Chauffer et climatiser en utilisant le sous-sol des ruelles

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L’Arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie est le premier bailleur de fond de l’étude de faisabilité d’un projet de système de géothermie dans les ruelles, qui pourraient alimenter en énergie (chauffage et climatisation) les logements adjacents.

L’Arrondissement investit 10 000 $ dans cette étude qui en coutera 100 000 $. La Fédération canadienne des municipalités sera approchée pour investir 50 000 $. Il restera 40 000 $ à trouver. « La clef du montage financier venait de l’Arrondissement », a souligné le maire François Croteau.

Le projet est porté par des citoyens de la ruelle verte entre les rues Chabot-Beaubien-de-Bordeaux et Bellechasse. C’est l’un des résidents de cette ruelle, Bertrand Fouss, qui a eu cette idée et a créé l’organisme à but non lucratif Solon qui porte le projet.

L’étude de faisabilité durera 1 an. « Si c’est un succès, le projet pilote se fera dans la foulée, donc on commencera à creuser en 2018 », prévoit Bertrand Fouss.

Comment l’arrondissement justifie cet investissement, alors que les rues et les trottoirs ont besoin de réparations? « Il y a toujours plein de choses à faire pour une administration. Il faut choisir ses priorités. Le développement durable est notre priorité. Ça ne nous empêche pas de faire les opérations de nids-de-poule, car le 10 000 $ va être pris dans les surplus de l’Arrondissement qui ne sert pas à payer les opérations. L’impact est nul sur tous les autres travaux », explique le maire Croteau.

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Le coût de la géothermie

La géothermie permet d’utiliser la chaleur du sol en hiver et sa fraicheur en été pour chauffer et climatiser les logements. C’est aussi une technologie qui coute chère, car il faut creuser des puits assez profondément dans le sol. « L’une des questions centrale qu’il faudra se poser, c’est le financement. Comment va-t-on financer ça? Qui va payer? Quel est le modèle économique? », admet Bertrand Fouss.

Le maire Croteau ajoute que de tels systèmes existent en Europe, en Allemagne, en Suède. « Ça ne s’est jamais fait au Québec et surtout pas dans une ruelle. Mais beaucoup d’ingénieurs et spécialistes ont été consultés. On est très enthousiasmés par ce projet. On fonde beaucoup d’espoir dans ce développement. Imaginez si on est capable de produire de l’énergie localement et devenir auto-suffisant ».

Pour chaque ruelle, il faudra creuser des puits à plusieurs endroits, peut-être 2, 3 ou 4 pour fournir l’énergie pour toutes les édifices par un système de tuyaux à l’horizontal.

Par ailleurs, le coût d’implantation de la géothermie pour une seule résidence en ville peut être astronomique et monter à 100 000 $ à cause de la difficulté de creuser dans des espaces restreints. Parfois, le manque d’espace empêche toute installation.

Ce projet pourrait permettre d’offrir la géothermie à des citoyens qui, sinon, n’y auraient pas accès. « On le voit comme un investissement, car éventuellement l’ensemble des citoyens pourront en bénéficier et y avoir accès, surtout ceux qui n’en ont pas les moyens. 10 000 $ pour aider à implanter un tel projet, c’est peu. », ajoute le maire Croteau.

Le système de géothermie pour une résidence unifamiliale. Photo : RueMasson.com

Le système de géothermie pour une résidence unifamiliale. Photo : RueMasson.com

Un réseau de géothermie

L’idée est d’utiliser les ruelles pour y creuser et y installer des réseaux pour la géothermie dont pourront bénéficier les citoyens de la ruelle et les commerces ou institutions. « On pourrait l’étendre partout où il sera possible de creuser assez profondément dans le sol. Évidemment, ça ne sera pas possible partout, comme autour du réseau de métro », a souligné le maire François Croteau.

Les principales maisons visées sont celles chauffées au mazout ou au gaz (ou avec de vieux radiateurs à eau), car leur système de tuyauterie permettra une installation de la géothermie plus facilement. « Ce sont les logements que nous visons en premier », explique Bertrand Fouss.

