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vendredi le 18 octobre
HomeÉlections 2014Louise Mailloux: féministe et souverainiste pour Gouin

Louise Mailloux: féministe et souverainiste pour Gouin

Dès son entrée dans l’arène politique, Louise Mailloux n’a laissé personne indifférent. D’un côté, ses partisans louent ses prises de positions qu’ils considèrent comme courageuses sur la laïcité et les droits de femmes, de l’autre, ses détracteurs l’accusent d’intolérance et d’alarmisme. Portrait d’une femme sans compromis. 

Louise Mailloux, candidate du Parti québécois dans Gouin

Louise Mailloux, candidate du Parti québécois dans Gouin

RueMasson.com a fait des demandes d’entrevue à toutes les personnes candidates des circonscriptions de Rosemont et Gouin. Aujourd’hui, on vous présente Louise Mailloux, candidate du Parti québécois dans Gouin.

Devant un café au Faste Fou, rue St-Hubert, la candidate péquiste explique ce qui l’a convaincue de faire le saut en politique. « Ça faisait longtemps que j’espérais qu’un gouvernement ait le courage de présenter un projet de loi sur la laïcité », justifie celle qui habite Rosemont depuis maintenant plusieurs années.

Professeure au cégep du Vieux-Montréal, Louise Mailloux enseigne la philosophie depuis plus de 30 ans. Militante laïque et féministe, elle affirme s’être engagée en politique parce qu’elle est persuadée qu’il faut aller au-delà des paroles et réaliser concrètement ce pour quoi on défend des idées.

Le sujet de la Charte

Bien que l’enjeu ne soit pas spécifiquement local, il est difficile de ne pas aborder le débat sur la Charte avec la candidate, particulièrement le port de signes religieux. « Dans les institutions publiques, l’état s’incarne d’abord et avant tout dans les individus. Un état laïque est tenu d’être neutre sur le plan religieux. Les employés de l’état devraient aussi afficher cette neutralité. Cela signifie qu’ils ne devraient pas porter de signes religieux ostentatoires. Tout comme pour leurs convictions politiques, ils ont un devoir de réserve sur leurs heures de travail », rappelle Mme Mailloux.

Elle concède qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire sur ce qu’est la laïcité. « Pourquoi veut-on un état qui est neutre sur le plan religieux? Parce qu’on ne veut plus, contrairement à une certaine époque, d’un état qui impose une religion. On veut que chaque individu puisse avoir la liberté de conscience. »

Est-ce que c’est un problème qui nécessitait pour autant une nouvelle législation? La candidate revient sur le contexte qui a mené à cette décision de son parti, que certains ont qualifiée d’électoraliste. « Ce n’est pas électoraliste. En 2007, un rapport a été commandé par le gouvernement (libéral) sur les demandes d’accommodement dans les écoles publiques (NDLR : Une école québécoise inclusive : dialogue, valeurs et repères communs) . On y révélait que 78 % des demandes ont été faites pour des motifs religieux. Donc, déjà en 2007, il y avait des questions et une inquiétude légitime. Puis, il y a eu la Commission Bouchard-Taylor, où des mémoires ont été présentés. Nous avons un gouvernement qui a décidé, avec courage – car le religieux est un sujet très sensible – de présenter un projet de loi et assumer sa responsabilité politique. Cela fera en sorte que ce ne soit pas les juges de la Cour suprême qui décident du cadre laïc au Québec et qu’on donne aux gestionnaires partout dans les institutions publiques au Québec des balises claires qui vont favoriser le vivre ensemble et la paix sociale », explique-t-elle.

