Pas de marché public au parc Molson cet été (MÀJ)

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Le projet d’installer une édition de l’Autre marché, un marché public hebdomadaire, au parc Molson ne pourra pas se réaliser cette année. L’opposition de quelques commerçants de la rue Beaubien l’a fait avorter.

MÀJ : Deux commerçants se sont opposés au projet, la boulangerie De Froment et de Sève et le Provigo au coin de la 10e Avenue sur Beaubien.

Le propriétaire de la boulangerie Jean-Yves Callies n’a pas retourné notre appel.

Le propriétaire du Provigo a répondu par courriel. Voici son explication : « Je trouve qu’organiser des évènements rassembleurs tel qu’un marché dans le quartier est une initiative très intéressante pour le dynamiser. Par contre, ces évènements ne devraient jamais à mon avis venir en concurrence directe avec les commerçants avoisinant. La fréquence du projet proposé est sans contredit la principale contrainte que j’y vois. Par exemple, si nous organisions  trois à quatre évènements prédéterminés pendant l’année, cela pourrait devenir un projet  porteur qui offre une réelle valeur ajoutée au résident du quartier sans compromettre à long terme la survie des commerces environnant ou à l’établissement de nouveaux commerces.   De mon côté, je ne pense pas pouvoir bénéficier de l’achalandage extérieur tel que présenté par le promoteur.  Ma clientèle est celle de l’arrondissement Rosemont-La Petite Patrie qui est une clientèle locale et non en déplacement comme c’est le cas des régions touristiques.  Mon opposition n’est pas un refus à la concurrence, je suis en faveur d’une saine concurrence qui tient compte de certains paramètres, comme la réelle valeur ajoutée par rapport à l’offre existante, les taxes versées à la ville, la création d’emploi dans le quartier et la viabilité des commerces ayant pignon sur rue.  Le promoteur s’est plutôt présenté comme un concurrent arrogant n’ayant pas ces paramètres.  Il ne s’est pas présenté comme un collaborateur des marchés d’alimentation existants.  Difficile pour moi de m’associer à celui-ci.  Je demeure ouvert à trouver une solution gagnante pour tous les partis et c’est sur quoi je suis prêt à travailler », a expliqué Marc Bougie.

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L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie souligne que contrairement à ses intentions, il ne sera pas possible d’autoriser la tenue de L’Autre Marché Angus au parc Molson cette saison. Cet événement public à caractère commercial devait avoir lieu tous les mercredis, dès 15 h, du 12 août au 14 octobre.

L’Arrondissement explique avoir collaboré avec le promoteur et les commerçants afin de trouver une solution acceptable pour les deux parties, mais que ce fut impossible.

« Force est d’admettre que le fruit n’était pas mûr. On encourage toutes les activités qui amènent de la vie, mais on ne veut pas les autoriser contre l’avis des commerçants. Comme lors du projet de piétonnisation de Masson (voir notre article). Les commerçants sont des partenaires. Et je ne veux me mêler de la manière dont l’Association gère sa manière de procéder. Nous verrons l’an prochain pour trouver un moyen afin que tous les partis soient d’accord. Ce n’est que partie remise. Nous avons travaillé comme médiateur et ça n’a pas été possible », commente le maire de l’Arrondissement François Croteau.

Du côté de l’Autre marché, c’est la déception. « Je suis allé voir le maire pour lui proposer l’idée qui vient des commerçants qui voulaient organiser un marché de Noël. On n’a jamais eu de problèmes avec les marchands, car nous ne sommes pas des concurrents directs. J’ai donc contacté l’Association. Le conseil d’administration était super intéressé. Mais il leur fallait un vote à l’Assemblée générale des commerçants. Ça s’est mal passé, car il y a eu une opposition très virulente de deux commerçants et l’Association n’a pas voulu organiser de vote », raconte le chargé de projet de l’Autre Marché Patrick Baudry.

