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Un règlement payant pour les couvreurs!

PHOTO : André Dumont/RueMasson.com

PHOTO : André Dumont/RueMasson.com

L’interdiction prochaine des toitures d’asphalte et de gravier fait rager Jacques Perron. Il fera plus d’argent, mais ses clients ne seront pas mieux servis. « Faut dénoncer ce règlement. Ça n’a pas de sens! »

Cet article est le premier d’une série sur la nouvelle réglementation qui interdira les toits d’asphalte et de gravier dans l’Arrondissement au début 2015.

Le plus important couvreur dans Rosemont est catégorique : l’administration Croteau ne travaille pas dans l’intérêt des résidents en interdisant l’utilisation d’asphalte et de gravier pour le remplacement des toitures dans l’arrondissement à partir de janvier 2015.

Aussitôt après avoir pris connaissance de la nouvelle sur RueMasson.com, il a écrit au maire François Croteau. L’asphalte et le gravier sont encore ce qu’il y a de mieux pour les toits de Rosemont et ce n’est pas vrai que les autres types de toitures sont de coût semblable ou inférieur, plaide-t-il.

Fondée en 1924, René Perron Couvreurs est l’entreprise qui remplace le plus de toitures dans l’arrondissement. Contrairement a bien d’autres couvreurs, elle propose tous les types de membranes pour toits plats : asphalte et gravier, EDPM, TPO et élastomère.

« Je les fais toutes!, dit Jacques Perron. Je suis couvreur depuis 33 ans, nous travaillons selon les règles de l’art et nous ne sommes pas capables d’arriver au même prix (pour les alternatives à l’asphalte et gravier). »

Les propriétaires qui feront refaire leur toiture réussiront certainement à se trouver un entrepreneur qui proposera des membranes EDPM, TPO ou élastomère à prix très compétitif. Mais attention : ils ne les installent pas tous de façon impeccable.

« Dans cinq ou six ans, on va avoir beaucoup d’ouvrage. Les gens vont avoir tellement de problèmes qu’ils vont nous appeler », prédit Jacques Perron. Déjà, une partie de son chiffre d’affaires consister à réparer des membranes blanches jaunissantes pas très âgées installées par d’autres sur le Plateau-Mont-Royal.

D’après lui, l’utilisation de quatre à cinq couches de papier-feutre et d’asphalte, le tout recouvert de gravier, demeure le meilleur moyen de couvrir nos vieux plex de Rosemont. Ces toitures sont très durables, faciles à réparer et elles conservent une certaine étanchéité même avec des défauts d’installation ou des dommages mineurs.

Trop de découpage

Les membranes TPO et EDPM sont monocouches. « Sur nos toits dans le quartier, il y a trop de découpage : quatre ventilateurs, une cheminée, un puits de lumière, un évent, un drain. Tu peux pas arriver à un bon rendement. À la moindre faille, au moindre petit bout mal collé, l’eau peut entrer. » Et bonne chance pour les réparer en hiver, en plein quand surviennent les infiltrations d’eau!

L’élastomère est un très bon produit, reconnait Jacques Perron. Il est bicouche, mais il a un grand défaut : il faut souder les joints à la torche. « Une flamme avec un pontage en bois de 90 ans, qu’est-ce que ça fait? » Parlez-en aux gens de Valleyfield, qui ont presque perdu leur église au feu en changeant la toiture!

AXA et Intact refuseraient d’assurer pour le feu l’installation de membranes d’élastomère. Plusieurs villes nord-américaines ont interdit le produit. Il existe maintenant des colles, mais elles ne donnent pas encore le même résultat que la soudure.

Pentes trop faibles

Le grand problème commun à ces membranes alternatives est qu’elles doivent être installées sur des pentes d’au moins un quart de pouce au pied. Sinon, la garantie du fabricant n’est pas valide. D’après notre couvreur, la pente sur au moins 60 % des vieux immeubles de Rosemont est tout simplement trop faible.

« Mon département de menuiserie va bien vivre, prévoit Jacques Perron. Pour travailler selon les règles de l’art, je vais devoir facturer 2000 à 4000 $ de plus pour corriger les pentes des toits avant d’installer ces membranes. »

L’asphalte des toits est le même que celui des rues, fait valoir l’entrepreneur. Rien à voir avec le goudron, un produit nocif qui n’est plus utilisé dans les toitures depuis 60 ans.

