Widget Image
Dernières nouvelles
Restez en contact :
samedi le 8 décembre
HomePolitiqueDébat dans Rosemont : Jean-François Lisée utilise l’épouvantail d’un gouvernement caquiste
Publicité

Débat dans Rosemont : Jean-François Lisée utilise l’épouvantail d’un gouvernement caquiste

Soirée d’affluence au centre Gabrielle-et-Marcel-Lapalme, mardi soir. La présence du chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, à la «soirée d’échange» électorale organisée par la Corporation de développement communautaire de Rosemont n’y est pas pour rien.

Une forte représentation de citoyens et de médias nationaux était présente pour cet exercice. Plus de 300 personnes, réparties en deux salles, dont celle où étaient les personnes candidates. Dans cette salle surchauffée et bondée, plusieurs personnes ont pu poser elles-mêmes une question.

Les questions tirées au sort ont, heureux hasard, porté sur les thématiques les plus sensibles dans la circonscription. Accès aux logements et à la santé, transports en commun, pénurie d’écoles et environnement ont été discutés par les quatre candidats issus des partis déjà présents à l’Assemblée nationale. D’autres questions plus spécifiques sur l’aide aux médias ou le développement de l’offre alimentaire dans l’est de Rosemont ont aussi été posées.

Pour revoir le débat qui était webdiffusé

 

La menace caquiste

En fin de rencontre, Jean-François Lisée a appelé les électeurs qui comptent voter Québec solidaire de voter pour lui, afin de mettre fin au règne libéral depuis 15 ans, tout en brandissant la menace que représenterait un gouvernement caquiste.

«On peut reprocher beaucoup de choses au PQ, mais lorsqu’il a été au gouvernement, nous étions les plus progressistes en Amérique du Nord, a conclu dans le débat le député sortant. Mais la réalité, c’est qu’on n’a pas la proportionnelle, les progressistes vont se diviser. On est pris dans le système actuel, tous les progressistes doivent voter pour les plus progressistes qui peuvent arriver au pouvoir. Si la CAQ gagne d’un député et que c’est Rosemont, on ne va pas être de bonne humeur le 2 octobre, au matin.»

En mêlée de presse après le débat, le chef péquiste a précisé ne pas appeler à voter «stratégique» et ne pas être pris de panique. «Je parle de constance. Depuis que je suis chef, j’ai voulu rassembler, en proposant une candidature commune dans Verdun ou en ne mettant pas de candidats dans Verdun [lors d’élections partielles]. Les militants de QS étaient d’accord pour faire un pacte, le parti leur a tourné le dos.»

Son adversaire solidaire, Vincent Marissal, a été surpris de voir l’argumentaire du vote stratégique arrivé aussi tôt dans la campagne, à 20 jours du scrutin.

«Ça vient à la toute fin, pour sauver les meubles. Ce n’est pas un signe de confiance de la part de M. Lisée, mais je trouve méprisant de dire à nos électeurs qu’ils gaspillent leur vote.»

Éducation

Le constat est unanime pour les candidats : le quartier manque cruellement d’écoles, c’est pourquoi ils en font leur enjeu prioritaire.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a insisté sur les problèmes administratifs qui existent entre les commissions scolaires et le ministère.

«La lenteur du ping-pong administratif est inexcusable. Nous allons décentraliser le pouvoir aux commissions scolaires afin de réagir rapidement à la demande.»

Il a ajouté qu’il souhaite répondre à la demande en places en Centre de la petite enfance (CPE) à 100 % dans toute la province d’ici 2022, s’opposant à l’idée des prématernelles dès 4 ans, qui grugerait de l’espace dans des écoles déjà surpeuplées.

Vincent Marissal, candidat de Québec solidaire (QS), est d’accord avec son opposant sur la question des CPE, en modérant le fait que son parti proposera la gratuité de ce service. Quant aux écoles, il est temps de revoir la manière dont le ministère les gère, en créant une commission parlementaire pour comprendre la situation actuelle.

«On est dans une situation aberrante et complètement débile. Comme par hasard, là où il y a le plus plus de demandes pour des classes, c’est dans Gouin et Rosemont, qui ne votent pas très très libéral. Il faut sortir le politique des mécanismes du ministère.»

Pour la candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Sonya Cormier, il est urgent de proposer des solutions valides à long terme.

«Mon garçon entre au primaire, il n’a pas d’air conditionné et ça sent la génératrice. Les solutions qu’on a, c’est 20 millions de dollars en gaspillage pour une réponse temporaire.»

Sur la question des CPE, elle s’est portée à faux avec son chef, en indiquant que la prématernelle dès 4 ans sera optionnelle pour les parents qui le désirent et non obligatoire.

Environnement

Sur l’environnement, elle indique que son parti n’a pas vraiment une image de parti écologiste.

«C’est vrai qu’on n’a pas scoré là-dessus dans les derniers jours, avoue-t-elle. Mais quand on souhaite décontaminer les terrains de l’est de Montréal, c’est de l’environnement, le projet Saint-Laurent et l’hydroélectricité, c’est de l’environnement. Tout le monde a l’environnement à cœur.»

Vincent Marissal a rappelé que son parti s’est opposé à l’exploitation du pétrole et que leur cadre économique intègre la transition écologique. Jean-François Lisée a insisté sur le fait que la crise climatique est là et que pour la centaine de petites actions qui pouvaient être faites par son gouvernement, une grande action devrait être faite : celle de l’indépendance du Québec et de «ne pas être représenté par une puissance pétrolière comme le Canada.»

Logement

À une question sur la nécessité de revoir le fonctionnement de la Régie du logement, le candidat solidaire a rappelé que cette administration était un «chien de garde du gouvernement, mais les libéraux lui ont scié les dents.»

«En ne remplaçant pas les fonctionnaires, on va manquer de monde. C’est pourtant un service essentiel pour les personnes démunies.»

Il ajoute, aussi, vouloir contrôler davantage les logements Airbnb.

Pour Jean-François Lisée, les baux devraient être enregistrés dans un registre, afin de pouvoir contrôler les augmentations. Il a aussi soumis l’idée de contrôler les baux commerciaux, afin que «les petits commerçants ne partent pas et se fassent remplacer par les grandes chaines.»

La candidate libérale

Dans la forme, les candidats du PQ et de QS, d’anciens journalistes, ont été à l’aise dans l’exercice. La candidate de la CAQ, Sonya Cormier, a été sans doute la gagnante de la soirée.

Face aux deux vedettes de la soirée, elle a su défendre les positions de son parti et les conjuguer à la réalité de la circonscription avec aplomb.

«Je crois que mon parti est un parti de solutions, avec un chef [François Legault] constructif et bon leader. J’ai voulu me présenter chez moi, malgré le défi qui m’attendait.»

Agata La Rosa, du Parti libéral du Québec, a été la candidate la moins à l’aise lors de ce débat. Hésitante à toutes les questions, elle a résumé ses positions à vouloir «travailler fort et être la porte-voix des Rosemontois à l’Assemblée nationale.»

 

D’autres textes et reportages sur le débat

Lisée appelle les progressistes à faire un vote stratégique 

Jean-François Lisée lance un appel aux progressistes dans Rosemont 

Latest comment

  • Ceux qui brandissent des épouvantails le font parce qu’il ne sont pas de taille.

leave a comment

Publicité