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jeudi le 20 juin
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Le Vieux-Bouc et la bouquiniste

Ruth Stewart, avec sa haute stature et son manteau rouge vif, est connue et reconnue des résidents et des commerçants du Vieux-Rosemont. Il y a maintenant plus de trois ans qu’elle y a ouvert avec son copropriétaire, Pascal Boisgibault, la Librairie du Vieux-Bouc.

Ruth Stewart, la bouquiniste du Vieux-Rosemont. Photo : Cécile Gladel/RueMasson.com

Ruth Stewart, la bouquiniste du Vieux-Rosemont. Photo : Cécile Gladel/RueMasson.com

Située juste devant l’église Saint-Esprit, sur la rue Masson, cette librairie d’occasion occupe un petit local qui attire de nombreux passants, du simple lecteur au collectionneur assidu. Les étagères bien pleines de romans, de livres de cuisine, de psychologie ou autres recouvrent les murs, partageant l’espace avec les livres d’art sur des présentoirs.

Trouver le bon livre

Quand elle est arrivée à Montréal pour compléter ses études en cinéma et en théâtre, son premier emploi a été comme commis dans une librairie d’occasion. Sa passion pour les livres, mais surtout pour les lecteurs l’a incité à en faire son métier.

Elle adore par-dessus tout aider ses clients à trouver exactement le livre qu’il leur faut, avec seulement quelques informations sur eux. Pour y arriver, elle doit connaître chacun de ses livres et leur sujet, puisqu’elle ne peut évidemment avoir lu tout ce qui se trouve dans sa librairie. C’est là que sa mémoire exceptionnelle lui vient en aide. Elle avoue par contre avoir un faible pour les livres de recettes : elle adore cuisiner.

Un client arrive et nous interrompons l’entrevue pour qu’elle puisse lui répondre. Il cherche un livre précis, mais il ne se rappelle que du sujet : une infiltration des Hell’s Angels. Ruth Stewart sait tout de suite de quel livre il s’agit. C’est l’histoire d’Alex Kane. Elle recherche dans sa base de données informatique, outil essentiel pour retrouver rapidement un livre, mais ne l’a pas pour le moment. Elle prend donc le nom et le numéro de téléphone du client. Elle le rappellera dès qu’elle en recevra une copie. C’est ce qu’elle appelle avoir une mémoire de libraire.

Tout connaître, tout savoir

Ruth Stewart dans son univers garni de livres. Photo : Cécile Gladel/RueMasson.com

Ruth Stewart dans son univers garni de livres. Photo : Cécile Gladel/RueMasson.com

Pour bien faire ses achats, elle doit être au courant de tout ce qui est rare, de ce qui est en demande ou le sera bientôt, à cause d’une sortie de film, par exemple. Elle ne peut pas acheter ce qui ne se vendra pas. Les achats ne se font pas à l’instinct. C’est l’expérience qui lui a appris à connaître ses bons vendeurs, et c’est ce qui fait que sa librairie fonctionne aussi bien.

C’est une des différences entre son métier et celui d’une libraire vendant du neuf. « Dans l’usagé, c’est moi qui choisis ce que je vends ». Ruth Stewart explique que, dans le neuf, c’est principalement les distributeurs qui décident. Et tout ce qui ne s’est pas vendu est retourné pour être pilonné. Le livre meurt. Avec une telle librairie d’occasion, les livres vivent, ils renaissent à travers un autre lecteur.

C’est peut-être cette idée qui la rend si sereine. Car, si depuis qu’elle est propriétaire du Vieux-Bouc, elle n’a jamais été aussi endettée,  elle n’a jamais non plus été aussi peu angoissée. Être propriétaire et son propre patron, ça implique souvent de ne pas rouler sur l’or. Mais exercer un métier qui est aussi une passion, ça apporte tellement de sérénité.

Latest comments

  • euh… tout ce qui est retourné au distributeur n’est pas systématiquement pilloné. Oui, il y a du pillonnage mais ce n’Est pas systématique
    Et dans les librairies qui vendent du neuf il y a aussi du
    « vieux ». Une librairie ne tourne pas que sur la vente de livres neufs.
    Et les libraires aussi choisissent ce qu’ils veulent, ils peuvent décider ne de pas prendre tel titre, ils peuvent décider du nombre de copies. Ce ne sont pas les distributeurs qui décident de ce que les libraires ont en stock (il est vrai que certains font des offices sauvages).
    Je ne pense pas que la librairie Paulines, par exemple, se laisse imposer quoi que ce soit par les distributeurs

  • S’il y a bien quelques petites librairies de quartier qui osent se payer le luxe de choisir les livres qu’ils tiennent en boutique, la plupart en effet n’a d’autres choix que de se plier aux exigences des distributeurs, en fonction, bien sûr, de leur marché respectif. Chez Paulines, vous trouverez essentiellement ce que vous retrouverez chez n’importe quel Renaud-Bray. Par ailleurs, il est très rare, très très rare même qu’une librairie tienne à la fois du neuf et de l’occasion. Que je sache, il n’y a, à Montréal, que le Port de tête qui fasse les deux.
    Je suis fort étonné et tout à fait ravi que le Vieux bouc survive aussi longtemps et avec ce qui semble être une bonne santé.

  • L’avantage d’une librairie usagée comme Le vieux Bouc, Rameurs sans frontières et autres du genre, c’est de donner une deuxième et troisième vie à des livres qui, autrement dormiraient dans les bibliothèques ou finiraient au recyclage. Souvent, le livre a déjà sa notoriété quand il s’y retrouve.

    Les librairies de première vie, comme Paulines puisqu’on en parle, offrent une chance à des livres ou des auteurs de trouver une place dans le monde littéraire. C’est la mission première des librairies indépendantes.

  • Très beau témoignage de Madame Ruth Stewart.
    Avec une telle librairie, les livres vivent et renaissent à travers un autre lecteur.
    Je suis d’accord à cent pour cent avec le dernier paragraphe et je cite: ¨C’est peut-être cette idée qui la rend si sereine. Car, depuis qu’elle est propriétaire du
    Vieux-Bouc, elle n’a jamais été aussi endettée. Elle n’a jamais été non plus aussi peu angoissée.
    Être propriétaire et son propre patron, ça implique souvent de ne pas rouler sur l’or. Mais exercer un métier qui est aussi une passion, ça apporte tellement de sérénité¨.
    0n est toujours accueilli avec un beau sourire.
    BRAVO Madame.

  • Lorsque je parle de « vieux » livres je ne parle pas de livres usagés, mais de livres neufs qui ne sont pas de la nouveauté… Les librairies de « neuf » tiennent les nouveautés mais aussi les livres qui ne sont pas des nouveautés, ce sont les livres qui constituent le fond d’une librairie. Donc en librairie indépendante on trouve aussi du neuf et « du vieux neuf » 😉
    Oui, les libraires indépendants auront les mêmes nouveautés que chez RB mais pour ce qui est du fond, bien souvent non et c’est ce qui les distingue.
    De même ce qui distingue le Vieux-Bouc c’est le choix aiguisé de livres usagés. Chaque librairie de livres usagés se distinguent aussi par son choix.

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