Déçu pour le Québec, mais combatif pour Rosemont

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Jean-François Lisée demeure député de Rosemont, mais voit plusieurs de ses collègues mordre la poussière, dont sa chef Pauline Marois qui a annoncé son départ lundi soir. Moins de 24 heures après la débandade, on le sent déçu, triste, très triste même, mais il a repris assez d’aplomb pour répondre à nos questions. Nous sommes allés le rencontrer, mardi après-midi, dans son bureau de ministre au Centre de commerce mondial qu’il s’apprête à quitter.

Jean-François Lisée est heureux d'être de retour dans Rosemont. Photo : LisaMarie Noël/RueMasson.com

Jean-François Lisée est heureux d’être de retour dans Rosemont. Photo : LisaMarie Noël/RueMasson.com

Il nous accueille avec un léger sourire. «Je suis content d’être là, mais je suis assez triste de ce qui s’est produit», confie-t-il. Jean-François Lisée est un survivant de son parti à Montréal. Il ne reste que quatre députés péquistes, alors qu’ils étaient six à s’être fait élire en 2012. C’est un dur coup pour l’équipe qui croyait, en début de campagne, pouvoir doubler le nombre d’élus péquistes dans la Métropole.

«Je suis reconnaissant envers les gens de Rosemont de m’avoir choisi, dit-il. La lutte a été plus serrée que la dernière fois. J’ai senti le signal que les Québécois voulaient envoyer au Parti québécois.» La lutte a été serrée lundi entre Jean-François Lisée et  le candidat libéral Thiery Valade. Il ne s’agissait pas d’un candidat vedette, ni d’un résident du quartier, ni d’un fin connaisseur des dossiers du quartier. Il a tout de même talonné le péquiste une bonne partie de la soirée. En 2012, les libéraux récoltaient 20 % des votes dans Rosemont. Ils en ont eu 30 % lundi. « C’est un écho local d’un sentiment national», conclut-il.

Jean-François Lisée garde un bon souvenir de sa campagne dans Rosemont, de son porte-à-porte, du contact avec les citoyens et des franches discussions qu’il a eu avec eux. « Il y a des gens qui me disaient « on n’est pas trop sûr pour le PQ cette année, mais on sait que vous êtes un bon député » […] J’ai pu voir dans une partie de l’électorat qu’il y avait une reconnaissance de ma présence et de mon action. J’étais leur député. Ça m’a beaucoup motivé. »

Qu’est-ce que le changement de gouvernement peut signifier pour Rosemont? Il prend une pause avant de répondre. «Évidemment je suis très inquiet. Je suis inquiet parce qu’il y avait plusieurs dossiers qu’on poussait et on avait une bonne oreille dans les cabinets où j’avais des collègues.»

La réussite d’un dossier n’est pas seulement une question d’argent. Il s’en est rendu compte lors de ses 18 mois au pouvoir. Cela repose beaucoup sur « la capacité d’attirer l’attention du décideur sur ce projet entre mille autres.» Il indique toujours avoir eu une bonne oreille, lorsqu’il était ministre de la Métropole, auprès des députés, même les députés libéraux, qui avaient des demandes. Il espère que l’accueil sera réciproque et tout aussi efficace. « Il faut se montrer présent dès le départ […] J’ai ma liste de dossiers et je vais les suivre comme un aigle et on va les faire progresser», dit-il. On le sent prêt.

Il est déjà à l’affût et indique que les Libéraux ont déjà mentionné certains projets à poursuivre comme le prolongement de la ligne bleue et des investissements pour l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Le départ de Mme Marois
Au rassemblement du Parti québécois lundi soir, Jean-François Lisée, Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau sont montés sur la scène pour s’adresser à la foule. Plusieurs les ont accusés de vouloir commencer une course à la chefferie avant le temps. Savaient-ils à ce moment que Pauline Marois quitterait son poste? « On l’a présumé. Ce sont ses conseillers qui nous ont demandé de monter sur scène pour garder la salle et pour rassurer les militants qui étaient là. Nous y avons été en bons soldats», répond-il.

Quand on lui demande de commenter le départ de Pauline Marois, on le sent plus émotif. « J’ai écrit un billet là-dessus aujourd’hui.» Il a publié le texte Très chère Pauline dans son blogue mardi matin, une sorte de lettre de consolation pour celle qui l’a accueilli dans son équipe en août 2012.

Le Parti québécois doit maintenant réfléchir à son avenir, à la direction qu’il prendra et à la prochaine étape qu’il veut franchir. À partir de ça, le parti pourra mieux savoir qui pourra mener les troupes vers cette nouvelle étape.

Qui voit-il comme nouveau chef? «Je n’en ai pas la moindre idée.» Est-il lui-même intéressé? « Je répondrai par un très long soupir…»

4 ans dans Rosemont
Quand on lui parle de son poste dans Rosemont, il retrouve son enthousiasme. Restera-t-il pour les quatre prochaines années? « Ça c’est certain! Pour moi, une élection est un contrat de confiance entre un représentant et ses électeurs. Je vais faire mon mandat. J’ai adopté Rosemont et j’ai l’impression que Rosemont m’a adopté.»

« Il y a des moments où on n’est pas content de la direction que prend la nation et là c’est clair que ça va être le cas pour quatre ans à Québec. Heureusement, on peut se replier sur l’amélioration locale de la vie et s’il y a un endroit qui est fécond pour ça, c’est Rosemont! Je suis très content d’être avec les Rosemontois pour cette période-là.»

Jean-François Lisée organisera sous peu des porte-ouverte à son bureau de circonscription pour rencontrer les citoyens.

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