Les étrennes, la neige, les patins à lames et à roulettes

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Les moments heureux dans la vie de tous les enfants étaient, sans doute, les étrennes. Étant une famille traditionnelle franco-québécoise, Noël était la grande fête religieuse avec la messe de minuit, le réveillon et le bas de Noël débordant de bonbons, d’un fruit et d’un petit jouet; les étrennes, c’était pour le Jour de l’an, après la bénédiction paternelle. Mais voilà, entourés de familles anglophones dont les enfants recevaient leurs étrennes à Noël, ils bénéficiaient de leurs cadeaux une semaine avant nous et nous « jouaient au nez » avec leurs patins, traineaux, toboggans, hockey, etc, durant cette semaine de congé scolaire. Mais nous, enfants sages nés de parents compréhensifs, on a enfin obtenu nos cadeaux partiellement à Noël, pour les articles d’hiver.

 

Les Ouellette dans le champ en 1936 (aujourd’hui la 10e Avenue). Archives : SHRPP

Gilbert Ouellette, un résident de longue date de la 10e Avenue, nous partage ses souvenirs du quartier. Article publié originalement le 31 décembre 2012.

Parlons de patinage sur les trottoirs. Les petites charrues à un cheval, appelées « grattes », étendaient bien plus la neige qu’elles ne l’enlevaient. Cette neige s’amolissait sous le soleil le jour (car, à l’époque peu de hautes maisons pour y faire de l’ombre), et se durcissait le soir et la nuit. On pouvait donc souvent apprendre à patiner et à jouer au hockey devant sa maison et les terrains vagues.

Parfois le verglas couvrait rues et trottoirs, il y avait si peu d’automobiles en circulation que j’ai vu mes frères et soeurs adultes avec leurs amis, entre 19 et 21 heures, virevolter dans les rues Dandurand, Holt, 1ère à 10e Avenue et au-delà.

Lors des chutes de neige, les adeptes de traîneaux et de « traîne-sauvage », même de ski s’en donnaient à coeur joie sur les trottoirs des rues pentues, sur la butte et le grand trou d’un terrain sis sur la 10e Avenue au sud de Holt, sur le site de l’église Ste-Bibiane, sur la grande butte de la 2e Avenue et Laurier, puis les plus grands sur la côte Morgan rue Sherbrooke à l’est du boulevard Pie IX.

Enfin, j’ai vécu un fait cocasse : étant un passionné du patin à roulettes, j’en reçus une paire à Noël 1939 ou 40, à l’âge de 13 ou 14 ans. Voulant bien les essayer, voilà-t’y pas qu’un redoux de fin décembre mit le centre des rues à découvert exceptionnellement le 1er janvier 1940 ou 41. Ce Jour de l’an, l’après-midi me vit parcourir le circuit mémorable au centre des 10e Avenue, Holt, 1ère Avenue, Dandurand et 10e Avenue jusqu’à mi-côte, où mon père m’accueillait par ces mots : « Garçon, tu te souviendras longtemps de ce Jour de l’an. »

Oui je l’aurai dans la mémoire longtemps.

6 commentaires à Les étrennes, la neige, les patins à lames et à roulettes

  1. gilles lacoste

    Ce texte me rappelle deux souvenirs de Rosemont. Ainsi la veille de Noël, nos parents nous couchaient après le souper afin de, pensaient-ils, nous réveiller un peu avant minuit. Bien sur, nous restions éveillés jusqu’à ce que ça sonne à la porte vers 11h30 pm. Alors mon père simulait une conversation avec le Père Noël, lui disant de déposer les cadeaux au pied de notre arbre. Quant à la messe de minuit, j’ai un jour eu le privilège (à 8 ou 9 ans) d’accompagner ma mère chez les Pères Franciscains sur le boulevard Rosemont près de Lacordaire. En fait c’était de 3 messes qu’il s’agissait et j’ai compris bien jeune le sens du poème: « ô temps suspend ton vol… »

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  2. Lisa Marie Noel

    M. Lacoste, je vous contacte la prochaine fois pour que vous nous racontiez vous aussi vos souvenirs! :-)

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  3. Gilles Grenier

    Oh que de beau souvenirs mon quartier d’enfance ma famille demeurais sur la 10 e avenue entre Masson et laurier !

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  4. Nicolas Geoffroy

    Très intéressant!

    Selon les archives météo d’Environnement Canada M. Ouellette a essayé ses patins à roulettes le 1er janvier 1941 car il y avait eu un redoux et pas mal de pluie vers la fin décembre 1940…

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  5. nicole alix

    moi je restais sur la 4 ieme avenue entre masson et laurier.j allais a l école ludger Duvernay et sainte philomene

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  6. nicole alix

    le maire drapeau avait fait planter des érables a tous les 2 duplex sur les avenue a cause de l expo en construction

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