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L’essence du bois

Sous le commissariat d’exposition d’Édouard Lachapelle, historien de l’art et critique, des réalisations de Jacques Sainte-Marie sont présentées à la Maison de la culture Rosemont-La Petite-Patrie jusqu’à la mi-juillet. Des travaux qui exploitent le bois tant pour sa forme, la variété de ses teintes que pour la richesse de ses motifs.

Après une carrière variée, cumulant plusieurs emplois divers, un retour aux études en arts plastiques à l’Université Concordia, l’artiste Jacques Sainte-Marie explore à la gravure sur pellicule. Dans cette voie, la démarche  de Norman McLaren l’inspira fortement. L’utilisation de cette méthode lui vaudra un travail à l’Office national du film à Montréal au début des années 1980. Puis, c’est vers 1990 que Sainte-Marie s’intéresse à l’ébénisterie, réalisant des meubles sur mesure sur une période s’échelonnant sur près de quinze ans.

Le matériau qui domine l’ensemble de l’exposition est le bois. Si on peut en déduire que les œuvres sont des sculptures, plusieurs d’entre elles sont de toute évidence davantage construites comme des tableaux. En effet, elles se présentent en deux dimensions grâce à de fines pièces imbriquées les unes dans les autres qui jouent avec la  texture et les dessins naturels du bois. Sainte-Marie exploite le grain du matériau afin d’embellir son travail et créer des motifs sinueux et élégants. Le grand raffinement des œuvres, tel Abyssal, impressionne. Le détail des morceaux qui constituent des formes organiques semblent nous replonger aux prémices de la naissance de la vie et de ses organismes unicellulaires.

Oubliant la fonction généralement utilitaire du matériau, les dessins que crée sans cesse le bois sont magnifiés dans les travaux exposés et nous amènent à regarder le motif avec un regard nouveau. À titre d’exemple, L’Univers dans le cœur de l’arbre nous montre un damier de nœuds certes, mais également on peut y découvrir tout autant de galaxies avec leurs formes circulaires ou ovales qui se déploient sur la surface de pin blanc.

Les titres sont d’ailleurs révélateurs de ce que Sainte-Marie a décelé dans la matière. Le résultat formel suggère donc l’appellation de l’œuvre. Dans le vif, toujours sur le modèle du quadrillé, s’intéresse à la texture avec des entailles creusées à même le bois. Ou encore Choc expose la conséquence d’une collision reçue par les blocs de bois, comme si un événement extérieur à l’acte créateur de l’artiste avait partie prenante sur l’objet.

Plus près de la sculpture traditionnelle que du tableau réinventé, Palissade offre une série de petites habitations cernées d’une enceinte sur le sommet d’une colline. Si le ludique des maisons amuse aux premiers abords, l’espace circonscrit par la palissade crée un sentiment presque claustrophobique.

Bref, des réalisations dont le charme s’enrichit de la beauté intrinsèque du matériau.

 

Au cœur du bois
Du 1er mai au 18 juillet 2015
Maison de la culture Rosemont-La Petite-Patrie
6707, avenue de Lorimier, Montréal

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