La pire session parlementaire de Nicolas Girard


La session parlementaire à Québec s’est terminée il y a presque un mois. Mais le retour de vacances du député de Gouin Nicolas Girard pourrait coïncider avec le début d’une campagne électorale. RueMasson l’a rencontré fin juin pour faire le bilan d’une session difficile, marquée par une attaque, par les casseroles, une loi spéciale et des rumeurs d’élections.

Le député Nicolas Girard lors de son discours sur la scène de l’Autre St-Jean le 23 juin dernier. Photo : Alexandre Albert/RueMasson.com

« On a vécu la pire session parlementaire avec la crise étudiante, le fait que le premier ministre ne voulait pas régler le dossier, qu’on a siègé toute la nuit lors de l’adoption de la loi spéciale. Il a besoin d’une crise sociale, mais aucun gouvernement ne gagne à matraquer sa jeunesse », lance le député Girard.

Les sessions de casseroles étaient un exutoire pour lui. « Ça m’a fait du bien de le faire, ça libère, quand tu as des ministres qui ne répondent jamais à tes questions, avoue-t-il. J’ai aussi pu échanger avec les citoyens et constater leur colère ».

Attaque à son domicile

Cette session a aussi été marquée par une deuxième attaque à son endroit. Alors qu’il avait reçu des menaces l’an dernier, un bloc de béton a été lancé dans la porte-fenêtre de son domicile rosemontois qui a été le seul visé. Les malfrats sont passés par la ruelle en arrière, et il n’y a eu aucune entrée par effraction. L’enquête n’est toujours pas terminée. « Ce n’est pas le genre de chose qui me fera taire. C’est inacceptable un tel geste de violence contre un politicien ».

Ce geste l’a quand même fait réfléchir, mais il n’a jamais songé à ne pas se représenter. « Tu te demandes si le sacrifice en vaut la peine. Mais j’ai un rôle important qui est de dénoncer et je ne regrette rien, j’ai des sources de motivation, une reconnaissance de mon travail. J’ai appris que la politique est ponctuée de bons et de mauvais moments. L’important est de rester soi-même »

Actuellement, le député profite du mois de juillet pour prendre quelques semaines de vacances avec son fils pour se reposer. Un voyage en Floride est prévu. Et aussi quelques soupers. Car Nicolas Girard s’est découvert une passion pour la cuisine depuis deux ans. Une manière pour lui de décrocher.

Les dossiers de quartier

Outre ces voyages hebdomadaires à Québec en train ou en autobus (il n’a pas de voiture), plusieurs dossiers locaux ont aussi retenu son attention. Il a contribué financièrement au verdissement de cours d’école et ruelles. Il a participé au Forum social de Rosemont. Il a appuyé les travailleurs mis à pied d’Aveos comme porte-parole des transports pour l’opposition. Le dossier du financement électoral lui tient aussi à coeur. « On doit limiter le financement et le rendre public ».

Par ailleurs, il compte continuer à présenter des assemblées citoyennes sur divers sujets d’actualité. Ses derniers invités étaient Bernard Drainville, Véronique Hivon et celui qui est pressenti comme candidat du parti québécois dans Rosemont, Jean-François Lisée.

Des élections à venir

Les rumeurs d’élection se précisent. Nicolas Girard fera face à la co-porte-parole de Québec Solidaire Françoise David pour la troisième fois. Il est très confiant. « J’ai été élu à trois reprises, je réside dans le quartier et j’y élève mon enfant, il est naturel et normal que je me représente dans Gouin », lance-t-il pour expliquer qu’il ne pourrait se présenter ailleurs.

Il ajoute que sa notoriété s’est multipliée ces deux dernières années avec le scandale des garderies, dossier sur lequel il a travaillé pendant plusieurs mois. « Nous avons fait un travail de recherche,  partout au Québec et nous avons fait un croisement de données entre les noms de donateurs du parti libéral et des promoteurs de garderies. Je n’avais jamais imaginé qu’on pouvait faire du financement politique avec les garderies », lance-t-il.

C’est pourquoi le député de Gouin pense qu’il restera en poste aux prochaines élections. « Il n’y a jamais eu autant de citoyens qui me félicitent et qui me disent qu’ils m’ont découvert. Je reçois de nombreux appuis et des commentaires positifs. Je suis confiant ».

Une alliance possible?

Nicolas Girard n’aurait pas rejeté une alliance avec Québec Solidaire si Françoise David avait choisi de se présenter ailleurs, comme dans la circonscription voisine de Rosemont. « Ça aurait ouvert une porte. Il est normal que je reste dans Gouin. En novembre quand elle a choisi de se représenter dans Gouin, le signal était clair qu’il n’y aurait pas d’alliance. Ça m’a surpris, mais c’est son choix et on va travailler dans ce contexte, l’adversaire c’est le parti libéral. Je suis triste que Québec Solidaire ait ses propos les plus durs contre le parti québécois et que la priorité soit de battre un péquiste. J’aurais souhaité qu’on mette nos énergies pour défaire les libéraux », conclut-il.

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