Si l’on veut tenter de contrer les îlots de chaleur, la solution la plus abordable et sécuritaire pour nos toits demeure les quatre ou cinq plis de feutre collés à l’asphalte et recouverts de marbre blanc, affirme Jacques Perron. Mais il n’y croit pas tellement non plus : dans le comble de deux de ses immeubles coin 5e avenue et Saint-Joseph, il a suivi la température sous du gravier gris et du marbre blanc. Aucune différence.

50 nuances de gris

Pour achever de nous désillusionner, M. Perron nous indique que peu importe la qualité ou la couleur de la toiture que vous ferez installer, l’arrondissement n’enverra pas d’inspecteur. Ces dernières années, il affirme avoir dénoncé en vain des dizaines de cas d’installation de toits gris et de couvreurs à l’oeuvre sans permis.

André Dumont est journaliste et inspecteur en bâtiment

Latest comments

  • Monsieur le journaliste indépendant,
    Avez-vous demandé à l’arrondissement de réagir ?
    Il me semble qu’il manque l’autre côté de la médaille…

  • La demande a été faite à l’arrondissement avant la publication de cet article, mais j’attends toujours qu’on me rappelle. Il y aura une suite à cet article, dès qu’on m’aura répondu.

  • L’arrondissement a été saisi récemment de la demande et collige actuellement toute l’information nécessaire afin d’apporter un nouvel éclairage aux propos tenus dans cet article.

  • Nous indiquons clairement que d’autres articles seront faits dans les prochains jours. Chacun aura le loisir de présenter son point de vue. Signalons que l’Arrondissement a aussi donné son point de vue dans l’article en lien.

  • Le conseil d’arrondissement aurait tout intérêt à faire ses devoirs avant d’imposer ses diktats, qu’il se confesse d’avoir à colliger « toute l’information nécessaire afin d’apporter un nouvel éclairage aux propos tenus dans cet article » est tout à son honneur…

  • C’est une erreur grave de l’arrondissement d’imposer des toits blancs et de bannir les couvertures gravier asphalte parce que un toit n’a pas de masse thermique et change très peu de choses aux ilots de chaleur. La masse thermique vient des trottoirs de la rue des ruelles et des murs de briques qui emmagasinent longtemps la chaleur et la dégage sur une période de 24 heures. De plus, plus un toit est en élévation moins le toit n’influence l’ilot de chaleur. Il est préférable de compenser par de la végétation sauf sur les toits pas conçus pour des charges de terre. ( D’un Ingénieur à la retraite.). La Ville devrait se raviser.

  • Est-ce qu’il y a une raison bénéfique pour cela de bannir les toits en asphalte? Je sais bien que les toits blancs sont bons pour l’environnement et absorbent moins de chaleur que les toits en asphalte, mais les toits en asphalte ont été utilisés depuis des années, je dirais qu’il faut laisser les gens qui veulent garder l’ancient technique des toits d’en garder, et ceux qui veulent les toits blancs à faire. On remarquera la différence après.

    Eric | http://www.couvreurgp.ca/fr/nos_services.html

  • Merci beaucoup d’avoir partagé cette information concernant les couvreurs. J’ai aimé vos conseils sur les couvreurs et les avantages du bon travail. Je pense qu’il est important de faire des recherches avant de travailler sur un toit, car c’est une décision qui va durer dans le futur. Passez une bonne journée ! Durandana

  • Je vous remercie de ces informations du règlement payant pour les couvreurs. Est-ce qu’il y a des avantages en interdisant l’utilisation d’asphalte et de gravier pour le remplacement des toitures ? N’importe la raison, ce n’est pas nécessairement grave. Il y a beaucoup de matériels qu’on peut utiliser pour les toitures. Par exemple, on peut avoir une toiture végétalisée. L’avantage de cela est que c’est très bénéfique pour l’environnement.
    Clarice | http://www.etancheitetrudeau.ca

  • Clarice je suis d’accord avec toi, les toits végétalisées sont chouette et je veux en voir davantage dans l’avenir. Ce qui me concerne c’est que je n’ai pas vu d’études qui disent que les toits en asphalte sont néfastes pour l’environnement. Je comprends que l’asphalte peut polluer la terre, mais on la mis sur une maison, non dans un jardin. En tout cas l’article est bien intéressant.

  • Bonjour, et merci beaucoup d’avoir partagé cette information sur la situation des couvreurs. Un toit est une partie très importante d’un bâtiment, et en tant que tels les couvreur a un travail très important. Je pense qu’il est important de s’assurer qu’un toit est fait correctement pour éviter des problèmes potentiels dans l’avenir.

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