Opposition au projet mixte dans Angus : le maire Croteau déçu et préoccupé

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Le projet de construction mixte dans Angus, proposé par l’organisme sans but lucratif la Société de développement Angus (SDA), sera modifié à cause de l’opposition des résidents voisins. La consultation publique du 30 mai a été annulée et le projet sera représenté à une date ultérieure.

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Les principales craintes, la hauteur du projet qui dépasse de 3 mètres la hauteur autorisée par le zonage, et le stationnement.

Le maire François Croteau est déçu de l’opposition puis ce projet mixte à trois usages permettait d’avoir « un vrai quartier intégré qui pouvait donner l’exemple. Le conseil d’arrondissement a voté à l’unanimité la résolution l’autorisant, c’est donc que nous considérons que le projet rencontrait nos critères. D’autant que c’était la première fois qu’on avait un projet aussi ambitieux au niveau d’intégration, inclusif et écologique », explique le maire en entrevue.

« Je suis déçu, mais la population a tous les droits de s’exprimer. C’est la démocratie. Il est important que les citoyens puissent le faire » – François Croteau

Une première opposition à un projet résidentiel

Le maire souligne que c’est la première fois qu’un projet résidentiel fait face à une si solide opposition des citoyens. Le projet voisin sur Mont-Royal n’a fait face à aucune opposition des résidents voisins ni celui sur Molson face au parc du Pélican.

« C’est la première fois qu’on a une opposition. Alors qu’on a un projet avec un concept environnemental unique, qui représente tout ce qu’on veut depuis des années. C’est un projet exemplaire et c’est le seul qui déraille. Pour les autres projets on a travaillé très fort pour les faire modifier et ils ont passé comme des lettres à la poste sans problème. Quel genre de ville veut-on se donner? », se questionne le maire.

Garder la vue sur le Mont-Royal

Plusieurs citoyens sont donc défavorables à certains critères, dont la hauteur de 8 étages. Ils soulignent que lors de la première présentation du projet, on parlait de 4 étages, pas de 8 étages. Ils ont donc été surpris. « La SDA n’a jamais mentionné les 8 étages. Le projet est trop gros. Je suis déçu. La consultation aurait dû se avant la grogne, pas après. Bref , l’ampleur du projet risque de compromettre ce qui a été réalisé jusqu’ici dans les Shop Angus soit une banlieue en ville qui attire les familles », explique un résident Marc-Olivier Defoy.

Sur le groupe public Facebook Ma communauté Angus, plusieurs résidents ont aussi expliqué leur opposition à cause de la hauteur, de la circulation et du stationnement. Soulignant que les gens qui s’y opposaient en émettant des commentaires désobligeants étaient minoritaires.

Le maire Croteau explique que la hauteur de 8 étages est une question de perception. Car normalement la hauteur autorisée dans ce secteur est de 22 mètres. On avait permis de dépasser cette limite de 3 mètres pour un 25 mètres. « Le zonage actuel autorise 20 mètres, mais cela n’inclut pas l’équipement électrique et la mezzanine. Le nombre d’étages ça ne veut pas dire plus haut. On avait travaillé à créer une modulation des hauteurs pour avoir des vues sur le Mont-Royal, on avait des ouvertures, des voies publiques, des places. Ce n’était pas 25 m partout », explique-t-il.

Le PDG de la SDA, Christian Yaccarini, avait expliqué la même chose à RueMasson.com lors d’une entrevue avant le report du projet. Pourquoi vouloir une hauteur supplémentaire? Pour augmenter la densité et baisser le prix des logements de 3 chambres afin de permettre à des familles de la classe moyenne d’acheter à Montréal. « On fera beaucoup de 3 ou 4 chambres à coucher mais pour le sortir à un prix abordable je dois avoir de la hauteur. La densité permet ça », expliquait Christian Yaccarini.

Ce dernier ajoutait que le projet n’aurait pas 8 étages partout, il y aurait aussi du 6 étages. « Si on se limite à 4 étages, on ne sera pas capable d’avoir de l’abordable et ça sera des maisons à 500 000$ ».

Marc-Olivier Defoy s’inquiète aussi des problèmes de stationnement engendré par ce projet. « Nous avons déjà des problèmes de stationnement ainsi que les entreprises avoisinantes. Le Provigo(Loblaws) a aussi des problèmes de voitures itinérantes qui ne magasinent pas au Provigo ».

