Déneiger les rues avec un cheval et les trottoirs avec un « peigne »

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:: Article publié originalement le 15 décembre 2010 :: En 84 ans, Gilbert Ouellette en a vu des tempêtes de neige dans Rosemont. Il nous raconte ses souvenirs à propos du déneigement des rues et des trottoirs dans les années 1930.

Pour les petites rues comme la 10e Avenue où il habitait
« Je me souviens des petites charrues de trottoir tirées par un cheval. On appelait ça des peignes. C’était pas grand, un carré de bois de deux pieds par deux pieds. Il y avait comme un peigne en métal qui grattait la neige. Ça faisait un peu ondulé, on pouvait marcher là-dessus sans glisser », raconte M. Ouellette.

Pour les trottoirs et la route de la rue Masson

Charrue en diagonale. Photo: Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie

« Il y avait aussi une charrue en diagonal tirées par deux chevaux qui nettoyait vraiment bien les trottoirs. Celle-là était plus utilisée sur la rue Masson. »

Le passage des charrues en diagonal créait de gros bancs de neige. La charrue du trottoir poussait la neige sur le bord de la rue et la charrue de la rue poussait la neige sur le bord du trottoir.

« Il n’y avait pas de souffleuses, ça n’avait pas été inventé. Ça finissait par faire des bancs de neige de 3, 4 ou 5 pieds. On jouait là dedans, on se faisait des tunnels ou des cabanes. » Il n’y avait pas trop de problèmes de stationnement. Le p’tit Gilbert se souvient d’avoir compté à peine trois propriétaires d’automobile sur la 10e Avenue entre les rues Holt et Dandurand.

Pour le centre de la rue
Pour déblayer le centre de la rue, on utilisait une charrue en « V », pas très haute, tirée par trois chevaux. Pour bien déblayer la neige, il fallait mettre du poids sur la grande structure en « V ».

Charrue en V. Photo: Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie.

« Il y avait 7 hommes qui étaient debout pour faire du poids. Sur le « V », il y avait des petites plateformes avec des bâtons pour se tenir. Les employés de la ville n’avait pas pensé de mettre des blocs de ciments. Mais c’était le temps de la crise et il fallait faire travailler le monde. Camillien Houde et les maires de l’époque engageaient des chômeurs », explique M. Ouellette.

Quand il y avait trop de neige, on utilisait les « voitures qui s’ouvraient par le ventre », une voiture avec une porte par le dessous pour faciliter le déchargement. Le chargement de la neige se faisait à la pelle par des hommes.

Les chevaux
Ça en prenait des chevaux pour tirer toutes les charrues. Ils logeaient tous sur le boulevard Rosemont, dans les écuries de la ville, derrière l’ancien hôtel de ville de la Côte-de-la-visitation, nom du village avant que le quartier ne s’appelle Rosemont.

« C’est où il y a le fleuriste présentement entre la 10e Avenue et St-Michel. C’était un grand édifice à deux étages en briques rouges. À l’intérieur, il y avait des bureaux de la ville et une grande cours avec des écuries. Tous les chevaux qui servaient dans Rosemont en hiver pour les charrues venaient de là. »

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13 Comments to Déneiger les rues avec un cheval et les trottoirs avec un « peigne »

  1. François Croteau

    Très bon reportage. Et pour voir comment on faisait en 1965, je vous suggère de louer le film « La vie heureuse de Léopold Z » de Gilles Carle. Finalement, les choses ne font que s’améliorer d’une époque à l’autre, contrairement à ce qu’on peut parfois en dire ou penser ;-) Mais tout est perfectible bien entendu, et heureusement!

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  2. Lisa Marie

    @Francine: c’est le fleuriste sur le boulevard Rosemont. J’avais oublié de préciser dans mon texte. C’est maintenant chose faite. Merci.

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  3. François Croteau

    @Francine, tout suit son cours correctement. S’il y a des endroits qui posent problème, je vous invite à téléphoner au 311. Si les travaux publics n’ont pas l’information, ils ne pourront pas corriger la situation. Il y a un directeur des travaux publics qui s’assurent de la bonne gestion du déneigement. Si le travail n’est pas bien fait et que le service aux citoyens n’est pas adéquat, là j’entre en ligne de compte. Donc, il est beaucoup plus productif de transmettre l’information à ceux qui doivent la gérer. Je reçois quotidiennement les rapports de plaintes et requêtes de la part du 311, ce qui me permet d’évaluer le travail des travaux publics. Vous comprendrez que si la gestion du déneigement était remise à un élu, ce serait une catastrophe. Il y a des professionnels engagés pour cela. Cela dit, parlant de nostalgie, j’aimerais souligner un élément important. À une certaine époque, les commerçants comme les résidants entretenaient le trottoir devant leur porte, par civisme. Maintenant, plus personne ou presque ne se soucie de savoir si une personne risque de glisser et se blesser devant sa porte. On se décharge de toute responsabilité citoyenne. Les choses changent et pas toujours pour le mieux! Salutations

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  4. Suzanne

    @Francine : il y a un fleuriste sur Masson. En face de l’église.

