Un squat dans Angus? (MÀJ)

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Des bâtiments abandonnés depuis plusieurs années, qui abritaient anciennement la compagnie Solotech dans Angus aux coins des 2e, 4e Avenue et de Gilford, sont le terrain de jeu de jeunes gens du quartier. Mais ils ne sont pas les seuls à s’y donner rendez-vous.

Démolition des anciens bâtiments de Solotech dans Angus – Vidéo

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La cour du CPE est au bord du terrain. Photo : RueMasson.com

La cour du CPE est au bord du terrain. Photo : RueMasson.com

La semaine dernière, une maman de la garderie à proximité s’est fait accoster par trois jeunes gens dans une voiture qui lui ont demandé si c’était là qu’ils pouvaient acheter du crack. Ils étaient visiblement intoxiqués.

C’est la goutte qui a fait déborder le vase pour la directrice du CPE Coeurs de l’île, Carole Raymond, dont les locaux bordent le terrain et les bâtiments abandonnés. Elle a contacté la conseillère du Vieux-Rosemont, Érika Duchesne. « Cet été, il y avait beaucoup de va-et-vient. On y voit régulièrement de jeunes mineurs y entrer. On vérifie notre cour tous les matins et on appelle régulièrement la police », explique-t-elle.

La conseillère souligne qu’elle va suivre le dossier, car c’est la première fois qu’elle reçoit une plainte.

L’Arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie a envoyé à deux reprises un inspecteur. Chaque fois, c’était après des questionnements de RueMasson.com, en mai dernier et la semaine dernière.

Le maire François Croteau explique que la ville peut agir en collaboration avec les services d’incendie et la police comme ça avait été fait pour les immeubles de Sam Fattal sur la rue Iberville en 2012.

En terme d’intervention, pour forcer le propriétaire à agir, il faut que la sécurité publique soit compromise, qu’il y ait véritablement un danger. Lorsqu’il y a occupation d’un lieu de façon illégale et qu’il y a des méfaits, c’est la police ou le cas échéant les pompiers qui vont intervenir. On va attendre les rapports des pompiers et des policiers pour voir de quelle manière de notre côté on va pouvoir utiliser les déficiences du bâtiment pour forcer des interventions. Ce qui n’est pas évident. – Le maire Croteau.

 

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On trouve de tout autour des édifices et beaucoup de détritus et verres cassés. Photo : RueMasson.com

On trouve de tout autour des édifices et beaucoup de détritus et verres cassés. Photo : RueMasson.com

 

Des parents exaspérés

Plusieurs parents sont exaspérés de la facilité pour les jeunes d’entrer dans l’édifice. Une mère, qui désire garder l’anonymat, a appelé plusieurs fois la police pour s’en plaindre puisque ses deux enfants y vont régulièrement.

Cette mère a réussi à pénétrer dans l’édifice une fois, car elle cherchait sa fille.

Pour trouver l’entrée, j’ai demandé à des passants par où les jeunes entraient. Ils savaient. Juste ça, ça m’a tuée. Ensuite je suis entrée dans chacun des bâtiments désaffectés pour tenter de voir ma fille. Je ne sais pas si j’ai eu davantage peur que la bâtisse s’effondre sur moi, que je me blesse à cause des débris dangereux qui jonchent le sol ou qu’une personne mal intentionnée sorte d’un coin sombre. 

Ce qui l’inquiète encore plus c’est que des adolescents y amènent leurs frères et soeurs plus jeunes. « Lors d’un des incendies, il y avait un enfant de 7 ans sur place », dit-elle avec colère. Une colère envers le propriétaire qui, selon elle, ne barricade pas les lieux de manière sécuritaire.

Elle a pris des photos et a appelé la police. Plus tard, elle a porté plainte au poste 44.

« Les enfants ont été jusqu’à se créer un groupe Facebook privé sur le squat », ajoute-t-elle.

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Quatre incendies cette année

Les bâtiments sont classés comme dangereux par le Service d’incendie de Montréal (SIM) qui y a éteint le quatrième incendie de l’année le jour de la fête du Travail et a demandé au propriétaire de sécuriser deux ouvertures dans le bâtiment.

RueMasson.com a constaté à plusieurs reprises des ouvertures dans les bâtiments, donc l’une dans un mur. Les deux ont effectivement été calfeutrées lundi dernier.

 


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Un autre incendie qui a été transmis au Service de police de la ville de Montréal (SPVM) pour enquête a indiqué le service des communications du SIM.

Ni le SPVM, ni le poste 44 n’avaient encore retourné nos appels et demandes d’information depuis vendredi dernier.

MÀJ du 11 septembre : Le poste 44 vient de communiquer avec RueMasson.com pour souligner qu’il n’est pas possible de commenter un dossier sous enquête. «Toutefois, nous vous confirmons qu’il y a effectivement une enquête en cours concernant les incendies survenus à cet endroit.  On ne peut confirmer pour l’instant si c’est accidentel ou criminel. Les policiers du PDQ 44 ont accru leur surveillance à cet endroit et des démarches sont faites pour rendre le lieu moins accessible et plus sécuritaire via les responsables », nous écrit-on. 

Selon nos informations, les policiers s’y rendent régulièrement pour faire sortir des jeunes après des appels des voisins et des parents.

« Une de mes amies s’est fait prendre et les policiers lui ont dit que s’ils la voyaient encore sur les lieux, ils préviendraient ses parents », nous a confié une adolescente du quartier.

Qui est le propriétaire?

Ce terrain est la propriété du Consortium Angus S.E.C composé de plusieurs propriétaires : le Groupe Cholette, Investissements Immobiliers LG, Société en commandite, Gestion Thap Inc. et 9181-5001 Québec inc. dont le premier actionnaire est aussi le Groupe Cholette-Morency Inc.

Nous avons contacté le groupe Cholette sans succès.

2 commentaires à Un squat dans Angus? (MÀJ)

  1. Jean Côté

    Excellente série et beau travail d’enquête. Nous attendons l’article promis lundi avec impatience.

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