Le ras-le-bol des organismes communautaires

Par -

Le milieu communautaire en a ras-le-bol de l’austérité qui plane. De nombreux organismes de Rosemont ont décidé de se joindre au mouvement québécois de grève de deux jours pour dénoncer leur manque de financement.

Une douzaine d’organismes dont Bouffe Action, le Centre des femmes, le Comité logement et les Compagnons de Montréal sont en grève lundi et mardi 2 et 3 novembre. Aucun service n’est offert et il y aura une manifestation nationale devant les bureaux du premier ministre Couillard mardi après-midi à Montréal.

« On est grandement préoccupé et inquiet face à toute l’ambiance d’austérité. Plusieurs groupes communautaires sont loin d’être sûr d’avoir leur financement pour l’an prochain», indique Denis Leclerc, directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) de Rosemont.

L’année financière se termine le 31 mars 2016 et plusieurs organismes ignorent encore la somme avec laquelle ils devront jongler pour continuer leurs activités.

Les organismes communautaires sont doublement éprouvés en cette période d’austérité, explique Denis Leclerc. En plus de leur financement incertain, les orphelins du réseau public, qui subit aussi des coupures, viennent cogner à leur porte. Ce qui cause un surplus d’achalandage.

Par exemple, il y a eu beaucoup de coupures sur les services de maintien et des soins à domicile du système de santé. Les aînés qui en bénéficiaient se tournent donc vers les groupes communautaires qui ne suffisent plus à la demande.

De plus le financement des organismes est le même depuis une dizaine d’années, sans égard à l’indexation. « Sur une longue période, c’est comme si on avait des coupures! La pression est énorme », indique Denis Leclerc.

Les lacunes du financement par projet

Une des revendications des groupes communautaires est d’obtenir du financement pour leur mission globale et ainsi préserver l’autonomie des groupes, souligne Magalie Vaidye, agente de développement à la CDC de Rosemont.

L’autonomie pour un groupe communautaire veut dire que ce sont ses membres, issus de la communauté, qui font état de leur besoin et ses dotent de services pour les combler. Mais de plus en plus, une façon d’obtenir des sous est d’avoir du financement par projet. Pour l’obtenir, il faut répondre à certains critères, qui ne concordent pas nécessairement exactement avec la mission de l’organisme ou les besoins de la communauté.

« Le glissement qu’occasionne le financement par projet est que l’État décide quels services seront dispensés aux citoyens. Dans le fond, on ne fait que « pitcher » dans la cours du communautaire les services pour qu’on le fasse deux fois moins cher que dans le secteur public! », lance Denis Leclerc.

Plusieurs organismes de Rosemont participaient lundi à la Commission populaire pour l’action communautaire autonome où plusieurs organismes allaient témoigner des conséquences directes de l’austérité sur leurs actions.

« C’est un mouvement qui est à l’échelle du Québec, c’est rare que ça atteint une si grande ampleur », dit Denis Leclerc.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>