Bruno Boulianne : l’humain d’abord

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Le documentaire est à la croisée des chemins pour Bruno Boulianne, un cinéaste du quartier. Celui derrière Le chant de la brousse et Ne touchez pas à mon église! aime donner la parole à ceux qu’il rencontre. RueMasson.com s’est entretenu avec cet ancien de la Course Europe-Asie pour avoir son point de vue sur… le monde.

Bruno Boulianne dans le désert du Mali. Photo : Gracieuseté Bruno Boulianne

Nos courses autour du monde paraissait en novembre dernier chez Bertrand Dumont éditeur. L’ouvrage donne la parole à 11 anciens coureurs, dont Bruno Boulianne, mais aussi Robin Aubert, Marie-France Bojanowski, Yves-Christian Fournier et Marie-Claude Harvey. Préfacé par Philippe Falardeau, Nos courses autour du monde leur offre l’occasion de revenir sur cette expérience formatrice qui a été télédiffusée entre 1988 et 1999.

« Les gens qui ne connaissent pas la Course peuvent s’y retrouver », dit Bruno Boulianne. C’est à l’invitation de l’éditeur que le documentariste a partagé ses souvenirs dans un texte intitulé « Au cœur de l’humain ». Fruit d’entrevues, le résultat fait un retour sur sa participation à La Course Europe-Asie en 1990-1991.

C’est là que le jeune homme de 20 ans va comprendre qu’il aime le documentaire et faire la rencontre de ses semblables : « J’ai souvent dit : “Je suis parti faire des films pour d’abord rencontrer l’Autre.” », peut-on lire dans l’ouvrage. Vingt ans plus tard, sa motivation créatrice est la même : « J’aime donner la parole. Le documentaire permet de créer, mais aussi de respecter la parole de ceux qu’on filme. La subjectivité est plus affirmée, car ce n’est pas juste un format, mais un point de vue », explique Boulianne en parlant de la forme du documentaire.

Écrire le monde

« Je suis un cinéaste qui raconte l’histoire du réel », répond-il lorsqu’on lui demande de décrire son travail. Et ses films racontent d’ailleurs le Québec et le monde.

Dans Ne touchez pas à mon église! (2012), il s’interroge sur l’avenir des églises québécoises. Avec Le chant de la brousse (2011), il donne une voix aux bucherons venus d’Afrique qui arpentent les forêts du Québec. Présenté au Festival Vues d’Afrique en mai dernier, le film a reçu le Prix ACIQ/ONF de la Meilleure production indépendante canadienne. Bull’s eye, un peintre à l’affût faisait en 2010 le portrait du peintre et artiste visuel Marc Séguin. Comme quoi, peu importe le sujet, Bruno Boulianne trouve une manière de faire parler ses semblables.

C’est donc vraiment le point de vue des autres, de l’Autre qui fait vibrer le cinéaste. « Dans le documentaire, dit-il, les liens créés avec les gens sont plus intenses que dans les séries documentaires pour la télévision, et c’est ça que j’aime ». Outre ses projets personnels, il est également appelé à travailler pour des émissions ou des séries documentaires, justement, mais ce sont ses projets de longs métrages documentaires qui lui tiennent le plus à cœur.

« T’es toujours en train d’écrire le film tant qu’il n’est pas fini, explique-t-il. Et il y a trois moments d’écriture dans un documentaire : le scénario et la préparation, le tournage et le montage! »

 L’avenir du documentaire

« Avec la multiplication des plateformes, il y a un public pour le documentaire. Encore mieux, il se renouvelle et il est jeune », répond Boulianne, interrogé sur l’avenir de son art. Ainsi, avec l’apparition de nouvelles plateformes de diffusion et de promotion, le documentaire est voué à un merveilleux avenir, mais les moyens d’y parvenir ne sont pas toujours au rendez-vous selon lui.

« En documentaire, nous sommes à la croisée des chemins : il y a le webdocumentaire qui est en pleine croissance, mais pas encore les moyens de le financer, et le documentaire plus traditionnel qui n’a pas tous les moyens de diffusion dont il aurait besoin », croit celui qui a plusieurs projets sur le feu.

 Aux jeunes qui voudraient tenter l’aventure, Bruno Boulianne est optimiste : « Tournez! Faites-vous la main! Ne faites pas trop gros, trop vite! » On pourrait ajouter, regardez des documentaires et des films encore et encore!

 Sélection de Bruno Boulianne

 — Michel Brault et Pierre Perreault, Pour la suite du monde (1962). Vous pouvez le voir ici : www.onf.ca/film/pour_la_suite_du_monde

— Stéphane Thibault et Isabelle Lavigne, La nuit, elles dansent (2010).

— Catherine Hébert, documentariste, a réalisé, entre autres, De l’autre côté du pays, Carnets d’un grand détour, Voici l’homme.

— Robin Aubert, À l’origine d’un cri (2010).

 Bruno Boulianne est de passage à l’émission Mise à jour pour discuter avec Luc Noppen de la chaire de recherche en Patrimoine urbain de l’UQAM, de l’avenir du patrimoine religieux et des églises.

Matv, le mardi 11 décembre à 19 h et 23 h, et le mercredi 12 décembre à 6 h, 11 h 30 et 15 h.

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