Une exposition aux couleurs éclatées du Mexique

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À deux pas de la station de métro Rosemont, se trouve la jeune galerie Le Repaire des 100 talents qui encourage le travail d’artistes émergents. Selon une formule régulière d’expositions collectives et thématiques, des créateurs de la relève peuvent y présenter leurs réalisations. La galerie ne représente pas d’artistes attitrés, mais s’est plutôt donnée comme mandat de promouvoir l’accès à un lieu de diffusion accessible et convivial pour une génération montante d’artistes pour qui il n’est pas toujours facile de trouver des murs où accrocher leurs œuvres.  

L’exposition qui a lieu jusqu’au 22 mars s’inspire de l’oeuvre de l’artiste mexicaine Frida Kahlo. Si les thèmes abordés au Repaire des 100 talents sont généralement proposés par les deux propriétaires de la galerie, cette fois c’est l’artiste Annie Marois qui est à l’origine de l’événement.

Frida Kahlo fut une peintre mexicaine, née à Coyoacan en 1907 et décédée en 1954 dans sa ville natale, près de Mexico. Ses tableaux, dont plusieurs montrent des autoportraits, présentent une facture très personnelle qui plonge ses racines dans l’art populaire mexicain.

De plus, Kahlo s’intéresse de façon récurrente au corps, celui-ci souvent meurtri, et aux tourments de l’âme. Même si Kahlo s’est essentiellement consacrée à l’art pictural, ici elle devient source d’inspiration à divers médiums et tout y passe : peinture certes, mais également aquarelle, collage, impression, pastel, sculpture, installation, costume, photographie ou bijou.

Détail de Paloma negra de Mimi Traillette.

Détail de Paloma negra de Mimi Traillette.

Si la douleur humaine est un sujet largement exploré dans l’exposition, on dénote tout de même plusieurs touches d’humour. Par exemple, dans les figurines métalliques de Branimir Misic avec leurs grands yeux cartoonesques. Il n’en reste par moins que l’assemblage intitulé Frida nous rappelle la dure réalité de Kahlo dont la vie a été dominée par de graves problèmes de santé.

En effet, victime d’un terrible accident de la route qui lui aura valu un grand nombre d’opérations chirurgicales tout au long de sa vie, la figurine féminine en chaise roulante de Misic fait directement référence à l’artiste mexicaine qui en fit usage suite à l’amputation d’une partie de sa jambe droite à cause d’une gangrène.

Paraissant plus festif mais toujours avec ce ton doux-amer, le personnage de feutre Taco muerte de Mimi Traillette, buvant une bière Corona, n’en est pas moins sombre. Si, à première vue, la scène de cet homme à tête de taco, dans un contexte de réjouissance suggéré par des banderoles de papier colorées qui ornent son univers circonscrit par une boîte de bois, nous fait sourire, le titre nous rappelle néanmoins qu’on nous présente bel et bien un drame.

Dans cette exposition, on voit des œuvres d’Alice dans la lune, Marie-Ève Cardinal, Cara Carmina, Josée Couture, Louise Édith Hébert, Anna-Louise Fontaine, Luc Giard, Johan Jansson, Nathalie Lafortune, Adeline Lamarre, Annie Marois, Caroline Mathieu Banville, Branimir Misic, Melsa Montagne, Nadia Nadège, Julie Parent, Luc Poudrier, Samuelle Rousseau Lamontagne, Julie Salkowski, Mimi Traillette et Richard Vautour.

Le repaire des 100 talents
5867, rue St-Hubert, Montréal
Exposition collective inspirée par Frida Kahlo
Du 13 février au 22 mars 2014

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