La mère de Justine Charland St-Amour veut que les élus améliorent la sécurité des cyclistes

Par -

Justine Charland St-Amour est décédée après avoir été frappée par un camion qui tournait à droite coin Iberville/Rosemont le lundi 22 août dernier. Un vélo fantôme sera installé à l’intersection ce vendredi 2 septembre à 8h00.

La mère de la jeune femme de 24 ans, résidente du Vieux-Rosemont depuis 10 ans, y sera présente. Elle a contacté RueMasson.com et demandé à nous rencontrer pour faire changer les choses. Car elle ne veut pas que la mort de sa fille soit vaine, elle veut que les élus fassent quelque chose pour améliorer la sécurité des cyclistes.

J’ai perdu Justine, rien ne la fera revenir. Mais ça arrive trop souvent, ça n’a pas de bon sens. Il faut que ça soit une leçon. On n’est pas le Danemark, ce n’est pas pareil, mais il faut que ça commence quelque part. -Martine Charland.

Elle ne sait pas pourquoi sa fille a pris Iberville. « On ne comprend pas ce qu’elle faisait là, car elle restait sur Molson, mais peut-être qu’elle allait à la pharmacie ».

Malentendante, Martine Charland est un peu stressée par la cérémonie du vélo fantôme à venir vendredi. « Je n’avais pas pensé que je serai exposée aux médias et je n’entends pas ». Mais elle veut agir pour la mémoire de sa fille.

Justine avait le don de rassembler les gens et de faire changer les choses. C’était une fille de groupe-Martine Charland.

Des photos lui apprennent la mort de sa fille

Martine Charland a appris la mort de sa fille en voyant les photos publiées dans les médias et les réseaux sociaux. Ses chaussures noires d’abord, puis le vélo lui ont confirmé l’horrible nouvelle. Les policiers sont arrivés plus tard chez elle (une deuxième tentative, elle ne les a pas entendus lors de leur première visite) pour lui confirmer la mauvaise nouvelle.

Elle avait vu la nouvelle de l’accident sur RueMasson.com, mais ne pensait pas que c’était sa fille. « Quand j’ai vu votre publication, je n’ai eu aucun pressentiment ». La photo que nous avions publiée ne montrait pas le vélo.

Martine Charland a vu des informations supplémentaires sur l’accident et l’âge de la victime dans les commentaires sous notre publication. C’est alors qu’elle a commencé à chercher d’autres informations sur l’accident et a vu d’autres photos puis un reportage montrant le corps, les chaussures et l’arrière du vélo qu’elle a clairement reconnu.

Elle s’en veut un peu. « Je n’ai même pas senti que ma fille était morte », lance-t-elle.

Des témoignages qui font du bien

Une femme témoin de l’accident a rencontré Martine Charland sur les lieux. Elle lui a souligné qu’elle avait vu Justine tomber et qu’elle n’avait pas souffert, qu’elle était tellement belle.

Martine Charland tient à la remercier. « Elle avait une voix chantante du sud, elle était vraiment gentille. Elle était avec son petit bonhomme et ça m’a vraiment réconfortée ».

Elle remercie aussi toutes les personnes qui ont laissé des mots sur les lieux de l’accident. Les pensées et mots d’encouragement lui ont fait du bien.

Des commentaires qui font mal

Martine Charland a aussi lu les commentaires sur RueMasson.com et dans les autres médias, puis a arrêté, ça lui arrachait le coeur. Elle a arrêté de regarder et lire les nouvelles, ça lui faisait trop mal.

Elle a trouvé très difficile de lire des gens qui rendaient presque sa fille responsable de l’accident, qui faisaient 1001 et une suppositions et qui ciblaient les cyclistes.

Martine Charland a apprécié la chronique de Patrick Lagacé samedi dernier dans La Presse+ qui parlait d’irréductibles anti-cyclistes. «Voyez sur Facebook ces vidéos faites par des tatas qui se vantent de leur détestation du cycliste. Qui se filment, même, frôlant des cyclistes, les injuriant », écrivait-il.

L’affaire du casque

En terminant l’entrevue, Martine Charland a voulu revenir sur le fait que sa fille ne portait pas son casque et les commentaires qui l’ont mentionné.

« Justine le mettait plus souvent ces derniers temps, elle le portait les 3/4 du temps, mais pas ce matin-là. Elle a dû oublier. Est-ce que ça aurait changé quelque chose? J’en doute. Le camion l’a harponné. Si elle avait eu le casque, elle s’en serait peut-être sortie, mais dans quel état? J’ai beaucoup pensé à Isabelle Richer aussi qui serait morte sans le casque, mais bon, on ne peut pas savoir ».

Le casque oui, mais ce n’est pas le principal. C’est ça que je voulais dire. -Martine Charland.

Une famille de cyclistes

Martine Charland, son conjoint Bernard Pelletier et Justine Charland St-Amour sont des cyclistes. Le vélo est leur moyen de transport. « On est trois cyclistes. C’est notre culture. Justine prenait mon vélo de route. Elle l’a pris il y a trois semaines pour aller chez son père à Longueuil », raconte-t-elle.

Là je suis traumatisée. Il va falloir que je remonte sur mon vélo, mais je ne suis pas encore prête – Martine Charland.

Une vie chamboulée

Évidemment, la vie de Martine Charland est totalement bouleversée depuis la mort de sa fille. Celle de ses proches aussi : la soeur de Justine, son père, son beau-père, les amis. Pour la première fois de sa vie, elle doit prendre des somnifères pour dormir. Elle a eu droit à 3 jours de congé de son travail, mais est en vacances, car elles étaient prévues.

Elle a aussi du mal à comprendre les matchs de tennis du tournoi des États-Unis alors que c’est l’une de ses passions. Regarder la télévision et lire le sous-titrage la fatigue. Même son autre passion, la lecture est difficile. Elle venait d’acheter un livre de circonstances, Le naufrage de Biz. Une semaine après le décès de sa fille, elle a recommencé à lire tranquillement. « Un roman qui fait mal, mais j’en ai besoin, ça m’aide à oublier ma douleur ».

La famille attend maintenant la fin de l’enquête et le rapport du coroner dans les prochains mois.

Photo de Justine Charland St-Amour fournie par la famille.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>