François Croteau, l’heure du bilan

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Le rendez-vous était donné sur le parvis de l’église Saint-Esprit-de-Rosemont, au coin de la rue Masson et de la 5e avenue. François Croteau n’espérait pas voir un signe du destin, mais bien des citoyens, qui l’interpellent sur les feux de circulation ou sur les propriétaires véreux qui délogent des résidents.

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«Ç’a toujours été une préoccupation, insiste-t-il. Si on veut rester en ville et qu’on aime un quartier, qu’on souhaite y demeurer, il faut nous, comme administration, travailler dans la mesure de nos moyens légaux, à aider et accompagner les résidents dans leur choix.»

Son bilan à la mairie, qu’il tient depuis huit ans, sur l’habitation est élogieux, lui semble-t-il. 400 logements sociaux construits, 350 en cours de constructions. Une politique «ambitieuse» de 20% de logements sociaux et de 20% de logements abordables pour les projets de 50 unités et plus. Interdiction des conversions en divisé et bientôt, des permis de rénovation «temporaires» pour éviter les expulsions illégales. «Nous sommes inflexibles dans notre politique. On veut éviter un embourgeoisement sauvage. On veut garder une mixité dans nos quartiers.»

Élu en 2009 sous la bannière de Vision Montréal, François Croteau est passé du côté de Projet Montréal en 2011. Réélu en 2013, il tente la passe de trois, avec l’envie de casser une réputation de maire antivoiture. «On ne veut pas empêcher les gens d’utiliser leur voiture. On veut offrir une alternative pour qu’ils aient envie de laisser leur voiture, en rendant les déplacements plus sécuritaires sans nuire au déplacement automobile.»

Les mesures d’apaisement de la circulation ont toutefois de nombreux détracteurs. Ses adversaires en font du grain sur son dos. François Croteau rappelle toutefois que la ville de Montréal s’en va vers ça.

«Il est temps de changer la mentalité pour dire que la vie d’un humain est plus importante que la vitesse de circulation. À chaque fois qu’il y a un décès de piéton ou de cycliste, tout le monde demande ce qu’on attend pour agir. Et lorsqu’on agit, on dit qu’on prend des mesures contre l’automobile. Je refuse d’être inactif, je refuse le statuquo qui fait que des gens décèdent encore. Même Denis Coderre s’est engagé dans une vision zéro. Il veut mettre toutes les rues à 30 ou 40 km/h partout sur l’ile et il fait un projet pilote dans Villeray où il a mis à toutes les intersections des arrêts.»

Travail d’équipe

Critiqué pour son manque de collaboration avec la Ville centre, le maire sortant ne mâche pas ses mots. «Je trouve ça très ironique. Nous faisons des demandes, déposons des projets à la ville de Montréal, et c’est la ville de Montréal qui accepte ou non. Et là quand on me demande pourquoi le projet n’est pas réalisé, je dis simplement que la ville a dit non au projet. Je ne dis pas que c’est de la faute de la ville. Ils nous ont dit non. La place publique en face de la SAQ, notre projet de 375e de Montréal, sur Beaubien, on a travaillé pendant trois ans sur ce projet et c’est Denis Coderre qui dit non à la fin.»

Le récent docteur en études urbaines continue ainsi à parler de ses collaborations avec la Société de transports de Montréal ou de la Société de développement commercial de la promenade Masson, avec qui il planche sur la construction d’une voie partagée devant l’église Saint-Esprit, dans la même trame que la place Shamrock, à l’ouest du marché Jean-Talon.

Puis il embarque sur ses comités de milieu de vie, qui doivent permettre aux citoyens de participer aux décisions de la ville en amont des projets. «Le citoyen doit faire partie de la solution. La plus grande protection en démocratie à toute dérive, ce sont toujours et encore les citoyens. C’est plus constructif que deux partis politiques qui s’obstinent dans un conseil.»

Sur le modèle des ruelles vertes, ces comités, au nombre de 25 dans tout l’arrondissement, recevront un budget de 10 000$ chacun pour mettre en place des aménagements dans l’espace public. «On va travailler avec des partenaires où les gens vont se réunir, pouvoir travailler sur tous les projets d’investissements de l’arrondissement, dans un processus de codésign. Les citoyens vont venir dès le départ dans le projet. On oblige ainsi la fonction publique d’intégrer dans leur processus le citoyen. Il y aura bien sûr un accompagnement avec des avis d’experts et techniques. On va être des facilitateurs au changement. »

Artères commerciales

François Croteau avoue qu’en huit ans, les choses ne se sont pas forcément améliorées à l’est de Saint-Michel. Que ce soit l’est de Masson ou le district Marie-Victorin, les projets mis en place en huit pour améliorer le sort des habitants n’ont pas eu les effets escomptés. «C’est un travail de longue haleine, ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais on va y arriver.»

La priorité pour le prochain mandat est de revitaliser les artères commerciales de ces secteurs. L’obligation d’avoir des locaux commerciaux sur l’est de Masson est une bonne chose, indique-t-il, car cela donnera une continuité à la rue Masson. Mais pour Beaubien ou Bélanger, il faudra procéder à plus de travaux, afin d’embellir et donner l’envie aux commerçants de s’installer. En attendant de trouver une solution, en collaboration avec le Ville centre, précise-t-il, il faut agir contre ce désert alimentaire.« On veut plus de marchés solidaires dans ces secteurs, mettre en place un projet de marché public dans les parcs, comme celui dans Angus.»

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