François Limoges, l’ambition impatiente

Par -

Il n’aime pas le terme de « rescapé », pourtant, il est le seul à suivre son chef François Croteau dans la course à un troisième mandat. Les autres ont claqué la porte ou sont partis. Lui, reste fidèle à ses convictions, car l’envie est là, l’ambition aussi.

Lire les autres portraits des personnes candidates

Même après huit ans, François Limoges trépigne toujours d’impatience pour changer sa ville et son district, celui de Saint-Édouard. «Ce qui me plait le plus n’est pas encore arrivé, c’est de gouverner Montréal. Je suis à Projet Montréal pour ça, confie-t-il. Je suis très fier du bilan qu’on a dans Rosemont-La Petite-Patrie, mais le but ultime c’est de pouvoir faire des changements à grande échelle avec de grands leviers.»

À la terrasse du café La Brume dans mes lunettes, François Limoges explique militer depuis longtemps. Il rejoint en 1997, à 23 ans seulement, le feu Rassemblement des citoyens de Montréal, une époque où «la politique municipale s’occupait que du déneigement et des poubelles et que ça n’intéressait personne.» Après un décrochage sous les administrations Bourque et Tremblay, il rejoint Projet Montréal en 2006, «un parti citoyen, où les membres peuvent apporter des idées et non un réseau formé autour d’un candidat.»

Des idées, il en a appliqué dans son district. Comme les ruelles vertes aux mains des citoyens, un projet qui a modifié la perception de la ville, un lieu «froid et sinistre, presque violent et désincarné», en comparaison à la campagne «chaleureuse où tout le monde se connait, s’entraide», selon lui. «Les ruelles vertes, ce n’est rien comme investissement, mais ça crée une communauté, c’est extraordinaire. Les gens se connaissent, sortent jouer avec les enfants, s’échangent des jouets, se parlent. J’ai le sentiment du devoir accompli quand je réalise ce que cela a fait.»

«J’ai même déjà assisté à un mariage dans une ruelle verte où tous les voisins étaient invités», se souvient François Limoges.

Pour une place publique

Si les mesures qu’il a prises lors de ses deux derniers mandats le satisfont, François Limoges garde un gout d’inachevé quand on arrive aux abords de la station de métro Beaubien. « Voilà un des projets bloqués arbitrairement par la Ville centre pour des raisons absolument politiques, pour qu’on n’ait pas quelque chose de beau à montrer à la fin du mandat.»

«Ce n’est pas vrai qu’on arrive en 2021 et dire que ça, c’est le cœur d’un quartier central de Montréal, ça n’a aucun sens», lâche-t-il, énervé. Prioritaire et «peu importe qui gagne la mairie de Montréal», le projet est de transformer la portion de la rue Beaubien entre Saint-Denis et Boyer. Élargir les trottoirs, ajouter du mobilier urbain, convertir le stationnement municipal au coin de Boyer en un parc verdi où les résidents et clients de la rue Saint-Hubert puissent s’installer pour boire un café. «On marche depuis Saint-Denis sans avoir vu un espace. Ça, ça doit devenir une place publique animée. Il y a moyen de faire quelque chose de vraiment chouette.»

S’il est si remonté contre la Ville centre, c’est qu’il ne partage pas du tout la même vision de ce qu’est Montréal. La rue Saint-Hubert, qui va connaitre une lourde période de travaux pendant les quatre prochaines années, est l’exemple de la dichotomie entre les volontés de l’arrondissement et de la mairie. « On a convaincu la Ville centre d’investir, mais ils nous ont pondu quelque chose de générique, assez ressemblants à ce qu’on a, et qui ne plait ni aux commerçants ni à la population. C’était pourtant l’occasion de faire quelque chose d’audacieux. Il y a quelques aspects intéressants, en terme de développement durable par exemple, mais les commerçants vont souffrir des travaux. Est-ce qu’on peut s’assurer qu’une fois fini, ça va être au moins génial?»

C’est sûr, si François Limoges avait accès aux grands leviers, il n’hésiterait pas à les utiliser.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>