    @Lisa-Marie : très bon article ! J’aime tellement ça entendre parler de l’ancien temps !

    @François Croteau : vos commentaires sont généralement très pertinents, mais, je me décide enfin à vous le dire, votre photo vous donne, mais vraiment trop, l’air d’un vendeur d’immeubles ou de chars ! Un air plus humble rendrait votre image plus professionnelle, à mon avis. En espérant que je ne blesse pas le moine en critiquant l’habit.

    @tous : ras le bol des commentaires négatifs et du chiâlage.
    Alors je dis : j’aime ça, moi, quand les rues sont enneigées ! Enfin ! Ça aplanit les nids de poule ! (eh oui, j’avoue, je suis une indésirable automobiliste, ayant acquis ma première voiture à 53 ans, après avoir roulé à vélo toute ma vie. Pas drôle, vieillir…)
    @François Croteau : j’aimerais que vous fassiez valoir ma représentation au niveau des décisions qui se prennent concernant les transports en commun et la taxation des «récalcitrants» : au dessus de 50 ans, nous ne devrions pas payer de taxes supplémentaires pour avoir le droit de circuler en voiture.

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  5. François Croteau

    @Francine, soyez sans crainte, tous les commentaires, requêtes et plaintes sont pris en charge par le 311. Mais vous comprendrez que si personne ne se plaint, ou presque, l’impression qu’il y a un problème ne sera pas ressentie! Merci pour votre commentaire. @Suzanne, je sais pour la photo, c’est celle de la campagne électorale. En fait, je ne sais même pas pourquoi elle est là. Je ne l’ai pas ajouté. C’est comme si un lien virtuel c’était produit avec un compte internet quelconque. Merci de le faire remarquer ;-)

    Commentaire général et qui n’est pas du tout ciblé. Un genre de petit coup de gueule du jeudi matin. Je suis en béquille pour les 5 prochaines semaines, et le suis depuis deux semaines, et je ne me suis pas encore « pété » la gueule sur nos trottoirs. Je me dis que l’hiver, habituellement, il y a de la neige et de la glace, et je dois adapter mes déplacements et mon mode de vie en conséquence. La nature se fou pas mal des urgences de mes déplacements. C’est à moi à prévoir à l’avance et m’adapter au climat. Il est difficile d’imaginer que les rues et les trottoirs puissent être comme en été, on est l’hiver au Québec, et ce sera toujours ainsi et cela a toujours été ainsi! Vaut mieux prendre les choses positivement, au lieu de chialer tous les jours de sa vie contre la neige et le froid, comme on chiale contre l’humidité et la chaleur l’été, la pluie et le vent l’automne et l’été qui n’arrive pas au printemps etc., etc. En attendant, profitez pleinement de l’hiver, sortez faire de l’activité hivernale, habillez-vous en conséquence et vous apprécierez grandement les joies de l’hiver. Quand on aime l’hiver, on cesse de se battre contre lui!

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  6. Suzanne

    @François, désolée pour votre acident… Désolée pour votre photo… D’accord avec votre philosophie de l’hiver ! (Comment on fait pour ajouter des émoticônes ?)

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  7. François Croteau

    @Francine, je comprends votre situation, et comme je disais, mon message était d’ordre général. Mais vous voyez, je regarde les derniers rapports et nous avons eu depuis le début de l’hiver, deux appels pour trottoirs glissant dans le Vieux-Rosemont. À la lumière d’une telle information, difficile de dire qu’il y a un problème. D’autant que la priorité demeure les artères commerciales, écoles et résidences de personnes âgées. @Suzanne, j’ai tenté de changer la photo, je ne trouve pas de solution. Désolé :-P

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  8. très belle recherche sur la vie de votre quartier d’il y a 80 ans.

    très intéressant

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  9. J-P Pauzé

    Tout le monde répond à Francine, ici, mais ce qu’elle a écrit a disparu !

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  10. Louise V

    J’aime beaucoup ces histoires sur l’ancien Rosemont. Concernant le déneigement, c’était pas mal moins de trouble quand il n’y avait pas full chars dans les rues.

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  11. Jean Tremblay

    ………..Y parait que l’on va instaurer un système de «grattage» de la neige au Plateau de cette façon.
    Sans rire.

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