Henri Brien, jeune coq dans le ring de la politique municipale

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Il était plutôt jeune, Henri Brien lorsqu’il accéda au poste de conseiller municipal en 1932. À 28 ans, on le qualifiait à l’époque de plus jeune échevin à être élu au conseil municipal. Fort populaire, ce courtier d’assurances a facilement délogé son prédécesseur. Il remportera cinq élections consécutives avec des majorités marquantes.

Henri Brien, échevin de Rosemont à partir de 1932. Source : Archives de la Ville de Montréal

Henri Brien, échevin de Rosemont à partir de 1932. Source : Archives de la Ville de Montréal

Les Rosemontois se tournaient vers la jeunesse, en 1932, en préférant Henri Brien, 28 ans, au conseiller de longue date Newton Drummond, 66 ans. Ce dernier, un riche cultivateur de la Petite-Côte, était le premier échevin de Rosemont. M. Drummond est battu à l’élection du 4 avril 1932 par Henri Brien, courtier d’assurances. Et la majorité du jeune candidat est forte : 4463 votes vont à Brien contre 2473 votes pour Drummond (source p. 117).

Henri Brien était un courtier d’assurances du boulevard Rosemont. On retrouve une publicité de son bureau dans le programme de la Grande Kermesse de l’église Sainte-Philomène en 1936 (voyez la publicité à la fin de l’article).

Brien remporte toujours ses élections avec une forte majorité (source p. 120 et 127) . Même lorsqu’il affronte Joseph Napoléon Drapeau, le père de Jean Drapeau le futur maire de Montréal, le 15 décembre 1938. Brien est élu sans équivoque avec 4554 votes contre 1688 votes pour Drapeau père (source p. 123).

Contrôleur des combats de boxe

Pendant deux ans, Henri Brien a touché de près aux sports de combat à Montréal. Il a été un des cinq membres de la Commission athlétique de Montréal de 1934 à 1936. «Le mandat d’origine de la Commission athlétique de Montréal est de supporter les associations sportives amateurs et professionnelles. Elle doit aussi superviser les sports de combat sur le territoire de la Ville de Montréal.», rapporte le site ArchivesCanada. Dès 1922, la Cité de Montréal a émis des règles pour régir les matchs de boxes sur son territoire (prise du poids des boxeurs en public, émission de permis pour les boxeurs, gérants et arbitres, récolte d’une taxe sur les spectacles de boxes et autres combats, etc).

Représentant des locataires et des propriétaires

En 1940, Henri Brien est élu par acclamation comme un conseiller de classe B (source p. 131). À partir de cette élection, le mode de représentation à Montréal est modifié. On voit apparaitre des conseillers de classe A et des conseillers de classe B. Les échevins de classe A sont élus par les citoyens qui sont propriétaires. Les échevins de classe B sont élus par les locataires et les propriétaires, comme c’était la cas pour Henri Brien.

Chaque quartier compte 6 élus : 3 conseillers de classe A et 3 conseillers de classe B. Le quartier de Rosemont devient le district no 9. À l’élection suivante, le 14 décembre 1942, Henri Brien ne se représente pas.

Après la politique, l’immobilier

Selon la Commission de toponymie du Québec, Henri Brien « quitta la politique pour se lancer dans l’immobilier. Il acheta d’abord un terrain compris entre les rues Bélanger et Bellechasse, de la 6e à la 11e Avenue, qu’il développa sous le nom de Nouveau-Rosemont. Il acquit ensuite le quadrilatère entre les rues Louis-Hémon, Sagard, Jean-Talon et Tillemont, où il fit construire sa résidence.»

Depuis 1991, une toute petite rue porte son nom. Elle longe le boulevard Crémazie entre l’avenue Des érables et la rue Louis-Hémon, un peu à l’est de De Lorimier.

Publicité du bureau d'assurances de Henri Brien, publié en 1936.

Publicité du bureau d’assurances de Henri Brien, publié en 1936.

Autres articles pour en savoir plus sur les élu-e-s de Rosemont
100 ans d’élus dans Rosemont
Newton Drummond, le premier échevin de Rosemont
– Joseph Napoléon Drapeau, le père du maire
– Lucie Bruneau, une des premières femmes élues à Montréal
– Les trois maires de Rosemont-La Petite-Patrie

 

1 commentaire à Henri Brien, jeune coq dans le ring de la politique municipale

  1. gilles.lacoste

    Ma mère qui a vécu sa jeunesse tout à côté sur le boulevard Rosemont m’a souvent parlé du « père Brien » qui possédait un caveau dans le champ vacant derrière cette maison (entre la première avenue et la rue des Carrières). On y entreposait de la dynamite semble-t-il. De plus à cette adresse sur le boulevard Rosemont, il me semble qu’il y avait une sorte de magasin général. Les plus vieux que moi s’en souviennent peut-être. Y habitait aussi une famille Cataford (?).

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