maintenant partie depuis qu’il enseigne à l’université.

Il avoue vouloir exorciser une certaine culpabilité à travers ses sept confessions, qui forment chacun des chapitres de son oeuvre. L’auteur ne craint pas l’autodérision, ce qui le rend d’autant plus attachant. En utilisant un ton intimiste et plusieurs anecdotes teintées d’humour glanées à travers son passé familial, il fait de cet ouvrage une histoire à lire d’un seul trait.

Samuel Archibald retrace de façon habile l’histoire de cette classe où se retrouve la grande majorité de la population. Il construit et déconstruit des expressions pour imager son propos. Autrefois, les gens de la classe moyenne québécoise étaient des économes tel des écureuils qui entreposent leurs noix pour l’hiver. Aujourd’hui, ce sont des  « ménageux » qui prennent beaucoup de leur temps pour économiser quelques dollars par des moyens qui au final les feront plutôt dépenser davantage. Selon lui,  cette classe moyenne veut non seulement le beurre et l’argent du beurre, mais désormais l’hypothèque de l’argent du beurre!

On y découvre l’intrigante expression du bar à tuer. Il nous met en garde contre le piège à cons de la surconsommation dans lequel il est lui-même tombé (donc, un piège à cons redoutable car c’est aussi un bar à intelligents!). Samuel Archibald décrit certains paradoxes dont le dicton : l’argent ne fait pas le bonheur. Il l’a actualisé : l’argent libère et enferme en même temps. Via la parole de son grand-père, l’auteur suggère une solution à cette prison: « Pour rester libre, apprends à vivre de rien. »

Contre le discours des radios poubelles

Un des passages savoureux s’intitule Je paie, donc je suis écoeuré, la cinquième confession de l’auteur. C’est une lettre adressée à la radio KYK (de la chaîne radio X) du patelin d’origine de Samuel Archibald, Saguenay. N’allez pas croire que l’auteur y lance un tas de bêtises, c’est plutôt un argumentaire intelligemment bâti contre le discours ambiant de ce type de radio.  Est-ce que cette lettre a subi la foudre des animateurs de cette radio? Non, aucune réplique à ce jour. À suivre…

La consommation est-elle le bar à tuer d’une espèce en voie de disparition?  La peur du vide ferait-elle en sorte que la classe moyenne s’exprime comme dans la citation de George Bernard Shaw que Samuel Archibald a judicieusement choisie : « Il me faut vivre pour les autres et non pour moi-même ?»

La classe moyenne s’endette-t-elle pour combler le silence? Sinon, pourquoi posséder une (ou deux ou trois) trop spacieuse maison, de trop nombreuses voitures, de multiples écrans de télévision, d’ordinateur et de téléphones? Avis aux lecteurs : ce livre pourrait non seulement divertir mais aussi amener à réfléchir sur notre mode de vie actuel. Une sorte de deux pour un, une économie quoi…

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