Le Collège de Rosemont maintient la fermeture de sa piscine (MÀJ)

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Le Collège de Rosemont vient d’annoncer que son conseil d’administration a voté majoritairement pour le maintien de la décision de fermer la piscine du collège le 1er janvier 2017. 

L’Arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie et la Ville de Montréal ont été surpris de la décision du collège de mettre fin aux négociations.

« Pour une fois, on travaillait main dans la main avec Jim Beis, responsable du dossier pour l’administration Coderre, pour sauver la piscine. Ça démontre notre volonté de la sauver. On y croyait et on est triste de cette décision. Mais le collège est libre de décider de l’avenir de ses propres installations, nous n’avons aucun droit de regard », a déclaré le maire François Croteau.

Les deux élus, Jim Beis membre du Comité exécutif de la ville de Montréal de l’administration Coderre et François Croteau ont d’ailleurs envoyé une lettre conjointe au collège (dont nous avons eu une copie) pour faire part de leur profonde déception.

Le député de Rosemont et chef de l’opposition, Jean-François Lisée, est aussi très déçu de la décision du collège. « C’est franchement surprenant que le Conseil d’administration ait décidé d’agir unilatéralement. J’aurai espéré plus de patience. On ne peut que constater le refus d’aller plus loin. Ça prenait un an de plus. Il y a quelques semaines, ça allait, le collège recevait l’équipe de l’Arrondissement et maintenant l’année supplémentaire n’est plus dans les plans ».

RueMasson.com avait dévoilé cette fermeture au printemps dernier. Depuis, de nombreux utilisateurs avaient signé une pétition, et des tentatives de sauvetage avait été tentées auprès de l’Arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie et la ville de Montréal qui s’étaient unis pour aider le collège.

La décision du collège

Le directeur général du collège, Stéphane Godbout a annoncé la décision par voie de communiqué.

«L’annonce de cette fermeture ne se fait pas de gaité de cœur. La décision a été mûrement réfléchie; de nombreux citoyens bénéficient de ces installations aquatiques financées par le Collège depuis plus de 40 ans et des familles la fréquentent depuis plusieurs générations. Nous avons reçu des témoignages à cet égard, avons pris le temps de rencontrer le Comité citoyen pour la sauvegarde de la piscine et avons maintenu des échanges avec les diverses instances interpellées dans ce dossier.»

 
«Je juge très important de faire le point et je tiens à présenter les faits qui ont mené à cette annonce. Notre décision s’appuie sur des évaluations et des analyses rigoureuses réalisées depuis mai 2014 ainsi que sur de nombreux constats, tel un déficit d’opération récurent pour le Collège, un investissement nécessaire de 3,5 M$ pour une mise aux normes, un refus de nos demandes de subvention, une décision de la Ville de ne pas être un partenaire financier, le suivi d’une relance pour un plan de sauvegarde pour la piscine où les garanties pour un respect des échéanciers et des conditions nécessaires pour la sauvegarde n’ont pu être au rendez-vous.»

«Le Collège doit prioriser sa mission éducative et soutenir le développement de ses programmes d’études; le report d’un an de la fermeture de la piscine pour permettre à la Ville d’évaluer l’opportunité de maintenir la piscine ouverte aurait des impacts négatifs majeurs sur ses programmes et son plan directeur des aménagements. Nous sommes au cœur du quartier et nous avons la ferme volonté de maintenir notre présence dans la trame urbaine rosemontoise. Nous proposerons bientôt des projets majeurs, structurants et novateurs pour répondre à la fois aux besoins de nos étudiants et aussi à ceux de la communauté.»

Le blâme sur le ministère de l’Éducation

François Croteau rappelle que si on se retrouve dans cette situation, c’est parce que le ministère de l’Éducation a refusé de payer les travaux. « On avait signé une lettre pour appuyer la demande de subvention du collège. Si on se retourne vers nous quand le gouvernement se désengage, on va devoir payer la rénovation des écoles bientôt? »

Le maire ajoute que le dossier est très complexe. « Le collège n’a pas des fonds infinis et ils ont un nouveau programme de soins infirmiers à mettre en place. Soit le collège installe ce programme dans l’édifice de la piscine ou construit un nouveau bâtiment. Le collège nous demandait de compenser la construction de cet édifice. C’était impossible pour nous ».

« Les clauses du bail étaient très exigeantes. Le collège nous demandait de payer la location et une compensation pour la construction du nouveau bâtiment. Ça aurait coûté 4 à 5 millions de dollars et un loyer de 50 000 $ par année. C’était inacceptable. On était prêt à payer les rénovations et l’entretien, mais pas le loyer », explique François Croteau, qui avait bon espoir que les négociations aboutissent quand même.

Le député avisé par les citoyens

Jean-François Lisée souligne qu’il a été avisé tard de cette fermeture, par des citoyens et non par la direction du collège. « J’aurai aimé que le college parle aux élus avant ça. Dans le cas de l’agrandissement de Saint-Albert-le-Grand, on n’avait pas de financement, et on l’a obtenu, car on s’est mobilisé », rappelle-t-il.