L’Association des commerçants et professionnels Beaubien Est, par la voie de sa vice-présidente Amélie Cloutier-Bastien explique qu’il n’y a eu aucun vote et aucune position de prise, ni pour ni contre le projet, qui lui semble une bonne idée pour favoriser l’achat local et dynamiser le quartier.

« On a eu plusieurs rencontres et quelques commerçants étaient craintifs face au projet, alors on ne s’est pas prononcé. On avait demandé à monsieur Baudry des témoignages, des statistiques, mais il ne nous a pas donné assez d’informations, il ne semblait pas bien préparé et motivé. Le projet a avorté avant qu’on aille de l’avant »

Elle ajoute que le temps a joué contre eux alors que l’Association est une organisation tenue par quelques membres bénévoles et non une Société de développement commercial comme sur Masson avec de l’argent et des employés.

« L’Arrondissement a aussi son rôle à jouer et on pourrait voter. On prend aussi notre part du blâme, car si on l’avait appuyé, le projet se serait réalisé, mais on est bénévole avec beaucoup de travail. C’est une série de circonstances qui l’a fait avorter cette année. On verra pour l’été prochain si on nous présente un projet mieux ficelé », soutient Amélie Cloutier-Bastien.

Patrick Baudry souligne qu’il était prêt à ne pas avoir certains produits pour ne pas concurrencer certains commerçants. « Mais ils s’y sont opposés et ont quand même refusé », ajoute-t-il.

Une pétition est lancée

L’Autre marché a donc décidé de lancer une pétition sur son site internet pour soutenir le projet.

« L’idée de la pétition n’est pas de forcer la main aux commerçants, mais de souligner que seulement quelques personnes ne peuvent pas arrêter un tel projet si les citoyens le veulent et le demandent. C’est vraiment la première fois qu’on a une telle opposition de la part de commerçants proche de nos marchés. On l’a pas vu venir »,  termine Patrick Baudry.

Même si les citoyens sont en faveur d’un tel projet et que la pétition remporte un franc succès, le maire Croteau rappelle qu’il est impératif que l’Association des commerçants et des professionnels de Beaubien Est approuve le projet.

 

2 commentaires à Pas de marché public au parc Molson cet été (MÀJ)

  1. Charlotte

    Je pense qu’il y aura des incompatibilités de la sorte tant que nous serons entre deux systèmes, c’est à dire, entre l’ancien système hiérarchique, basé sur le profit en dépit de la qualité (ne me sortez pas les faux arguments de qualité qui servent aux épiceries grande surface. Des aliments, ça ne devrait jamais pousser avec l’aide de produits mortels, ni être stérilisés, encore moins cueillis avant leur heure, question de qualité, justement) et l’autre, qui prône la centralisation, l’autonomie, la qualité de vie et qui arrive tel un tsunami.
    Jusqu’aux dernières nouvelles, les épiceries grande surface n’ont pas encore embarqué dans ce nouveau monde mais ne font que le frôler, en offrant un infime quantité de ces vrais aliments, à prix beaucoup trop élevés.
    Alors, selon moi, un commerce aux anciennes valeurs ne devrait pas faire le poids pour un projet comme celui-là. Que ces commerces soient contre cette idée démontre leur fermeture à cette nouvelle façon de vivre de leur clientèle changeante. Réveillez-vous, ne voyez-vous pas la vague? Du haut de ma certitude, j’ai un conseil :
    « Prenez le changement par la main, avant qu’il ne vous prenne par la gorge »…

  2. Charlotte, tu devrais te remettre en question. J’adore les kiosques, les foires et les artisans.. T’es tu déjà ou as tu déjà demandé à un agriculteur ou artisans dans un petit marché s’ils étaient en mesure d’approvisionnée la population en nourriture 365 jours par an ??? Je suis certain que non.
    Ta réflexion n’est pas bête mais il manque beaucoup, beaucoup de variable fait des recherches sur le pourquoi du comment.

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