Les joueries et passe-temps de l’hiver

Par -

Dès l’arrivée de la neige, les enfants sont toujours très heureux. Malgré la pauvreté de beaucoup de familles du quartier dans les années 30, les étrennes réjouissaient les jeunes : patins, traîneaux, « sleighs » et skis.

Jeannine Gagnon sur la patinoire St-Amour à l’angle de la rue Masson et 2e Avenue en 1938. Archives de la SHRPP.

Gilbert Ouellette, un résident de longue date de la 10e Avenue, nous partage ses souvenirs du quartier. Article publié originalement le 27 décembre 2012.

Plusieurs sites attiraient pour les glissades, soit les rues en pente (sans voiture à l’époque) et leurs trottoirs. Nombre de sites hors rues étaient bien fréquentés : pour les petits, le terrain sous l’actuelle église Ste-Bibiane; pour les plus grands, la butte et le trou (ancienne excavation) de la 10e Avenue au sud de la rue Holt; la butte près de Laurier et 2e Avenue et plus loin pour les samedis et dimanches, les Rosemontois adolescents se rendaient à la côte Morgan (Sherbrooke à l’est de Pie IX) et au pied du mont Royal.

On patinait sur les trottoirs, sur des terrains privés, dans les « ronds » des cours d’écoles, sur le tennis angle Masson et 2e Avenue, puis au CPRAAA angle 11e Avenue et Laurier. Partout les petits couraient sur les bancs de neige (non ramassés à l’époque) entre rues et trottoirs, y faisaient des tunnels et des forts pour se lancer des boules de neige durcie. Les jeunes adolescents farauds faisaient leurs premiers clins d’oeil aux filles en les baladant en traîne-sauvage, ou en faisant des tas de neige de 3 ou 4 pieds près des escaliers ou balcons et en y sautant du 2e étage, une bravache pour épater ces belles.

Enfin un nouveau sport à risque vit le jour vers 1940-50 : se cacher quand un chauffeur va démarrer, s’accrocher au pare-choc arrière pour glisser sur les talons. Les plus téméraires de 14 à 18 ans le faisaient derrière des autobus et « swignaient » dans les tournants.

Fin mars ou début d’avril, dans les rues en pente, les rainures faites par les automobiles devenaient des rigoles où les jeunes se faisaient des petits barrages et faisaient des courses de petits bateaux.

Bonheur perdu… mais doux souvenirs.

2 Comments to Les joueries et passe-temps de l’hiver

  1. gilles lacoste

    Au début des années 50, il y avait une patinoire dans le triangle compris entre la rue Holt, la 1ere avenue et la rue Des carrières (près du caveau où le père Brien entreposait jadis la dynamite servant à la construction). Comme c’était près de notre logement sur le blvd Rosemont, mon père m’y amenait non sans avoir chaussé nos patins à l’intérieur de notre logement. J’arrivais alors à la patinoire les chevilles déjà fatiguées. C’est toujours un plaisir de lire de tels souvenirs.

    > Appréciation du commentaire Thumb up 4 Thumb down 0

  2. À la campagne, mon père nous entretenait un grand rond à patiner sur notre lac. Comme proximité, on ne pouvait pas demander mieux. Il faut réinventer avec nos petits à Montréal, on n’a pas toujours le temps d’aller à la patinoire à 5 ou 6 rues. Voyez ma toute petite pendant que je déneigeais l’auto : http://wp.me/p3Huf2-r3 La photo est au milieu de l’article.

    > Appréciation du commentaire Thumb up 0 Thumb down 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>