Widget Image
Dernières nouvelles
Restez en contact :
mardi le 25 septembre
HomePolitiqueDes rues résidentielles deviennent des artères sous la responsabilité de la ville
Publicité

Des rues résidentielles deviennent des artères sous la responsabilité de la ville

L’administration Coderre transforme 38% des rues locales montréalaises en artères avec sa réforme sur le financement des arrondissements. Certaines rues locales, gérées jusqu’à présent par les arrondissements, seront bientôt administrées par la ville centre. C’est un exercice de centralisation sans précédent, affirme le conseiller du district Marie-Victorin, Guillaume Lavoie.

Il y a toujours eu un partage des rues entre les arrondissements et la ville centre, explique-t-il. Les artères relèvent de l’administration centrale. Elles ont vocation à faire passer la circulation de transit. Les rues locales, qui relèvent des arrondissements, sont des rues essentiellement résidentielles. Avec la réforme, toutes les rues locales avec des pistes cyclables ou des lignes d’autobus deviennent des artères.

Carte du réseau artériel

« Mais la réforme ne vise pas seulement le rapatriement des rues locales en artères. Ainsi toute demande pour un service de proximité, que ce soit la collecte des ordures, le déneigement ou l’aménagement des rues devra être adressée à la ville centre et la décision sera prise par des bureaucrates de l’hôtel de ville, loin, très loin du citoyen », déplore le conseiller.

L’élu de Projet Montréal croit que pour rendre de meilleurs services aux citoyens, il faut avoir une connaissance très précise de la voierie. « Toutes les rues ne sont pas égales entre elles. L’aménagement urbain de Rosemont-Petite-Patrie n’a rien à voir avec celui d’Anjou. On ne peut pas donc pas donner le même service pour chaque rue », explique-t-il.

Or, le manque d’expertise locale d’un ingénieur ou d’un urbaniste à la ville centre mènera à des écueils. « Il faudra qu’il se déplace au risque de rallonger les délais de traitement ou qu’il applique un moule identique pour chaque demande. Faire atterrir cette réforme, c’est possible mais ça veut dire que ça va être beaucoup plus long, beaucoup plus cher et moins bien adapté à la réalité locale. Et, la réalité locale d’un citoyen, c’est beaucoup la rue sur laquelle il vit. »

Mesures d’apaisement remises en question?

Plus inquiétant encore. Guillaume Lavoie craint pour les futures mesures d’apaisement de la circulation. « À Rosemont, les gens ont élu une équipe qui croit que l’apaisement des rues locales et la sécurisation des parcours scolaires est une grande priorité. »

Avec la réforme, tous les axes est-ouest, dans le district Marie-Victorin, comme Bellechasse, Saint-Zotique, Beaubien, Rosemont, deviennent des artères, sans exception.

Mais des sections de rue vont aussi être transformées en artère. C’est le cas de la 30e entre Saint-Zotique et Rosemont avec l’école Marie Rollet, et de la 31e avec la cours d’école en arrière, un CPE et le parc de la Louisiane juste en face. Même chose avec l’école Saint-François Solano située sur la 16e avenue dans Vieux-Rosemont. Pour protéger les enfants, des mesures d’apaisement ont été installées : débarcadères, dos d’âne, traverses, saillies. « On craint que ces mesures soient tout simplement supprimées. »

À en croire Monsieur Lavoie, la sécurisation et les mesures d’apaisement ne font pas partie des priorités de l’administration centrale. « Pour Monsieur Coderre, une rue, c’est pour fait passer la circulation en priorité. C’est une philosophie. Certains pensent que c’est comme ça qu’on développe une ville », regrette l’élu. « C’est correct de prioriser la circulation sur les artères. Mais les rues locales ne sont pas des artères, ce sont des milieux de vies. » Et d’ajouter. « La quiétude des rues, ça fait aussi partie de la qualité de vie. C’est ce qui fait qu’on est moins inquiet quand nos enfants sont dehors ou quand ils vont à l’école. »

Londres, un match gagnant

Pour Guillaume Lavoie, les villes qui réussissent le mieux, ce sont celles où le centre fait peu de choses, mais de grandes choses. « À Londres par exemple, l’administration centrale s’occupe de sécurité publique, de transport et de grands projets d’urbanisme. La gestion des services locaux est laissée aux arrondissements. Ce qui est important, c’est que chacun ait les bonnes responsabilités. »

Que répond la ville centre?

L’administration Coderre n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a aussi affirmé, lors de la dernière séance du conseil municipal du 15 décembre, qu’il ne reviendrait pas sur les aménagements réalisés par les arrondissements.

Latest comments

  • Super, on aura probablement des rue déneigé.

    L’arrondissement ne fait pas la job dans ce domaine.

  • Drapeau était un dictateur positif Coderre un dictateur très négatif

leave a comment

Publicité