Syndicaliste et progressiste

Se présentant comme une femme de gauche et syndicaliste, Louise Mailloux combat la perception que le Parti québécois s’en irait vers la droite, sentiment exacerbé par la candidature de Pierre Karl Péladeau. « Le Parti québécois, c’est une large coalition de souverainistes. Vous avez des gens de gauche, dont je suis, et d’autres candidats de gauche, je pense à Daniel Breton, Pierre Céré, etc. Nos propositions ont un souci de justice sociale, tout autant qu’à Québec solidaire : des garderies accessibles, des programmes de prise en charge des enfants dans les milieux moins favorisés pour la maternelle à 4 ans, un programme pour les cantines scolaires, une politique de lutte à l’itinérance. Je crois qu’on est beaucoup plus à gauche qu’à droite. Pour faire un pays, on a besoin de tout le monde. On ne dira pas que nous avons droit à l’indépendance si et seulement si nous sommes socialistes. Nous sommes une nation et ça suffit pour avoir le droit de se donner un pays. Par la suite, nous choisirons quel genre de pays nous voulons. »

Raviver le sentiment national

L’appui à la souveraineté n’ayant pas beaucoup bougé depuis le dernier référendum, surtout chez les jeunes, Louise Mailloux explique que l’éducation pourrait servir à rallumer la flamme. « Le sentiment national est moins présent chez les jeunes que chez les gens de mon âge par exemple. À cause des expériences de vie. Quand j’étais à l’université, c’était la bataille pour le droit de vivre en français. On est descendu dans la rue. Pour les garderies, on s’est battu, on a occupé des écoles désaffectées. Ça marque, ce sont des choses qu’on n’oublie pas et on ne veut pas perdre ces acquis. Je crois que la première chose à faire est de mettre en place des cours sur l’histoire nationale. C’est important de bien connaître son histoire, de savoir d’où on vient et quelles sont les batailles qui ont été menées. Quand je raconte à mes étudiants qu’il a fallu attendre 1980 pour qu’une femme puisse d’elle-même aller à la banque pour avoir une hypothèque, ils n’en reviennent pas. On n’avait pas ce pouvoir-là! Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire? On a fait beaucoup de chemin sur la question de l’avortement, du mariage, du divorce, du droit civil… Quand on parle de ces choses-là, le sentiment national, tout d’un coup, se ravive et les gens comprennent mieux en quoi on a une histoire, des valeurs, une identité. Et ça, vaut la peine d’être défendu. »

Les priorités pour Gouin : logements abordables et garderies

« Nous avons dans notre plateforme un projet pour construire 7 500 logements sociaux sur l’ile de Montréal d’ici 5 ans. Cela permettra le maintien des gens les plus pauvres dans des logements décents et favorisera la mixité sociale. Peu importe leurs revenus, il faut que les gens puissent continuer d’habiter le quartier. Il faut trouver un juste équilibre entre les logements sociaux et l’accès à la propriété », souligne Louise Mailloux.

La question des garderies est aussi pour elle un enjeu fondamental. « Si on veut une réelle égalité entre les hommes et les femmes, il faut vraiment qu’il y ait une prise en charge de la maternité. Le réseau des garderies mis en place depuis 1997 a permis de mettre en emploi 70 000 femmes. C’est fantastique! Cela signifie également qu’il y a plus de femmes dans les salles de cours et qu’elles ont, comme les hommes, l’opportunité de poursuivre des études, de travailler et d’avoir une autonomie financière. Au Parti québécois, on a débloqué de l’argent pour créer 28 000 nouvelles places. Dans Gouin, une bonne partie de la population est des jeunes familles et j’entends bien aller chercher des places pour la circonscription. C’est un dossier qui me tient a coeur et qui permet une égalité au niveau des rôles parentaux » conclut la candidate.

Consultez notre section spéciale sur les élections provinciales 2014 avec les entrevues des candidat-e-s des circonscriptions de Rosemont et Gouin.

Latest comments

  • Et d’ou viennent vos accusations (graves) monsieur Sirkowsky? Je suis surpris que Rue Masson laisse de tels commentaires s’écrirent ici de la sorte!

  • JP : il est difficile de modérer un commentaire avant même qu’il ne soit écrit.

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