Le Café Lézard célèbre sa première décennie

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10 ans dans la vie d’un être humain, c’est bien peu. Mais dans la vie d’un café de quartier, envahi de tous bords tous côtés par les grandes chaînes de ce monde, c’est énorme. En une décennie, le Café Lézard de la rue Masson est devenu une véritable institution et Vincent Vallières en a même fait une chanson à grand succès.

Photo: RueMasson

Depuis le 12 janvier 2001, le Café Lézard s’est transformé au rythme d’un quartier en pleine mutation. Malgré un changement d’administration en cours de route, le Café Lézard a conservé son âme décontractée. « Le café a toujours bien porté son nom : comme un lézard, on se la coule toujours douce ici », indique Rachel Chevalier-Richard, la sympathique gérante, employée de la première heure.

Jadis réputé pour sa formule café et dessert, le Lézard a mué en un hybride : un restaurant pour les amateurs de cuisine santé et abordable, un café pour les flâneurs de l’après-midi, un bar à toute heure de la journée et du soir, et même une salle de spectacle! « C’est un endroit polyvalent où je me sens à l’aise de travailler tout un après-midi, de prendre un café avec des amis ou de dîner en famille », dit Élise Gravel, une habituée du café depuis 5 ans. « Il est rare que j’y vais sans rencontrer des gens que je connais », ajoute-t-elle.

Une des clés du succès du Café Lézard, c’est qu’il se distingue avec son service personnalisé et son atmosphère chaleureuse. « Ici on se souvient de ce que le client mange, ce qu’il aime, ses petites habitudes, quoi! », indique Rachel, qui affirme que la salade de fromage de chèvre chaud est le plat le plus en demande.

« La première chose qui m’y a attirée, c’est la proximité, mais je me suis vite laissée gagner par la simplicité, la chaleur et l’ambiance calme qui y règne. Le Café Lézard est, en quelque sorte, une extension de ma maison », affirme Elise Gravel.  « Plein de gens oublient de payer parce qu’ils s’y sentent comme chez eux! », explique la gérante, avant d’éclater de rire. (RueMasson espère qu’ils reviennent payer pour la survie du Café.)

Durant cette première décennie, le Café Lézard s’est même dupliqué sur la rue Beaubien. Une institution de la rue Masson qui s’importe ailleurs, on ne peut que s’en réjouir. À quand le troisième Café Lézard sur l’avenue du Mont-Royal?

Café Lézard en musique

Photo: Valérie Jodoin Keaton

L’auteur-compositeur-interprète Vincent Vallières a habité à deux coins de rue du Café Lézard pendant plusieurs années. « Je m’y retrouvais souvent, parmi les livres qui traînent partout », affirme Vincent Vallières, qui a écrit les premières lignes de la chanson Café Lézard assis sur une table du fond, près de la fenêtre. « J’ai été inspiré autant par l’ambiance unique de la place que par son nom poétique. »

En 2006, quand il a lancé son quatrième album, Le Repère Tranquille, Vincent Vallières a fait du Café Lézard son véritable quartier général. « J’y ai fait toutes mes rencontres de presse, toutes les entrevues de promotion », affirme celui qui ne manque pas, lorsqu’il est de passage dans la métropole, de venir faire un petit saut au café qu’il a contribué à rendre célèbre.

« Café Lézard, c’est une métaphore de ma vie à une certaine époque. Chaque fois que je la chante en spectacle, je pense à moi, assis sur la table du fond, à moi qui regardais dehors », affirme le chanteur, avec un brin de nostalgie dans la voix. « Le Café Lézard est un café comme il y en a peu, tout à fait en symbiose avec le quartier et qui lui ressemble. Je lui souhaite la plus longue vie possible, un autre 10 ans au moins! », souligne l’artiste.

Clip vidéo de Café Lézard par Vincent Vallières

Mais qu’est-ce que je fais encore
À soir dans le Café Lézard
‘Doit être autour de minuit moins quart
Y’a le temps qui passe
Juste en face de l’autre bord
Le Lézard est pas mal désert

L’amour des clients

Depuis 10 ans, le cœur du Café Lézard bat au rythme de ses clients. « J’aime ma clientèle de 7 à 77 ans, des grands amoureux de la musique, des gens qui sont contents de ce qu’on sert, qui partagent avec moi, qui échangent entre eux », indique Rachel, qui croit dur comme fer que « la formule café de quartier n’est pas prête de disparaître! »

Pour célébrer en grand ce 10e anniversaire et exprimer leur attachement à leur clientèle fidèle et passionnante, Rachel et sa joyeuse bande vous donneront rendez-vous dans les prochaines semaines. « On prévoit faire une soirée au printemps pour tous les vieux et les nouveaux clients. Ce sera mieux que dans la slush! ».

5 commentaires à Le Café Lézard célèbre sa première décennie

  1. Vous auriez quand même dû parler un peu de l’histoire de la fondation et de sa fondatrice Danielle dont j’oublie le nom de famille. Elle a travaillée très fort pour bâtir ce bistro malgré les embuches que les Shillers lui ont causées à l’époque. Là on a l’impression que c’est une pub sur la gérante.

  2. Dominique

    Blain était son nom de famille et j’ai eu le plaisir de la connaître. Elle avait quitté un bon travail chez Danone en 1999 pour réaliser son projet un peu fou pour l’époque: démarrer un café-bistro branché alors que la revitalisation pointait alors à peine le bout du nez.
    D’après ce qu’elle m’a dit, le proprio avait été au contraire très patient et compréhensif lors de ses débuts difficiles.
    Elle m’avait dit que personne d’autre n’était prêt à louer un si grand local à une jeune débutante. Heureusement pour les gens du quartier, son projet vit le jour et nous en profitons tous aujourd’hui.

  3. JP: On ne peut pas tout dire en un seul article et la gérante est quand même à l’emploi du Café Lézard depuis le début. Mais vos suggestions sont toujours appréciées. On ne peut pas tout savoir.

    Dominique: si vous avez ses coordonnées, merci de nous les transmettre ou de lui demander de nous contacter. Merci.

  4. Danielle

    Bonjour à la rue Masson,
    C’est bien moi qui a ouvert le Lézard en 2001, avec Jean Marc Sauvé au début de l’aventure. La rue Masson était encore loin d’être ce qu’elle est devenue mais on savait que ça s’en venait. Rachel y est en effet depuis depuis le jour 1, et le Lézard lui doit beaucoup. Le piano noir est celui sur lequel je prenais des cours à 6 ans et les fauteuils sont ceux que mes parents se sont achetés à leurs noces en 1959.
    Prévu au départ comme un café, on s’est rapidement mis à cuisiner et à faire des spectacles. Que de plaisir! En 2004, le Lézard a été victime de 2 incendies majeurs chez les voisins, à 2 mois d’intervalle. Nul besoin de dire que ça a fait très mal alors que je menais seule le bateau à cette époque. Merci au meilleur staff du monde de m’avoir soutenue et d’avoir mis l’épaule à la roue durant l’épreuve. Sans parler de la famille et des amis.
    C’est à regret que j’ai vendu en 2007 et depuis,je suis en peine d’amour perpétuelle du Lézard et de la famille qu’on y formait. Merci à JP et Dominique de ne pas m’avoir oubliée: vos mots m’émeuvent… J’ai tellement, mais tellement travaillé pour ce café…
    Chers clients, je m’ennuie de vous. Longue vie au Lézard.
    Danielle Blain XXX

  5. Danielle,

    Habites-tu encore le quartier? Ce serait cool de prendre un café. Si tu te rappelles, on s’est vu à quelques occasion chez Danta et au café et à la SIDAC.

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