Cinq pièges à éviter en achetant dans Rosemont

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Le béton des fondations qui s’effrite, la brique qui menace de tomber, la plomberie qui fuit. Voici tout ce que vous voulez éviter en achetant un vieux plex dans Rosemont.

1) Mauvais béton

Le parc immobilier de Rosemont-La-Petite-Patrie compte énormément de bâtiments des années 1920 à 1940. Ce sont les premières décennies du béton à Montréal. Y’en a du bon comme du mauvais.

Si ce n’est que la surface qui s’effrite, pas de problème. Mais si on peut facilement y enfoncer la pointe d’un tournevis, le béton est à remplacer en tout ou en partie, à coups de milliers de dollars. Vérifiez bien autour des portes et fenêtres de sous-sol.

2) Brique fatiguée

La brique et le mortier forment un parement très durable. Rendus à 90 ans, cependant, il ne faut plus trop leur en demander.

Le mortier peut être devenu friable; le rejointoiement règlera le problème. Si la brique s’est décrochée et déplacée vers l’avant, il faudra démonter le mur et le remonter. La facture est plus salée. Réparer un ventre de boeuf qui fait toute la largeur d’une façade peut coûter facilement 8 000 $.

Un truc pour reconnaître un ventre de boeuf : la fenêtre reste en place, les scellants autour se déchirent et l’épaisseur visible de la brique varie entre le haut et le bas de la fenêtre.

Entrées d'eau dans un édifice multilogement. PHOTO : André Dumont/RueMasson.com

Entrées d’eau en plomb dans un édifice multilogements. PHOTO : André Dumont/RueMasson.com

3) Plomberie désuète

On retrouve dans Rosemont-La-Petite-Patrie encore beaucoup d’entrées d’eau qui n’ont jamais été changées (prévoir de 1500 $ à 3000 $). Celles en plomb sont durables, mais on déconseille la consommation d’eau aux femmes enceintes et aux nourrissons. Celles en acier galvanisé rouillent de l’intérieur. Tôt ou tard, il y aura baisse de pression et eau rougeâtre.

Les conduites d’égouts en fonte ou en terre cuite ne sont pas éternelles. La partie horizontale, au sous-sol, sous la terre et sous la rue peut s’obstruer ou se briser. Heureusement, depuis l’an dernier, l’arrondissement prend en charge la portion des travaux sous la rue. Prévoir quand même de 8 000 $ à 15 000 $.

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4) Rénovations douteuses

Au fil des ans, un vieil immeuble peut avoir subi des travaux de mauvaise qualité. C’est le rôle d’un bon inspecteur en bâtiment de démasquer les fenêtres changées par le propriétaire plutôt que par un entrepreneur, les terrasses conçues par un beau-frère et les renforcements de structure « artisanaux » au sous-sol.

Autres signes de rénovations de calibre amateur : carreaux de céramique fissurés, espaces entre les lattes de bois d’un plancher récent, surabondance de scellant de silicone dans la douche, rampe de terrasse branlante.

5) Carrément désuet

Les propriétaires de longue date ont tendance à bien vivre avec un toit tellement vieux qu’on a oublié l’âge, des fenêtres qu’on finit par ne plus jamais ouvrir, de l’électricité des années 1930 et une fournaise au mazout presque aussi vieille.

Tous ces éléments sont désuets. Ils minent l’efficacité énergétique de la propriété. Certains assureurs pourraient exiger leur remplacement. C’est beau les antiquités, mais à la revente, ça n’a aucune valeur.

André Dumont est inspecteur en bâtiment et chroniqueur

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