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Rosemont, haut lieu d’architecture Art déco

Duplex Art Déco sur le boulevard Rosemont. PHOTO : André Dumont/RueMasson.com

Regardez cette façade du boulevard Rosemont (photo à droite) et imaginez-la un instant sans l’affreux avant-toit de tôle ondulée rouge. Sa décoration est tout à fait Art déco : un élan vertical vers le haut sous forme d’un gratte-ciel à gradins, des motifs géométriques (triangles et rectangles) et des blocs de verre.

L’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie regorge d’architecture Art déco. Dès qu’on s’éloigne du coeur du Vieux-Rosemont, les bâtiments construits dans les années 1930, 1940 et même au début des années 1950, portent les traits de ce style qui est né en Europe pour ensuite se donner une allure tout à fait nord-américaine.

Édifice Aldred PHOTO : André Dumont/RueMasson.com

À Montréal, le pavillon principal de l’Université de Montréal et l’édifice Aldred, sur la Place d’Armes, sont deux des plus impressionnants exemples de ce style.

Rosemont n’est pas en reste : le pavillon d’accueil du Jardin botanique est un véritable chef-d’oeuvre. L’Église Saint-Esprit, sur la rue Masson, est l’un des plus admirables édifices religieux de style Art déco au pays, selon Tim Morawetz, auteur du livre Art Deco Architecture Across Canada.

Le motif de chevrons qui figure en page couverture de ce livre a été photographié à la Piscine Rosemont. « L’entrée principale en pierre qui s’élance vers le haut, les motifs de chevrons entre les fenêtres et le bas-relief du plongeur sont magnifiques », affirme l’auteur.

PHOTO : Courtoisie de Tim Morawetz

La Piscine et la Bibliothèque Rosemont ayant été construits en 1942, leur fenestration sous forme de longues bandes horizontales peut être associée l’Art moderne, le style qui suit de près l’Art déco.

« Les chevrons tirent peut-être leur origine de cultures autochtones, soupçonne Tim Morawetz. Leur géométrie pure est très caractéristique de l’Art déco. Elle représente l’énergie et le dynamisme de l’avant-dépression. »

Petits plex

Dans Rosemont, les éléments Art déco sont partout sur le parc immobilier des années 1930 et 1940.

Ce style a réussi à s’incruster dans le typique duplex avec escalier en fer forgé. Sur l’avenue des Érables et la rue Louis-Hémon, à la hauteur de la rue Beaubien, de belles portes en bois sont flanquées de pilastres (colonnes en surface). Les linteaux au-dessus des portes et des fenêtres affichent des motifs géométriques clairement assimilables à l’Art déco.

Duplex de la rue Louis-Hémon PHOTO : André Dumont/RueMasson.com

La prochaine génération de petits édifices multilogements, celle dont la porte principale mène à une cage s’escalier coiffée d’un petit toit en pignon, affiche à fond l’esthétique Art déco.   Voici comment la reconnaître :

  • motifs géométriques simples (triangles, chevrons, rectangles, lignes verticales)
  • motifs végétaux stylisés et autres bas reliefs reproduisant la nature
  • blocs de verre
  • pilastres (colonnes aplaties) sur l’entrée principale
  • relief en retraits rappelant les premiers gratte-ciel

Dans les années 1940, le style évolue vers l’Art moderne, qu’on appelle aussi Streamline Modern. On voit se multiplier l’usage des blocs de verre et d’éléments horizontaux comme de longues bandes de fenêtres qui épousent les coins, ces coins étant parfois arrondis, comme sur l’entrée principale du Cinéma Beaubien.

L’Art déco se voulait une réponse nouvelle, créative et mesurée à l’exubérance des styles précédents qui ont puisé abondamment dans le passé pour renouveler le langage de la décoration des bâtiments, de l’époque victorienne jusqu’aux styles Beaux-Arts et Néo-classique.

Déjà, dans les années 1920, l’école allemande du Bauhaus donnait naissance à l’architecture dite moderne, qu’on appelle aussi le style international, qui mettrait fin à toute référence au passé et à toute décoration sur les façades dans son déploiement à partir de 1950.

André Dumont est inspecteur en bâtiment et chroniqueur

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