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RBO de retour à la radio … pour une série

NOTE : Le réalisateur de Radio-Canada Charles Plourde s’est éteint aujourd’hui à l’âge de 36 ans. Il avait un cancer du cerveau depuis plus d’un an et demi. Il avait accordé cette entrevue sur la maladie à Catherine Perrin en octobre dernier. Il résidait dans le Vieux-Rosemont avec sa conjointe et ses trois enfants qui vont à l’école primaire du quartier. Il avait publié ses adieux sur Facebook mardi.

On republie l’article que l’on faisait sur lui en 2011 alors qu’il avait réalisé une série sur RBO.

Depuis lundi, la radio de la Première Chaine diffuse une série sur Rock et Belles Oreilles, groupe d’humoristes mythiques au Québec composé de Guy A. Lepage, André Ducharme, Bruno Landry, Yves P. Pelletier, Chantale Francke et Richard Z. Sirois. Cette série de Radio-Canada, animée par Stephan Bureau, est réalisée par Charles Plourde, qui habite le Vieux-Rosemont. RueMasson lui a posé quelques questions sur la réalisation de cette série.

Si les 30 ans de RBO sont célébrés à la télévision et sur le web, Charles Plourde a eu la tâche de s’occuper de la partie radio, médium qui est à l’origine de la naissance du groupe sur les ondes de CIBL. « C’était la chance de traiter le matériel radio que le groupe a accumulé et Guy A. Lepage avait tout tout conservé, avec les musiques diffusées et le type de gag. On avait toutes les cassettes, les feuilles de route », raconte le jeune réalisateur né en 1982 soit après RBO.

Avec l’aide d’une stagiaire, du recherchiste André Royer et Bruno Landry, Charles Plourde a écouté 80 % de l’ensemble de ce que RBO a fait à la radio. « On n’a pas écouté les chansons, mais en terme d’heure d’écoute, ça représentait plus d’une centaine d’heure.» Il a travaillé six mois sur cette émission et a accumulé une trentaine d’heures d’entrevues et aussi inclut des archives de nouvelles de l’époque.

Des moments de radio

Outre les nombreux gags et imitations que l’on connait, Charles Plourde a surtout porté une attention particulière aux personnes lors de leurs premières participations à l’émission de radio et des dates importantes comme la première intervention de Chantal Francke, le premier micro de Richard Z Sirois, la première participation d’André Ducharme lors d’un gag dans son cas. « On a aussi des performances ad lib, pas juste des gags. On a aussi écouté les fax qu’ils lisaient à l’époque », raconte le réalisateur.

Par ailleurs, Stephan Bureau n’est pas un narrateur, mais présente le début de chaque heure, intervient quelque fois et conclut. Charles Plourde s’est plutôt servi des interventions au micro des membres du groupe pour changer de sujet et amener un nouveau point. « Dans mes réalisations, je fais beaucoup d’écoute en amont pour me donner du matériel afin de ne pas avoir de narration. Pendant les entrevues des membres de RBO, je cible des incontournables que je fais écouter pour leur demander de réagir. Ça donne une impression que le documentaire se construit en direct et ça créé des transitions hyper fluides.»

Les souvenirs d’un jeune fan

Quand RBO a commencé sa carrière, le réalisateur n’était pas né. Ses premiers souvenirs de RBO ne remontent pas à la radio, mais à la télévision sauf que c’est flou dans la tête de Charles. « Ça a cliqué avec la série RBO hebdo. Je les ai connu à 12 ans. Leur musique leur a permis d’aller chercher un public plus jeune.»

Les différents médiums utilisés par RBO au fil de la carrière du groupe leur a permis de gagner des fans de toutes les générations : par la musique, en spectacle, à la télévision et radio. « La famille se rassemblait devant la télévision, mais les parents et les enfants n’aimaient pas les mêmes choses. C’est vraiment multi-générationnel.»

 La série radio suit l’actualité

Dans le premier épisode diffusé lundi, on aborde l’enfance des membres du groupe, le fait que les membres de RBO ont grandi avec la télévision. « On va voir leurs influences, les événements d’actualité. Au début, c’était un collectif qui faisait une émission de radio. C’est devenu un groupe quand ils ont commencé à faire de la scène ».

L’angle de la série est aussi de parler de l’époque de 1980 à 1995, une actualité riche en événement.  Il y a eu deux référendums, la crise économique, la chute de la musique francophone, le naissance du débat constitutionnel, le Lac Meech, Charlottetown. « Il y a beaucoup de gags de RBO qui sont liés à ces événements. C’est un prétexte pour parler de la société québécoise de l’époque », explique Charles Plourde.

La collégialité de RBO

Dans la série, on apprend aussi comment le groupe s’est incorporé pour profiter des programmes d’aide à l’emploi à une époque où le marché de l’emploi n’était pas favorable. « Ils ont été ingénieux et ils vivaient avec pas grand chose. Il y a beaucoup d’entraide entre eux et ils ont toujours fonctionné de manière très démocratique et respectueuse de tous les membres. Pour passer d’un projet à un autre, ça prenait l’unanimité. Ils ne faisaient rien si l’ensemble du groupe n’était pas d’accord. RBO c’est vraiment une entité. »

La série n’est pas allée dans l’autopsie de leurs relations interpersonnelles. À la fin qui sera diffusée demain vendredi, il y a seulement une réflexion sur l’après-RBO qui existe sans exister. « Car RBO existe toujours sous une forme ou une autre. Même si en 1995, ils ont suspendu leurs activités, mais dans notre imaginaire collectif, le groupe existe encore. D’ailleurs, la compagnie RBO inc existe toujours. »

Un jeune réalisateur qui promet

Cette série sur RBO n’est pas la première réalisation radio de Charles Plourde. Il a réalisé une émission sur Judith Jasmin, une autre sur Jacques Languirand (Sur les traces de Par 4 chemins),  et sa première série documentaire sur Pierre Perrault, réalisé avec Mathieu Beauchamp, en collaboration avec Jean-Philippe Pleau, réalisateur et co-animateur du Sportnographe et résident du Vieux-Rosemont.

« Quand je fais ce type de travail, je me plonge dans une autre époque. J’utilise beaucoup les archives et je revis l’époque et j’en sors pratiquement avec une maîtrise en histoire. L’époque RBO est très riche en événement. C’est incroyable comment un groupe d’humour peut nous donner le reflet d’une époque. Les rencontres ont été très enrichissantes, travailler avec Stephan Bureau a été un beau voyage. C’est une véritable épopée.»

Un quartier accueillant

Charles Plourde habite le Vieux-Rosemont depuis quelques années avec sa conjointe et leur trois enfants. Après une petite incursion dans Hochelaga-Maisonneuve, il est revenu habiter le quartier qui l’a accueilli à son arrivée dans la Métropole.

« C’est le quartier qui m’a fait apprécier Montréal à mon arrivée du Lac St-Jean. La rue Masson me fait un peu penser à la rue Collard à Alma, comme une rue principale de région ».

Le jeune homme participe aussi au club de lecture de l’émission littéraire Plus on est de fou, plus on lit. Il a aussi collaboré à l’émission Le sportnographe.

RBO à la télévision

Une série télévisée sera diffusée en janvier pour célébrer les 30 ans d’existence du célèbre groupe.

Le gérant de RBO, Jacques K. Primeau habite aussi le Vieux-Rosemont, le quartier où il a grandit. RueMasson.com l’avait rencontré l’an dernier lors de notre premier anniversaire.

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