Toits blancs : une question de santé publique, selon le maire

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Les toits en asphalte sont l’un des grands responsables des problèmes de santé liés aux îlots de chaleur qu’éprouvent chaque année des centaines de milliers de Montréalais, affirme le maire de l’arrondissement, François Croteau.

Cet article est le quatrième et dernier d’une série sur l’interdiction de l’installation de toitures en asphalte dans l’arrondissement Rosemont-Petite-Patrie à partir du 1er janvier 2015.

fcroteau

En entrevue avec RueMasson.com, le maire Croteau persiste et signe. Imposer les membranes blanches en remplacement aux toitures d’asphalte et gravier est, à son avis, l’un des meilleurs moyens de lutter contre les îlots de chaleur et de réduire l’incidence de problèmes cardio-respiratoires lors des canicules.

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Le maire dit se fier à l’opinion de scientifiques et non à celui de couvreurs. Depuis 2011, la réglementation de lutte aux îlots de chaleur de l’arrondissement a gagné plusieurs prix, fait-il valoir, et elle se fonde sur une série d’études que l’on peut consulter en défilant vers le bas de cette page du site internet de l’arrondissement.

Le maire explique que les îlots de chaleur sont provoqués par (1) le manque d’arbres pour créer de l’ombre et par (2) la « minéralisation des sols ». Il entend par là les grandes surfaces bétonnées et asphaltées qui empêcheraient l’eau de pluie de percoler dans le sol et de remonter la nuit pour rafraîchir l’air.

« Le troisième élément, qui est l’un des plus importants dans des villes densémment peuplées comme Montréal, ce sont les types de toitures, affirme M. Croteau. Les toitures de type bitumineux et gravier sont un des principaux éléments de la création des îlots de chaleur. »

Ce sont « ces trois éléments ensemble qui créent l’îlot de chaleur » insiste le maire, refusant de commenter l’idée que le béton et l’asphalte des rues pourraient avoir une bien plus grande part de responsabilité que les toits résidentiels, comme le soutiennent l’AMCQ et Ecohabitation.

Il est clairement établi qu’un toit d’asphalte et gravier réchauffe beaucoup plus l’air qu’une membrane blanche, soutient François Croteau. « L’émission La Semaine Verte a fait un reportage, où l’on mesurait la différence de température entre un toit blanc et un toit noir. La température était de 28 degrés plus élevée sur le toit noir. »

La fin du gravier blanc sur asphalte

À partir du 1er janvier, les couvreurs ne pourront plus proposer l’asphalte avec gravier blanc. Cette solution n’était pas suffisante, selon le maire. Le marbre blanc serait poreux, aurait tendance à se salir et à finir par moins bien réfléchir la lumière du soleil. Il tomberait dans le drain de toit et laisserait le revêtement de bitume prendre le dessus.

Selon Bitumar, l’entreprise montréalaise qui livre l’asphalte aux principaux couvreurs actifs dans Rosemont, le marbre blanc sur asphalte serait tout à fait avantageux, puisque l’action de la pluie ferait en sorte qu’il conserve sa couleur.

Le maire Croteau affirme que les membranes blanches, comme le thermoplastique (TPO), sont trois fois plus durables que l’asphalte et gravier. Il prend pour preuve l’auditorium de Verdun, dont la membrane TPO serait inchangée depuis 1978.

À ceux qui disent que les membranes blanches ne demeurent pas blanches, le maire dit avoir vu de ses propres yeux la membrane qui recouvre le Collège de Rosemont et qu’après 10 ans et aucun nettoyage, elle serait toujours blanche. Dans le résidentiel, si on a accès à son toit, on peut « aller le nettoyer avec une mop et ça revient tel quel. »

60% des toitures du Collège de Rosemont sont en PVC blanc, 5 % en toiture verte, 15 % en PVC gris lesté ou élastomère gris. Il reste environ 20 % des toitures à convertir. « Pour ce qui est de la toiture du bâtiment certifié LEED Argent, le matériau utilisé est le Sarnafil G-410 de la compagnie Sika, qui a un indice de réflectance solaire (IRS) de 104 », ajoute Marie-Ève Robitaille, conseillère en communication.

Le prix

Les prix des membranes blanches sont devenus équivalents ou inférieurs à ceux du multicouche en asphalte, rapporte le maire. Il dit avoir obtenu des chiffres qui le confirment de la part de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). Les soumissions présentées par les couvreurs qui déposent des demandes de permis à l’arrondissement le confirmerait aussi.

Le couvreur Serge Parent, de Toiture Eco Energie, a indiqué à RueMasson.com qu’il installe des membranes TPO a un prix équivalent ou meilleur que celui que proposent des couvreurs qui installent encore du multicouche en asphalte.

André Dumont est journaliste et inspecteur en bâtiment

9 commentaires à Toits blancs : une question de santé publique, selon le maire

  1. Je suis tanné de l’idéologie de Croteau. Quand tout le monde dit que le toit blanc perd sa couleur au bout de 2-3 ans, autant des couvreurs que des acteurs environnementaux, il y va avec son petit exemple singulier pour imposer son idéologie. À quand une véritable ouverture?

