Lucie Bruneau, la première élue francophone représentait Rosemont [MàJ]

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La première femme francophone à siéger au conseil municipal de Montréal était une conseillère de Rosemont! Les femmes venaient tout juste d’obtenir le droit de vote au Québec quand Madame Théodule Bruneau arrive en poste.  Madame Théodule Bruneau est en fait Lucie Bruneau (née Lamoureux), une philanthrope d’avant-garde dévouée auprès des enfants et des infirmes.

Cet article a été publié pour la première fois le 23 janvier 2014.

Lucie Bruneau n’a pas fait campagne et n’a pas été élue non plus. La dame de 63 ans a plutôt été nommée par le Conseil le 27 décembre 1940 comme conseillère de classe A (représentante des propriétaires) du district 9 (Rosemont) puisqu’il y avait un poste vacant (source p. 131).

Son parcours est impressionnant.  À 30 ans, Lucie Bruneau participe à la fondation de l’Hôpital Ste-Justine (1907) avec Justine Lacoste-Beaubien, une amie de longue date. Les deux femmes s’étaient connues au couvent d’Hochelaga dirigé par la congrégation des Saints-noms-de-Jésus-et-de-Marie.

Après Ste-Justine, Lucie Bruneau fonde l’École des enfants infirmes, l’Association catholique de l’aide aux enfants infirmes, une colonie de vacances et un atelier de couture et de broderie faisant travailler une cinquantaine de personnes handicapées. L’économie sociale avant son temps!

Elle a également été vice-présidente de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, une association féminine et féministe qui militait pour le droit de vote des femmes, entre autres.

Lucie Bruneau, la première femme francophone à siéger à Montréal (1940-1942). Source : VM94-Z1054  Archives de la Ville de Montréal

Lucie Bruneau, la première femme francophone à siéger à Montréal (1940-1942).
Source : VM94-Z1054 Archives de la Ville de Montréal

3e femme au conseil municipal
À sa nomination le 27 décembre 1940, Lucie Bruneau est la troisième femme à siéger au conseil municipal de Montréal. Aux élections générales du 9 décembre 1940, Jessie Kathleen Fisher est élue dans le district 4 (Côte-des-Neiges et une partie du centre-ville) et Élizabeth Monk, avocate, est nommée au Comité des citoyens par différents organismes montréalais (classe C).

Lucie Bruneau ne s’est pas présentée aux élections suivantes en 1942. Elle poursuit ses oeuvres philantropiques et fonde en 1950 une résidence pour personnes handicapées qui deviendra dans les années 1970 le Centre de réadaptation Lucie-Bruneau, situé sur Laurier près d’Iberville. Elle décède en 1951 à 74 ans.

Une Rosemontoise?
On n’a pas trouvé de trace à savoir si Lucie Bruneau aurait déjà habité le quartier Rosemont. Selon le recensement de 1911 (ligne 40 et 41), elle résidait dans le district de St-Jacques-Lafontaine (St-James) à Montréal (au 783 rue St-Denis selon l’annuaire Lovell 1910-1911). Son mari était chirurgien et doyen de la faculté de médecine à l’Université de Montréal.

[Ajout] En 1940, Lucie Bruneau est veuve depuis 2 ou 3 ans. L’annuaire Lovell de cette année-là indique que son adresse était le 3725, rue Saint-Denis soit l’Institut des Sourdes-Muettes, endroit où on louait des chambres. (Merci à François, un lecteur, pour cette recherche). À partir de 1943, elle est identifiée dans l’annuaire comme la présidente de l’Association catholique de l’aide aux infirmes, organisme qu’elle a fondé. Elle serait restée à la même adresse au moins jusqu’en 1949.

Lucie Bruneau est «une femme avant-gardiste pour son époque. En créant l’Association catholique de l’aide aux infirmes en 1926, Mme Bruneau revendique, pour les personnes handicapées, le droit de bénéficier d’une vie pleine et entière, que ce soit au niveau du travail, des loisirs ou de l’hébergement», écrit-on dans le site du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau qu’elle a fondé.

Photo de la une : Lucie Bruneau, la première femme francophone à siéger à Montréal (1940-1942). Source : VM94-Z1054 Archives de la Ville de Montréal

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3 commentaires à Lucie Bruneau, la première élue francophone représentait Rosemont [MàJ]

  1. François

    Lucie Bruneau n’habitait pas Rosemont au moment de sa nomination, du moins.

    En 1940, Mme Lucie, veuve T. Bruneau, avait une chambre au 3725, rue St-Denis (au nord de Cherrier), autrement dit à l’Institut des Sourdes Muettes. (Je sais que cet établissement d’enseignement louait des appartements dans les années 1920.)

    Elle semble avoir conservé cette adresse jusqu’à sa mort en 1951.

    Source : l’annuaire Lovell, disponible en ligne sur le site de BAnQ.

  2. Lisa Marie Noel

    Merci François pour cette recherche. Je n’avais pas pensé regarder dans l’annuaire Lovell. Je vais apporter la précision à mon article.

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