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samedi le 8 décembre
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Un chef proche du terrain

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois (PQ) et député de Rosemont, sait qu’il joue beaucoup dans cette élection. Chahuté par Québec solidaire dans sa circonscription, loin dans les sondages nationaux, l’ancien journaliste met les bouchées doubles pour concilier campagne québécoise et campagne locale.

Rencontré dans son local de campagne, après une journée à défendre son plan pour l’agriculture sur la Rive-Sud — nous étions le 6 septembre —, Jean-François Lisée a voulu marquer son ancrage local. Devant ses supporters, il rappelle qu’il aime être député de Rosemont et être proche des gens.

«Ce soir, je vais faire du porte-à-porte dans un HLM, comme ça, les caméras ne pourront pas me suivre. Vous me voyez convaincre des gens avec tout ça?», lance-t-il, à la blague.

L’aspirant premier ministre parle d’ailleurs d’un «esprit Rosemont» qu’il souhaite porter jusqu’à la plus haute fonction gouvernementale.

«L’esprit de Rosemont, c’est un mélange entre l’idéalisme et le pragmatisme que je côtoie chez beaucoup de citoyens, explique l’homme politique de 60 ans. La volonté de faire le bien commun conjugué avec le sens pratique de savoir comment on réalise ça dans les semaines, les mois, les années qui viennent, ça n’arrête pas de m’épater.»

Élu une première fois en 2012, réélu par une courte majorité en 2014, le chef péquiste met en évidence son bilan qu’il juge positif, notamment en éducation. «Mon action et celle de mon bureau ont été déterminantes pour faire avancer des agrandissements qui étaient nécessaires. Le fait que les ministres libéraux de l’éducation savaient que le chef de l’opposition suivait ses dossiers, ça a accéléré les choses.»

Relocalisation des groupes communautaires qui se faisaient «évincer» par la Commission scolaire de Montréal lors de la reprise de ses bâtiments, rénovations, agrandissements, jusqu’aux chaines humaines devant les écoles les lundis matins en début de mandat libéral en 2014 pour dénoncer les coupes, Jean-François Lisée était présent pour donner son aide.

Jean-François Lisée lors d’une chaîne symbolique autour de l’école Sans-Frontière alors que Pierre-Karl Péladeau était le chef du Parti québécois en 2016. Photo : RueMasson.com

Mais pour lui, le quartier a grand besoin de nouvelles écoles. «On s’était débarrassé des roulottes à Saint-Albert-le-Grand, on a obtenu l’agrandissement et là, c’est le retour des maudites roulottes», peste-t-il. Ce qui bloque, ce sont les délais administratifs pour entamer la rénovation et l’agrandissement des bâtisses. «Ça ne doit pas prendre quatre ans, ça devrait prendre un à deux ans. L’école Sainte-Vivianne devait être rénovée et agrandie, mais ça prend deux permissions différentes à Québec! Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Il faut pouvoir faire les deux sans se perdre dans les labyrinthes bureaucratiques du ministère.»

Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Hôpital le plus vétuste du Québec, mais qui soigne un bassin de 600 000 personnes, Maisonneuve-Rosemont a été le cadet des soucis du gouvernement libéral, selon le chef de l’opposition.

«En 2014, ils avaient promis que la réfection du pavillon central était une priorité. J’ai donc regardé ce qui s’est passé dans le budget de 2014, ils ne l’ont pas mis, pareil en 2015, 2016, 2017 et 2018, mais [le ministre de la Santé, Gaëtan] Barrette l’a promis il y a quelques mois. Ils ont délibérément décidé de ne rien faire pendant 4 ans pour l’hôpital qui dessert la population la plus défavorisée au Québec, c’est scandaleux. Tout ça pour en faire l’annonce juste avant les élections. Ça sera une priorité pour moi comme député et premier ministre de voir à ce que ça soit fait dans les délais les plus brefs possible.»

La bataille de Rosemont

En 2014, Jean-François Lisée avait remporté l’élection avec 1598 voix d’avance sur son adversaire libéral. Cette année, c’est Québec solidaire qui le talonne de près, selon les sondages. Toutefois, Jean-François Lisée n’est pas inquiet, puisqu’il pense augmenter cette avance le 1er octobre. Ce qui va faire la différence dans l’élection de Rosemont — qui, au 11 septembre se joue encore à 4 —, «c’est qu’il y aura plus de gens qui vont voter pour moi que pour les autres», s’amuse-t-il à dire.

Pourtant, avec cette marge fine, toutes les voix comptent, dont celles des 10 % des Rosemontois issus de l’immigration. Jean-François Lisée — qui avait parlé en 2016 d’AK-47 sous les burqas pour lancer un débat identitaire dans la course à la chefferie du Parti québécois, ou de la construction d’une clôture à la frontière américaine pour «stopper» l’immigration clandestine des Haïtiens  — pense que beaucoup de ces «Québécois d’adoption» ont la même position sur la laïcité que lui. «Beaucoup de Nord-Africains ont quitté leur pays parce qu’ils avaient soif de davantage de laïcité. On a des convictions, on les avance, on sait qu’il y a en a qui sont réceptifs dans toutes les communautés. On ne va pas faire de clientélisme en disant une chose à une communauté et autre chose à une autre. C’est une chose que tout le monde déteste.»

Et l’indépendance dans tout ça?

Jean-François Lisée avait mené la course à la chefferie de son parti avec l’idée de ne pas tenir de référendum lors d’un premier mandat. Est-ce que, pour autant, on ne parle pas d’indépendance dans cette campagne?

«On parle beaucoup d’indépendance dans cette campagne, j’en parle dans les points de presse, dans les entrevues et les réunions. On dit “sérieusement”, car on a un calendrier sérieux. Il faut des indépendantistes au pouvoir en 2018, en 2019, on a une élection fédérale qui va porter sur l’injustice économique du Canada face au Québec, en 2020, on va mettre à jour les études sur la souveraineté du Québec et en 2021, on organisera un congrès pour écrire l’offre péquiste qui va être au centre de l’élection de 2022.»

Le chef du PQ est très critique vis-à-vis de la proposition indépendantiste de Québec solidaire, plus sérieux adversaire dans Rosemont. «Je veux de la transparence, et Québec solidaire ne l’est pas. Ils affirment être les seuls à vouloir faire l’indépendance dans un premier mandat, mais c’est inexact. Ils veulent faire élire une Assemblée constituante pour écrire une constitution d’un Québec souverain. Mais comme 50 % des citoyens qui y sont opposés, on aura 50 % des députés qui ne voudront pas écrire cette constitution!»

Si vous aviez une baguette magique, quel problème résoudriez-vous?

«Comme homme politique, on peut s’occuper de beaucoup de choses. Mais la chose qui me vient à l’esprit, c’est d’éliminer la violence conjugale. Ça prend de la magie pour faire ça. Le reste comme le transport, les espaces verts, les logements, on sait quoi faire, mais je suis constamment atterré par le niveau de violence conjugale, y compris chez les jeunes, ça me traumatise.»

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