  2. François

    On demande au Maire de partager ses études scientifique sur le sujet……

    F

  3. François, si vous cliquez sur le lien dans l’article qui mène vers le site de l’Arrondissement, il y a toute une liste d’études scientifiques.

  4. Le toit blanc, c’était 3500$ de plus pour mon immeuble. Je suis certain que mes locataires seront heureux de recevoir une joli augmentation, gracieuseté de l’idéologie de notre maire. Je suis d’accord avec certaine politique environnementale, mais il y a des limites. Quand tu veux changer un escalier exterieur que tu ne peux mettre du PVC car c’est pas beau, les locataires reçoivent une belle augmentation de loyer. La légalisation devient tellement lourde dans rosemont que nous avons décider de convertir nos deux 5plex en condo car l’entretien de nos immeubles devient beaucoup trop dispendieux pour nos capacités d’augmenter les loyers. 750$ pour qu’un 4 et demi, je trouve que c’est pas mal cher, mais que voulez-vous, on ne veut pas perdre de l’argent avec nos immeubles.

  5. François

    Madame. Gladel, j’avais pris connaissance des différents document auquel vous me référé.

    Mon commentaire allais plutôt dans ce sens: citation tiré d’un des documents

    Une part importante de la littérature sur les toits blancs s’appuie sur un contexte climatique fort différent
    de celui du Québec. En effet, beaucoup d’études exposant les bénéfices de l’utilisation de ces toitures
    ont été réalisées dans des villes exposées à un climat relativement chaud (Californie, Floride, etc.).

  6. Voici quelques liens qui permettent de se faire une bonne idée sur la pertinence mitigée de blanchir les toitures dans notre climat.

    http://www.ornl.gov/sci/roofs+walls/facts/CoolCalcEnergy.htm
    http://www.rthq.org/fileadmin/documents/presentations/2014-09-24/Michel_Pare_AMCQ.pdf
    http://coolroofs.org/documents/EconomicFeasabilityofCleaningRoofstoMaintainReflectanceRatings_000.pdf
    Un fabricant de membranes monocouche qui fabrique également des membranes blanches ou réfléchissante soulève des questionnements ……..intelligents concernant l’engouement du plus blanc que blanc….un éveil au gros bob sens !
    Zone grise !

    http://www.huffingtonpost.com/samir-ibrahim/white-roofs-green-myth_b_2901288.html

  7. Les effets d’ilots de chaleur urbains n’ont pas d’influence sur le réchauffement climatique et les toitures blanches sont bien loin de la solution miracle pour contrer les I.U.C.

    la volonté d’agir de l’arrondissement Rosemont Petite Patrie pour contrer les I.C.U. est précurseur et tout à fait louable, mais est-ce que les actions entreprises concernant la réglementation imposée pour les toitures est issue d’une recherche se basant sur des études scientifiques pertinentes ? Permettez-moi d’en douter !

    le simple fait d’affirmer que ce ne sont pas les couvreurs et ceux qui travaillent dans l’industrie de la toiture, qui peuvent être en mesure de comprendre le phénomène est une insulte à l’intelligence, comme si les personnes qui travaillent dans l’industrie de la toiture sont des incultes n’ayant pas assez de discernement ni la faculté de bien comprendre le enjeux environnementales des centres urbain et du réchauffement climatique.
    Citations d’Aristote:
    L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit
    Nous ne connaissons pas le vrai si nous ignorons les causes

    Prenez le temps de lire l’article en cliquant sur le lien à la fin de ce commentaire; cela permettra je l’espère d’ébranler des certitudes et idées préconçues de ceux qui ne sont pas allé assez loin dans leurs recherches et qui ont été éblouis et illuminés par une grande lumière blanche !
    Article rédigé par un scientifique, Mark Z. Jacobson est le directeur de / Programme de l’énergie de l’atmosphère de Stanford et chercheur senior à l’Institut Woods de Stanford pour l’environnement et l’Institut Precourt pour l’énergie. Étudiant diplômé John Ten Hoeve a contribué à la recherche et est co-auteur du papier. Le financement de la recherche a été financé par la NASA et l’Agence américaine de protection de l’environnement.

    http://news.stanford.edu/news/2011/october/urban-heat-islands-101911.html

  8. natif et résident citoyen

    Alors, la fatwa est effective ?
    Les graviers blancs sont amplement suffisants, les toits avec membranes renvoient dans les égouts toute la pollution accumulée d’un seul coup lors de fortes pluies, l’impact sur les îlots de chaleur… peut-être avec les toits de grandes surfaces, sur les plex c’est ri di cu le, imam Croteau devrait revoir ses références, un peu de souplesse je vous en… prie.

  9. Un ancien de Rosemont

    Le maire Croteau est un idéologue et un radical. Le mieux est l’ennemi du bien. Les membranes proposées par le maire Croteau ont été conçues pour de grandes surfaces institutionnelles, commerciales et industrielles et non pour de petites surfaces résidentielles. Trop coûteuses. La majorité des jeunes propriétaires de Rosemont arrivent juste à faire leur paiement hypothécaire mensuelle. Imposer des couvertures plus coûteuses c’est d’imposer une Cadillac au gars qui a juste les moyens d’acheter une petite voiture. L’environnement humain est absent de cette administration.

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