Libre choix : des élèves devront retourner dans leur école de quartier

Par -

Plusieurs élèves des écoles primaires de Rosemont qui sont actuellement en libre choix dans une autre école que leur école de quartier devront y retourner à la rentrée prochaine. Une forte augmentation des inscriptions dans les écoles rosemontoises est la cause de ces changements.

À lire aussi : 

Les directions d’école ont annoncé cette semaine la mauvaise nouvelle aux parents concernés. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) dit être obligée de prendre cette décision à cause de la surpopulation dans les écoles primaires de Rosemont et le fait qu’aucun dépassement n’est permis par la convention collective lorsqu’il y a des élèves en libre choix. 

En raison de compressions budgétaires, la CSDM doit couper 18 millions dans son budget.

« Comme les formations des groupes posent problème à cause de la surpopulation, on s’est entendu avec la CSDM qu’il pouvait y avoir des raisons pour dépasser les maximums : la fratrie en est une. On ne veut pas séparer les familles. Il peut y avoir aussi un problème de manque de locaux ou un service spécifique offert dans une école. On s’entend sur ces motifications de dépassement. Le libre choix n’est pas un motif de dépassement, sinon on pourrait dépasser tout le temps les maximums d’enfants par classe. Le libre choix, c’est un privilège », explique la présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, Catherine Renaud.

Le commissaire scolaire de Rosemont, Jean-Denis Dufort explique que cette décision n’a pas été prise de gaieté de coeur. « C’est clair, il n’y a pas de choix, c’est un dernier recours, ce n’est pas pour faire des économies de bout de chandelle, c’est une affaire de contrat de travail. Comme nos écoles débordent, on est obligé de les retourner dans leurs écoles de quartier dans presque toutes les écoles », explique-t-il.

Il ajoute que ces décisions sont annoncées maintenant afin d’éviter les déplacements d’élèves en catastrophe lors de la prochaine rentrée scolaire. « On a demandé à notre administration de s’y prendre à l’avance pour préparer l’organisation des groupes et ensuite informer les familles dont les enfants en libre-choix devront retourner dans leur école de quartier ».

L’an dernier, le problème des élèves en libre choix relocalisés s’était posé au début de l’année scolaire. C’est pour éviter de tels changements au dernier moment que la CSDM s’y prend plus tôt cette année.

Des parents pris au dépourvu

L’une des mères d’un enfant de l’école Sainte-Bibiane qui devra retourner à son école de quartier en septembre prochain explique que ça sera un déchirement pour son enfant. « Mon fils fréquente cette école depuis 3 ans. Son frère ainé a fréquenté cette école pendant 7 ans. Il a, bien sûr, acquis un beau groupe d’amis, mais il a surtout pu croitre et s’épanouir dans cette école avec des enseignants et des éducatrices qui ont à coeur son cheminement. C’est son école! Et maintenant, on doit lui dire que la CSDM a décidé qu’il n’a pas d’appartenance à Sainte-Bibiane et qu’il représente un numéro qui doit désormais se retrouver à Saint-Jean-de-Brébeuf », s’insurge Sylvie Lavoie, qui habite à mi-chemin entre Sainte-Bibiane et Saint-Jean-de-Brébeuf.

« Nous sommes très conscients de l’impact d’un déplacement sur la vie des familles et sur les élèves, sans compter que les élèves retournés dans leur école de quartier déjà pleine forceront dans certains cas le déplacement d’autres élèves dans leur école de quartier. Malheureusement, la CSDM est tenue de respecter les clauses de la convention collective », ajoute Jean-Denis Dufort.

Catherine Renaud souligne que la convention collective n’est pas seulement signée par le syndicat, mais est une entente entre deux parties, donc ici avec la CSDM.

La présidente du conseil d’établissement de Sainte-Bibiane, Catherine Richer, souligne être estomaquée de cette nouvelle.  Elle ajoute que les parents concernés seront reçus ce mercredi soir lors de la réunion du conseil d’établissement pour les entendre et leur donner plus d’information.

« Nous n’avons pas été consultés. Ce soir on reçoit des parents. Des actions seront prises. Ça nous dégoute, on est tous des parents. Ce sont des enfants qui seront déracinés », lance-t-elle.

« Je comprends la frustration, ce n’est pas rien de sortir un enfant de son milieu. Malheureusement, on n’a pas vraiment d’autre choix », ajoute le commissaire scolaire.

« N’oublions pas que ces enfants de l’école Sainte-Bibiane ont déjà subi un déménagement, et qu’il y en a plusieurs qui ne sont pas encore confortables et en confiance dans leur nouvel environnement. En un an, ont a bousillé leurs repères. Et on se prépare à les chambouler encore une fois. Mon enfant est une case ou un cube. Et alors qu’il devrait être au centre des préoccupations des gens à qui nous les prêtons, nous nous retrouvons plutôt avec des cadres qui se concentrent plutôt sur la ligne, la colonne et le chiffre. Au diable la stabilité, la sécurité et la logique », ajoute Sylvie Lavoie.

« Dans le cas de Rosemont, avec la surpopulation, c’est vrai qu’on ne tolère pas les dépassements. On privilégie l’école de quartier, la proximité et après s’il y a de la place, on va en libre choix », ajoute Catherine Renaud.

Inscriptions en hausse à Sainte-Bibiane

Même si les inscriptions de l’école Sainte-Bibiane indiquent une baisse dans le nombre d’élèves, la CSDM doit faire des compressions. Il semble que les inscriptions seraient plutôt en hausse à l’école Sainte-Bibiane contrairement à ce qu’on nous avait affirmé au départ.
« Dans le contexte budgétaire actuel où on doit couper encore 18 millions de dollars l’année prochaine, il est possible d’optimiser l’organisation scolaire et de répartir les élèves en 12 groupes, plutôt que 13 en fermant un groupe de 1er cycle.  Les nouveaux groupes devront alors être augmentés au maximum et il ne sera plus possible d’accueillir les libres-choix », explique Jean-Denis Dufort.
Il ajoute que l’organisation des groupes de 2e et 3e cycle est en révision suite à l’ajout d’inscriptions dans la dernière semaine et pourrait forcer d’autres élèves à retourner à leur école de quartier.
« Les prévisions budgétaires 2016-2017 présentées aux comités de parents cette semaine indiquent que nous prévoyons économiser 1 million de dollars (sur les 18 millions de coupures en 2016-2017) par l’optimisation de l’organisation scolaire.  On voit ici un exemple concret des effets de cette coupure », ajoute-t-il.
Le commissaire scolaire souligne qu’il reste peu d’enfants en libre choix dans les écoles de Rosemont. « Il ne devrait presque plus en avoir l’an prochain ».
Outre Sainte-Bibiane, plusieurs élèves des écoles de Rosemont-La Petite-Patrie vivent le même problème.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>