L’église Saint-Esprit s’enflamme pour la Veillée pascale

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La scène est saisissante : nous sommes à la tombée de la nuit, l’intérieur de l’église est plongé dans le noir, à l’exception d’un impressionnant brasier qui se consume dans l’allée principale. Une cuve métallique, remplie de bûches qui crépitent. « On appelle cela le brasero… tout simplement! » précise Simon Roy, agent de pastorale de la paroisse Saint-Esprit à Rosemont.

La Veillée pascale a lieu ce samedi 15 avril à 19 h 30 à l’Église Saint-Esprit, sur la Promenade Masson. Évènement relativement peu connu du grand public, il s’agit pourtant de « la célébration la plus importante » du calendrier catholique.

La cérémonie qui débute se déroule une fois l’an, la veille de Pâques. Par le nombre de fidèles, on peut dire qu’il y a foule. Beaucoup de têtes grises et blanches, mais aussi de jeunes familles pratiquantes, dont plusieurs néo-québécoises. Des Haïtiens, des Mexicains, des Colombiens.

Si la foule est fébrile, c’est entre autres parce que de nouveaux paroissiens vivront le sacrement de la confirmation ou du baptême : « Cette année, confirme l’agent de pastorale, nous avons 2 enfants d’âge scolaire, 8 adolescents et 7 adultes. » La Veillée pascale, faut-il préciser, est le moment choisi par l’Église catholique pour célébrer le baptême des adultes.

C’est aussi, techniquement, le moment de rompre un jeûne de 40 jours amorcé avec le mercredi des Cendres, début du carême. Un « jeûne » traditionnellement marqué par la privation d’alcool, de viandes et de dessert… « Le carême, ce n’est pas seulement se priver de chocolat! précise l’agent de pastoral. C’est se préparer le cœur pour le tourner davantage vers le Christ. »

Victoire de la lumière sur les ténèbres

À quoi se prépare-t-on au juste, pendant le carême? À la résurrection du Christ, qui se produit, selon la Bible, quelque part dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques. « Ce qu’on sait, explique Simon Roy, c’est qu’aux lueurs du matin, Marie-Madeleine est allée au tombeau et a vu le tombeau vide. [La résurrection du Christ] s’est donc faite avant la levée du jour. »

Voilà pour l’heure tardive de la cérémonie.

« La Veillée pascale est le moment où l’on commémore l’œuvre du Salut [comprendre : Dieu qui nous sauve], poursuit l’agent de pastorale. On revit cette œuvre à travers la lecture des textes fondateurs de la foi chrétienne. Mais aussi à travers les bénédictions du feu et de l’eau. Puis des baptêmes et des confirmations. »

Plus largement, on y célèbre « la victoire de la lumière sur les ténèbres ».

Pendant la cérémonie, le cierge pascal (le symbole du Christ) est allumé à même le brasero. De petits cierges sont ensuite distribués dans l’assistance. Ceux-là sont allumés de proche en proche et, bien vite, un champ de flammes dansantes scintillent dans l’église.

« Le feu est là pour nous rappeler que le Christ est une lumière dans nos vies. C’est la lumière véritable, qui éclaire toutes nos noirceurs, explique Simon Roy. Et puis, comme le dit le prologue, c’est le symbole que sur les ténèbres la lumière a triomphé. »

Une cérémonie moins populaire, mais plus intense que Noël

Comment expliquer que la Veillée pascale soit si peu connue du grand public? Les messes de minuit et du dimanche de Pâques semblent plus populaires, en comparaison.

« Souvent, on voit la Veillée pascale comme la messe longue, explique Simon Roy. Avec toutes les lectures, elle fait presque le double du temps. »

Dans une entrevue accordée l’année dernière au journal Québec Express, l’abbé Pierre Gingras expliquait la différence qu’il percevait entre les deux célébrations :

«À Noël, il y a la tradition, mais la Veillée pascale fait davantage appel à la foi. [C’est] une assemblée de gens qui ont le goût de célébrer l’évènement de la résurrection. »

Selon cette hypothèse, la Veillée pascale s’adresserait finalement à ceux et celles qui vivent leur foi au quotidien, de manière plus intense.

Une messe qui se distingue par sa qualité

Pour Simon Roy, la Veillée pascale se distingue par la qualité de ce qui est proposé. Du côté de la liturgie, mais aussi de l’animation.

« Nous aurons une messe dans le style de notre curé, l’abbé Pierre Rivard, pour ceux et celles qui apprécient son service de Noël. Nous aurons de très beaux chants, avec la participation de la soprano Jacqueline Woodley et du baryton Julien Patenaude, accompagnés au grand orgue. »

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