Le projet inclut un stationnement souterrain de plus de 500 places.

Un maire préoccupé par des commentaires désobligeants

Si la majorité des citoyens sont opposés au projet à cause de sa hauteur et des problèmes de stationnements envisagés, d’autres s’inquiètent de la venue de personnes moins nanties, de la baisse de valeur de leur condo, de la présence d’enfants et d’immigrants dans le parc.

« Je considère ce genre de commentaire choquant et inacceptable et j’en suis préoccupé », ajoute le maire.

Le maire souligne aussi qu’il navrant que des gens, lors de la soirée, se soient opposés à l’école, car elle amènerait plus de bus, plus d’achalandage, plus d’enfants qui crient dans le parc Jean-Duceppe. Il maintient le besoin essentiel d’avoir une école dans le quartier.

« Fait-on un parc pour le regarder et pour ne pas pour y profiter? », se demande-t-il.

Il ajoute que l’arrondissement a souvent des plaintes de bruit dans ce parc.

Une opposition dénoncée

L’opposition des résidents a engendré des réactions sur les médias sociaux. Le chronique de la Presse et résident de Rosemont, Vincent Marissal n’a pas maché ses mots sur Twitter.

Pierre-Yves Mc Sween, aussi résident de Rosemont en parle dans une texte dans La Presse : « Les médias s’indignent-ils ? Il n’y a eu aucun saccage, aucune peinture dans les vitres du promoteur, mais on a utilisé les consultations publiques et la menace de s’opposer au projet par l’entremise de règlements d’urbanisme pour le faire avorter dans sa mouture actuelle. On a contesté le désembourgeoisement potentiel du quartier. Ce coin de Montréal est si homogène qu’il pourrait être utilisé comme décor pour une suite au film Bienvenue à Pleasantville.»

Marc-André Carignan a aussi parlé du phénomène Pas dans ma cour dans une chronique dans le journal Métro.

4 commentaires à Opposition au projet mixte dans Angus : le maire Croteau déçu et préoccupé

  1. Pierre G

    Suite à l’ouverture de la rue Mont-Royal jusqu’à Molson la circulation déjà dense aux heures de pointe a considérablement augmentée. Mont-royal, William Tremblay et aussi la 5e avenue servent de raccourci pour éviter tous les feux de circulation, parfois très longs, sur St-Joseph, St-Michel et Rachel. On imagine que l’arrivée de 500 logements augmentera aussi la densité du traffic. L’attrait quartier résidentiel et respectueux des piétons en prends un sérieux coup. (toujours pas de marquage pour passage piétons autour du parc Jean-Duceppe). La peur des étrangers et des enfants sont des diversions pour ne pas parler des vrais défis de planification qu’exige une telle densification. Il y a plein d’enfants et une belle diversité ethnique à Rosemont et nous en sommes fiers. Enfin personne n’a promis que la vue exceptionnelle sur le Mt-Royal serait conservée. C’est dommage car c’est une des rares vues sur l’ensemble des trois sommets qui sera réservée à ceux qui achèteront les condos en hauteur du bon bord du projet.

  2. S’il y a trop de circulation automobile, il faut prévoir une meilleure desserte en transports collectifs. À quand le retour du tramway?

    Je n’ai pas d’opinion sur la hauteur des édifices de ce complexe parce que je n’habite pas le secteur (j’habite la Petite-Italie, donc dans le secteur Petite-Patrie de l’arrondissement) mais le volet logement social du projet est essentiel.

  3. Stéphan Dussault

    Est-ce que le vrai problème ne serait pas l’homogénéité qu’on a créé dans les shops, avec toutes ces maisons de villes assez luxueuses? Je pose la question, je n’ai pas la réponse. Maintenant qu’on veut la mixité, et je suis le premier à être d’accord avec ce projet, et son école bruyante (!), on semble subir les contrecoups des décisions du passé. Dommage. À première vue, ça semble un beau projet.

  4. geotrad

    La proposition d’offrir des logements «abordables» pour favoriser l’acceptation sociale d’un projet de développement a ses limites dans des secteurs aussi gentrifiés que le quartier Angus. Abordables pour qui et à quel prix? Essayez de vendre l’idée à Outremont ou à Westmount pour voir.

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