Pour les citoyens qui chauffent à l’électricité, c’est différent, car l’installation d’un système de tuyauterie pour la géothermie sera beaucoup plus couteux et nécessitera d’importants travaux.

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Développer d’autres projets collaboratifs?

Avec ce premier projet, Bertrand Fouss rêve tout haut et voudrait que ça soit le début de la création d’autres projets en mobilité urbaine et énergies vertes dans les ruelles. « On peut envisager de faire de l’efficacité énergétique au niveau de la ruelle ».

4 commentaires à Chauffer et climatiser en utilisant le sous-sol des ruelles

  1. Sans se lancer dans une étude de 100 000 $ , il doit certain y avoir une façon plus économique de connaitre la viabilité du projet en connaissant la nature du sol. Car j’habite dans la ruelle voisine ( ruelle Delorimier-de Bordeaux, et je peux vous dire que je suis construit sur du rock. (Impossible de creuser ma cave d’avantage), alors j’imagine mal le coût de creuser 250 pieds de profondeur.
    Le cout d’une analyse de sol ou la consultation de document pourrait surement valider le projet, dans un premier temps.
    Je vois plus la viabilité d’un projet de géothermie dans une quartier neuf ou les maison seraient construites en conséquence plutôt que de penser à de ‘’pimper’’ des vieilles résidences de presque 100 ans !

    Bonne chance à nous tous, en espérant que notre 10 000 $ soit dépensé judicieusement.

  2. Jacques G.

    Ce n’est pas nécessaire de creuser profond. En 2010, un système géothermique a utilisé la chaleur des égouts pour chauffer le village olympique a Whistler en Colombie Britannique. Les citoyens déversent une quantité considérable d’eau chaude dans les égouts via le lave-vaisselle, la lessive et les douches.

    https://ashrae.org/resources–publications/periodicals/ashrae-journal/features/sewage-plant-heats-village

    Une autre option attrayante, pour le Québec serait d’utiliser le Fleuve St-Laurent comme source d’énergie Geothérmique. Actuellement, nous avons des espèces invasives qui apparaissent dans le fleuve à cause du réchauffement planétaire. Si la chaleur excessive du fleuve récoltée en été était utilisée pour le chauffage, ceci ralentis serai l’évaporation du fleuve & grands lacs. Cette approche a aussi l’avantage de ne pas causer de tremblements de terre.

    http://www.swissinfo.ch/eng/renewable-energy_how-to-get-heat-from-the-bottom-of-a-lake/41700430

    https://thefutureofsherman.wordpress.com/2010/03/11/geothermal-energy-how-exactly-does-that-lake-heat-and-cool-the-hospital/

  3. Bravo Jacques,
    Votre commentaire démontre une vision globale et est très pertinent.
    Avec cette approche j’embarque à 100 % dans une étude, même s’il fallait dépenser le double.
    Utiliser l’inertie thermique du fleuve serait effectivement une première étape à considérer.
    J’espère que nos élus liront votre commentaire et apporteront des correctifs au projet de la ruelle Chabot-Bordeaux.

    Daniel P

  4. Guy Tremblay

    Bravo pour vos commentaires très intéressants. Cependant, si vous trouvez qu’une étude de faisabilité à 100 000 $, c’est cher, attendez de voir combien coûterait une étude pour utiliser la géothermie du fleuve ! Un projet génial, certes, mais. combien plus complexe à réaliser. Le projet de géothermie dans la ruelle a l’avantage d’être relativement facile à réaliser, à court terme. En fait, seule une étude de faisabilité bien faite permettra de savoir si c’est un projet avantageux ou non, du point du vue du rapport coûts-bénéfices.
    Et je suppose que les proprios de cette ruelle impliqués dans le projet ont sûrement déjà vérifié s’ils sont sur du roc avant d’entreprendre toutes ces démarches.

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