Fiction : Boule de cristal 2016

Par -

Que se passera-t-il en cette année olympique? Plutôt dur à deviner, mais on peut tout de suite dire que la mode sera aux caniches royaux et que Canadien va perdre en série. Quoi d’autre? On a tenté de jouer à Jojo Savard. Voici nos prévisions locales pour 2016.

Ce texte, avec de légères modifications, est également disponible dans le Magazine RueMasson.com, qu’on retrouve dans certains commerces du quartier.

Chez les commerçants

La Promenade Masson adhère à la technologie en adoptant le système Touch Tone. Surfant sur son high techno, elle offre en grande primeur polycopies et acétates aux commerçants. La braderie passe aussi à un niveau supérieur avec le spectacle de clôture de Mario Pelchat, qui chante tous les succès de son album « Couleur passion ».

Une boucherie-poissonnerie ouvre ses portes dans l’ancienne boulangerie de Père en fils. Ses concepts très originaux « Tuez votre bœuf au taser » et « Pêchez votre poisson au harpon », accueillent les rednecks de l’Ouest, mais aussi de Pointe-Saint-Charles, qui finissent leur soirée aux machines à sous du Monaco après un passage de haute gastronomie à la Casa Corfu. Parlant de la Casa Corfu, elle se refait une beauté en changeant son vieux tapis et son plancher de salle de bain collant comme un piège à mouche de chalet.

Loi de la jungle oblige, trois commerces ferment sur Masson dû à une hausse de 240 % du loyer, soit la même hausse que les tarifs d’Hydro-Québec, de la SAQ, des CPE et des frais de scolarité. Le local délabré de l’ancien PFK trouve enfin sa vocation : une crèmerie avec terrain de mini-putt où s’orchestre le grand retour de Carl Carmoni lors de la 2e vente-trottoir. Biiiiiirdie!

Grosse nouvelle dans la restauration rosemontoise avec la fusion du Canada Hot-dog et du Hot-dog Masson après plusieurs décennies de division. Les résidents de l’est et de l’ouest peuvent maintenant circuler librement d’un lieu à l’autre : c’est la chute du mur du fast-food.

Du côté de la politique

L’ancien maire André Lavallée fait le tour des soupers spaghetti en préparation des élections municipales de 2017 où il rebriguera la mairie d’arrondissement pour l’équipe Coderre. Pour une deuxième année consécutive, le budget de l’Arrondissement est adopté en catimini et les élus se pètent les bretelles, fiers du nombre de pots à fleurs, de ruelles vertes et de carrés d’arbre aménagés par les citoyens. L’Arrondissement arrête aussi la réfection des nids de poules, qu’il considère maintenant comme étant une « mesure d’apaisement de la circulation », au même titre que les dos d’âne, les saillies de trottoir et les publicités de Marie-Chantal Toupin sur le bord du pont, qui lui-même deviendra payant à partir de 2019.

Côté politique provinciale, l’honorable et intellectuel Jean-François Lisée annonce sa démission de son poste de député, ce qui plonge Rosemont en élection. Elle est remportée par les gauchistes-communistes de Québec solidaire, au plus grand désarroi des péquistes de la première heure, encore accrochés aux vestiges de René Lévesque et des années 70. À quatre députés, l’équipe solidaire peut encore se rendre à Québec dans la même Toyota Yaris. Ça c’est de l’écologie!

En ces années de vaches maigres, l’Arrondissement trouve un moyen futé de sauver quelques dollars en utilisant des logiciels « open source », reconnus comme étant plus fiables et surtout gratuits. Les économies réalisées servent à acheter des rubans à mesurer à la compagnie qui a fait les lignes jaunes d’une longueur variable allant de quatre à huit mètres aux coins des rues. Cinq mètres les gars qu’il fallait mesurer, cinq mètres.

Et afin de sauver Rosemont de l’austérité et stimuler l’économie locale, le conseil d’arrondissement décide enfin de créer sa propre banque et sa propre monnaie : le Track. Après des études plus poussées, ce qui était à l’origine qu’un simple poisson d’avril s’avère être une solution alternative crédible pour se sortir du pétrin.

Suite à la noyade de trois citoyens dans les Grands Lacs situés aux coins des trottoirs de la rue Masson, l’Arrondissement annonce la cartographie de ceux-ci. Des plongeurs cherchent encore les dépouilles qui devraient refaire surface d’ici avril.

Et pour pallier aux nombreuses plaintes concernant la fréquence de la 47 Masson, qui est maintenant aux 20 minutes aux heures impaires des jours pairs supérieurs au 13 du mois, l’Arrondissement innove en implantant un nouveau système de pousse-pousse maison. Le maire lui-même ainsi que d’anciennes vedettes has-been tirent les engins pour une poignée de change, utilisée pour l’achat de 6/49. Si l’Arrondissement pouvait gagner, on serait en business.

Le maire Coderre annonce en grande primeur le retour des Expos de Montréal. Leur nouveau stade sera financé entièrement par des fonds publics et construit sur le terrain vacant du Solotech. Pour souligner la bonne nouvelle, une statue de Youppi est aménagée au centre du parc du Pélican, qui change de nom pour le parc « Dodge Ram », seul moyen trouvé par l’Arrondissement de financer la construction du plus grand stationnement souterrain en Amérique du Nord sous le parc. Les élus promettent de mettre quelques dos d’âne, des saillies de trottoir et 2-3 vélos peinturés au sol pour se donner bonne conscience.

Avec la légalisation de la marijuana par Justin Trudeau, Rosemont devient le leader mondial du cannabis. Les producteurs rosemontois créent la coopérative « Fume ta cocotte » et ouvrent un commerce sur Masson. Des producteurs du monde entier viennent apprendre les meilleures techniques de production. Tous les jardins communautaires et saillies de trottoir deviennent des plantations où l’Arrondissement tire une taxe supplémentaire. Pour faire encore plus d’argent, la Casa Corfu change légèrement sa vocation et devient la plus grosse serre hydroponique de l’hémisphère nord, accompagnée de son buffet « all you can smoke ». Le concept fait fureur. Toujours en retard sur la vague, François Legault tente de se faire du capital politique en changeant son « plan Saint-Laurent » pour le « plan marie-jeanne » afin de se rapprocher des jeunes familles.

Pour terminer, l’internet sans-fil débarque dans tous les lieux publics, incluant les parcs. Faute d’argent, car tout est dans les paradis fiscaux, le projet est financé par d’anciennes publicités cultes sorties tout droit des années 90. On se retape donc toutes les annonces de Tim Hortons avec Élise Marquis, dit minou, et Patrick Labbé, dit pitou.

 

Des visions pour 2016? Ajoutez-les en commentaire!

1 commentaire à Fiction : Boule de cristal 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>