Il comprend que le Cégep utilisait peu la piscine et qu’il veuille l’utiliser à d’autres fins. « Mais sa responsabilité sociale aurait été de mobiliser les élus pour trouver du financement supplémentaire. Ils ont réfléchi en fonction des intérêts du Cégep et pas en fonction de la communauté », ajoute le député de Rosemont.

4 commentaires à Le Collège de Rosemont maintient la fermeture de sa piscine (MÀJ)

  1. C’est complètement dingue – on évoque la promotion de la santé, la lutte contre l’obésité et la vie sédentaire chez les jeunes, et on ferme une piscine utilisée non seulement par les cégepiens et le personnel du Cégep, mais également par la population du quartier. La sante ne passe pas uniquement par les « super-hôpitaux ».

  2. Robert Dion

    Un ratage complet! Le Collège, l’arrondissement et la Ville sont à blâmer dans cette affaire. Une chose qui aurait dû aller de soi : sauvegarder une piscine pour 3,5 millions au lieu d’en construire une nouvelle dans quelques années pour plus de 20 millions, a capoté en raison du manque de vision des uns et des autres. Et c’est la population à l’est de Saint-Michel, déjà mal desservie sur tous les plans, qui va écoper.

    Au lieu d’une piscine qui contribue à la prévention de la maladie et à la sécurité aquatique, nous aurons une clinique communautaire. Un pas de plus dans la conversion du Québec en un vaste hôpital…

  3. Jocelyne Boulais

    Une piscine jetable

    En effet, Rosemont-la Petite-Patrie va perdre la piscine du Collège de Rosemont, la seule de l’arrondissement située à l’est du boulevard St-Michel. Comment en sommes-nous arrivés là?

    Chose certaine, cette piscine n’est pas sous-utilisée, bien au contraire!. Pendant près de 30 ans, deux générations de résidants du quartier ont appris à nager, ont obtenu leur brevet de sauveteur, se sont entrainés et ont travaillé à cet endroit. Des écoles, des CPE, des clubs de natation et de canoë-kayak, un centre de physio y louent des plages horaires. Depuis 20 ans, des milliers d’enfants des camps de jour en ont profité pour se rafraîchir et s’initier à la natation. Plus qu’une piscine, ce lieu est devenu un milieu de vie et un exemple du vivre ensemble pour plusieurs.

    Cette piscine, l’une des plus belles du quartier, a été construite dans la foulée des Jeux olympiques de 1976. Elle montre des signes de vieillissement et nécessite, comme toute infrastructure de 40 ans, une mise aux normes évaluée à 3,5 millions, que le Ministère de l’éducation a refusé de subventionner. Vivions-nous dans une société où même une piscine est considérée comme un bien jetable ? Si oui, c’est honteux!

    La direction du Collège de Rosemont n’est pas prête à mettre une telle somme dans un équipement peu utilisé par sa clientèle étudiante. Elle préfère investir dans son développement pédagogique et sa mission. Cependant, consciente de l’Importance de cette piscine pour la communauté, elle a demandé, deux fois plutôt qu’une, la collaboration de l’arrondissement pour la sauver. En 2015, l’arrondissement a rejeté du revers de la main cette offre. Au printemps 2016, les utilisateurs se sont mobilisés en apprenant ce qui se tramait à leur insu. Le comité pour la sauvegarde de la piscine a recueilli 3000 signatures sur une pétition, il a fait des représentations auprès des principales instances municipales, pressant les élus d’agir rapidement et avec détermination. Le Collège avait fixé un échéancier qui n’a jamais été respecté.

    Très vite, nous avons constaté que les démarches traînaient en longueur. Les citoyens ont fait pression à plusieurs reprises et par tous les moyens à leur portée pour faire bouger les élus de l’arrondissement. Ce dossier a été traité à la légère par les élus et si la piscine ferme aujourd’hui, ils en sont en grande partie responsables. Au départ, ce dossier était gagnant : le Collège démontrait de l’ouverture, la mobilisation citoyenne était exemplaire, il y avait possibilité de répartir les coûts entre la ville et l’arrondissement. Ce qui a fait défaut : la détermination, la diligence et le leadership des élus, que nous n’avons jamais sentis depuis juin dernier. Je suis bien placée pour le savoir, car j’ai participé activement à toutes les démarches du comité. Je suis scandalisée qu’on mette aux rebuts une piscine, comme s’il s’agissait d’un vieux stylo BIc.

    Dans cet article, tous les acteurs de ce dossier se disent attristés. Des larmes de crocodiles, rien de plus. Messieurs, car si vous aviez réellement voulu sauver cette piscine, vous y auriez mis plus de cœur ! Ce n’était quand même pas la mer à boire…mais il n’y avait pas de ruban à couper devant les journalistes.

  4. Robert Dion

    Quelques nageurs et moi avons aujourd’hui « fermé » la piscine… C’était la dernière journée d’ouverture avant la fin… Impression, à regarder une dernière fois ce si bel équipement voué à la démolition, d’un gâchis immense…

    Le Québec aurait sans doute moins besoin de bâtisseurs mégalomanes, qui tiennent à laisser leur marque dans la pierre, que de gens plus humbles, qui seraient simplement heureux d’entretenir ce qui existe (petit message au directeur du Collège, ici)…

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