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jeudi le 13 juin
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Hugo Dumas: la lente séduction

Le journaliste de La Presse Hugo Dumas habite sur la 7e Avenue depuis bientôt six ans. Son arrivée a été un hasard. Les premiers mois dans son appartement ne furent pas de tout repos. Il n’était pas certain de son choix. Pourtant, le chroniqueur ne jure plus que par la rue Masson et le quartier. Que s’est-il passé ?

En fait, Hugo Dumas a été victime de la séduction qu’exerce le coin sur toute personne qui y habite. Une séduction lente, mais intense qui devient un amour profond et loin d’être superficiel. Cependant, il avoue avoir eu un choc à son arrivée. « Il y a six ans, la rue Masson n’était pas aussi développée, j’arrivais d’un beau coin de Villeray, j’étais expulsé de mon appart, j’étais mal pris, j’avais trouvé sur la 7e rapidement,  j’avais des voisins bizarres. Je me demandais où j’avais atterri », raconte-t-il.

Le peu de mixité multiculturelle du coin l’a aussi refroidi. « C’était très montréalais francophone blanc. Ça change, on entend parler anglais et on voit que ça se métisse», souligne celui qui est aussi chroniqueur télévision à l’émission Christiane Charette à Radio-Canada.

L’amour entre Hugo Dumas et la rue Masson s’est donc développé au fil du temps et des rendez-vous. La promenade a dû sortir ses plus beaux atours pour séduire le jeune homme. « Je trouvais ça loin, sans accès rapide au métro. J’avoue que ça m’a pris du temps, mais je n’irai nulle part ailleurs maintenant », lance-t-il totalement conquis par sa belle promenade. En fait, il souligne que c’est la première fois qu’il s’est autant intéressé à la vie de son quartier. « J’ai l’impression d’avoir trouvé mon nid ».

Fan des commerces

Peu à peu, à force de gentillesse, de clins d’oeil des commerces, anciens et nouveaux qui ouvraient, de regards aguichants, Hugo Dumas est tombé follement amoureux. « J’aime la différence entre les gens, les vieux et les nouveaux résidents, et l’esprit de communauté et les commerces. Si Sébastien Diaz et sa blonde écorniflent les intérieurs des maisons, moi je visite tous les commerces, je les essaye et teste tous. Je suis l’écornifleur des commerces », dit-il fièrement.

Ses coups de coeur sont diversifiés et nombreux. Il fréquente le Rona Bélanger qui se différencie des autres Rona aussi grands par la personnalisation du service. « Les employés ne sont pas là pour nous vendre un produit à tout prix, mais pour nous donner des conseils et nous rendre service. C’est l’esprit des magasins de l’ancienne époque, je n’ai pas l’impression d’y être un simple numéro ».

Il prend son café à la Brulerie et au Café Lézard. Il a hâte de le prendre au futur Starbucks. « Son arrivée me comble. Je pense qu’il y a de la place pour plusieurs cafés. Avant j’allais aussi au Van Houtte et même au Dunkin Donut quand j’étais pressé ».

Il aime aussi la boulangerie de Père en fils et Première Moisson. Il va au Loblaws et au Melon Miel. Il mange régulièrement au Soupesoup et aime aller au Casa Corfu pour l’expérience. « Je suis content que ces commerces coexistent, car on peut tout faire sur Masson, pas besoin d’aller ailleurs ».

Il conseille le superclub Videotron pour la section des films internationaux qui regroupent autant les films récents que les films de répertoire. Il fait changer les piles de sa montre aux bijouteries sur Masson. « C’est vraiment vrai, je fais tout sur Masson ».

L’été est la saison qu’il aime particulièrement sur la promenade pour les terrasses des cafés et bars, mais aussi pour la slush du Couche-Tard.

Hugo Dumas est un peu triste du déménagement de la SAQ et de la rénovation. « Elle était plus proche de chez moi, mais j’aimais surtout l’aspect vieillot, vintage, le côté bric-à-brac, qu’on retrouvait aussi au Temps qui passe. J’aimais aussi le fait qu’on se parlait pendant qu’on attendait à la caisse. Pourquoi toujours tout moderniser? Parfois c’est tout croche, mais c’est charmant »

Une modernisation du coin qui l’inquiète un peu. « C’est paradoxal. On aime notre quartier et on le dit, mais en même temps, je ne veux pas le crier trop fort par peur que plus on en parle, plus on attire la clientèle qui a transformé le Plateau en truc commercial. Finalement, je ne veux pas qu’on aime trop mon quartier ».

Hugo Dumas aime sincèrement son quartier. Photo: Cécile Gladel

Sa liste d’épicerie

Le chroniqueur aimerait bien que sa promenade continue à se faire belle pour lui en s’enrichissant d’une brasserie où l’on peut manger, pas seulement boire. Une salle de spectacle est aussi parmi ses souhaits ainsi qu’un bon cordonnier.

La présence d’un Energie Cardio réservé aux femmes l’agace, car il ne peut s’entraîner proche de chez lui. Il est obligé d’aller à l’extérieur du quartier. « N’y aurait-il pas la place d’avoir un côté mixte et un autre réservé aux femmes? », se demande-t-il.

Par ailleurs, sur Twitter, Hugo Dumas s’est moqué à quelques reprises de la mascotte Dora que l’on a vue quelque fois lors des ventes trottoir. « Je faisais des blagues, car on veut que ça s’améliore. Le costume de Dora était tellement sale, elle faisait plutôt peur aux enfants. Mais c’est aussi ça qui fait le charme de notre quartier », rigole-t-il.

Finalement Hugo Dumas aimerait bien faire taire les cloches de l’église qui sonnent un peu trop tôt et trop souvent à son goût. « Les ruelles sont très échos dans le coin et je me fais régulièrement réveiller par les cloches qui sonnent. Ne pourrait-on pas les faire sonner plus tard ? ».

Le scoop?

Il confie qu’il habite à côté de chez Alfa Rococco et que Soirée de clown a été tournée dans les lofts-condos luxueux construits dans une ancienne église sur la 4e Avenue.

Tous les portraits de personnalités du quartier pour notre premier anniversaire :

Françoise David

Gilles Duceppe

Sébastien Diaz

Jacques K.Primeau

Normand D’Amour

Latest comments

  • C’est à cause de son article dans La Presse d’aujourd’hui que j’ai commandé le DVD « Carlos » !! ha ha ha… et ici il a l’air beaucoup plus jeune que dans la photo du journal !!

  • Pauvre monsiur Dumas. J’espère que ça ne le traumatise pas trop de travailler dans un journal très « montréalais francophone blanc ».

  • RobertV:je dois être épais, mais quand il est question de quotidien, j’en vois aucun qui ne soit pas très montréalais francophone blanc. Le Devoir est assurément le moins pire, mais on n’y parle pas de choses futiles comme la télé…
    Ah! j’y pense, vous avez raison! The Gazette, c’est pour les Anglos..!

  • Il a simplement voulu dire qu’il aimait les quartiers multi-ethniques. C’est quoi le lien avec son employeur et les autres grands journaux ?

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