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mardi le 23 octobre
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Une galerie de personnages anonymes, mais néanmoins historiques

Sur les murs d’un nouveau café sis sur le boulevard Rosemont, Rose Café, les photographies-montages de Guillaume Vallée s’exposent. Ces collages issus de l’imaginaire de Vallée sont parfois réalisés avec, ou par, d’autres artistes et offrent des personnages incongrus. Ont aussi signé des oeuvres, Anchal Malhotra et Andrée Roussel, dont la collaboration vient enrichir la sélection.

La structure du discours, Aanchal Malhotra et Guillaume Vallée, 2013, collage et lettrage sur papier

La structure du discours, Aanchal Malhotra et Guillaume Vallée, 2013, collage et lettrage sur papier

Utilisant des photographies d’archives historiques du siècle dernier, ou encore du plus lointain 19e siècle, Guillaume Vallée manipule les images avec ironie créant des mises en scène dont la lecture transfigure le sens original de l’illustration.

Les titres énigmatiques renchérissent le caractère intriguant. Par exemple, Un cauchemar stratégique présente deux hommes accroupis auprès d’une vaste forme écarlate. Flanqué à leur droite, un homme debout, nonchalant, à deux visages.

Le visage est en fait rarement dévoilé. Vallée cherche constamment à rendre invisible à nos regards les traits des personnages sur les photographies desquelles il puise son matériel. De plus, les intitulés mystérieux fournissent peu de prises à notre compréhension, le visiteur ne bénéficie donc de guère d’informations pour analyser les scènes devant lui.

Andrée Roussel, quant à elle, nous propose un portrait en buste d’une femme distinguée dont le visage apparaît camouflé par des ornements similaires à ceux parant son imposant chapeau. Comme si les dictats sociaux de la mode soutirent l’identité à cette jeune femme.

Ici, c’est un homme accompagné d’un chien savant, déchiré en plusieurs fragments, qui semblent se transformer en une majestueuse queue-de-paon. Celle-ci agrémente la robe d’une femme en tenue de soirée dans After a ten-year argument over its potential merits. Ou encore, The suffocating luxury nous dévoile la photographie d’un dandy élégamment vêtu, dont les traits sont cette fois cachés par des taches d’acrylique multicolores. Son visage, lacéré, est recollé sur ses mains jointes devant, celles-ci étant également déchirées puis recollées.

Des clins d’oeil à l’histoire de la colonisation en Amérique se perçoivent ça et là. Comme dans La réplique de la Santa Maria en 1893, collage, encre et lettrage sur papier, réalisé avec Anchal Malhotra exhibant une femme peu vêtue étendue, à la pose invitante, alors que ladite Santa Maria fait plutôt référence à une nef utilisée lors des voyages de Christophe Colomb.

D’ailleurs, l’allusion au célèbre navigateur est directement affichée dans Colomb enchaîné sur son navire, montrant à nouveau une femme allongée. Le titre pourrait rappeler le mythe d’Ulysse attaché à son mât afin de résister à l’appel enivrant, mais meurtrier, des sirènes.

Enfin, une triste ironie se dégage de Fernand Cortès s’oppose à des sacrifices humains, où un groupe de femmes tenant un nouveau-né, trois assises devant, quatre debout derrière. Ces dernières ayant toutes la tête coupée. Ce titre reprend celui d’une estampe du lithographe Turgis datée de 1845 montrant Cortès en fier héros.

Bref, Vallée par son intervention sur d’anciennes photographies noir et blanc les dénaturent pour leur donner une nouvelle signification : des pans colorés sont ajoutés, des morceaux sont arrachés, parfois recollés ailleurs. Les ajouts de peinture s’attardent généralement aux personnages; contraste curieux et révélateur où ceux dont on cache l’identité sont également ceux à qui on accorde une attention esthétique particulière. 

Rose Café : 2216, boulevard Rosemont Est

Sélection de collages (2011-2014)

Du 30 avril au 31 mai 2014

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