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Rosemont en vedette dans une nouvelle

Si Michel Tremblay a donné vie au Plateau Mont-Royal, Marie Hélène Poitras à Griffintown et Daniel Grenier à Saint-Henri, Rosemont peut maintenant compter sur Raymond Bock. L’auteur a fait paraître en novembre Rosemont de profil, une excellente novella sur le quartier de son enfance.

CV_MaximeRBockMême s’il a quitté Rosemont à l’âge de 17 ans, Raymond Bock est resté attaché au quartier où il a grandi. La promenade Masson, la piscine Rosemont, le parc Maisonneuve : autant de lieux qui sont évoqués dans le court ouvrage et qui ont une résonnance particulière pour l’auteur.

Après la parution de son recueil de nouvelles, Atavismes, en 2011, l’auteur désirait « revenir en ville ». « J’ai voulu écrire un texte urbain d’abord et avant tout, explique-t-il, question de sortir du bois. Tout naturellement j’ai écrit sur le quartier que je connais le mieux, celui où j’ai grandi et qui inscrit au plus profond mon appartenance à Montréal, et le prétexte scénaristique d’une vieille amitié à retrouver m’a forcé à remonter mes souvenirs. »

Les réseaux sociaux sont l’occasion d’épier secrètement nos semblables ou encore prendre des nouvelles de ceux que l’on n’a pas vus depuis longtemps. L’auteur utilise Facebook comme prétexte à des retrouvailles entre le narrateur, Sylvain, et Julien, son ami d’enfance avec lequel il a fait les 400 coups. Les deux jeunes garçons étaient alors membre du club de la piscine de Rosemont et en ont fait voir de toutes les couleurs à leurs camarades et entraîneurs.

Sylvain laisse lentement remonter les moments pas toujours glorieux ou doux de son enfance, alors qu’il déambule à pied dans Rosemont en route vers la maison de Julien qu’il n’a pas vu depuis des années. Cet intriguant voyage identitaire sur les traces de son passé ne se fait cependant pas sans heurts. Aux côtés des bons moments s’ouvrent aussi les blessures du passé : « S’il y a de bons souvenirs liés à la force de cette amitié, la déambulation de Sylvain dans le quartier ravive surtout des souvenirs traumatiques, les désagréments du camp Masson, des tourments liés au divorce de ses parents, des images de dentiste mort dans son cabinet… Il lui faut passer derrière le décor, dans les ruelles, pour se sentir enfin de nouveau chez lui, comme si la réalité ne se présentait jamais d’emblée, comme si tout n’était que façade. »

Rosemont en mutation
Résidant désormais dans Ahuntsic, Raymond Bock a complété une maîtrise en études littéraires à l’UQAM et il est maintenant réviseur-correcteur pour plusieurs maisons d’édition, en plus de ses activités comme auteur. Rosemont de profil  a été écrit dans le cadre de ses études, mais invité par l’éditeur Éric de Larochellière à publier une novella pour le 10e anniversaire de la maison d’édition Le Quartanier, il a retravaillé le texte pour cette parution spéciale.

Travaillant présentement à des textes sur la mémoire, dont Rosemont de profil fait partie, l’auteur est aussi sensible aux changements qui se sont produits dans son ancien quartier. Le plus évident selon lui est l’embourgeoisement et la revitalisation de la rue Masson. De plus en plus de professionnels ou de jeunes familles ayant des habitudes de consommation plus raffinées s’y sont installés, explique celui qui se sent encore Rosemontois : « Quand j’y vivais, il y avait déjà une mixité sociale, mais elle me semble plus marquée aujourd’hui. Mais dans les avenues résidentielles, dans les ruelles, il y a toujours ce sentiment de vie urbaine modeste et communautaire, un peu enclavée parce que les métros sont loin, où tout peut être atteint à pied, les commerces, la bibliothèque, la piscine, les parcs. » C’est ce Rosemont des ruelles et des avenues tranquilles, entre passé et présent que nous fait découvrir avec brio Raymond Bock.

NOVA02_Rosemont_de_profil_RGB_800pxExtrait :
« Mon amitié avec Julien a été la plus forte que j’ai eue dans ma vie, et je ne sais pas pourquoi elle s’est déployée avec tant de naturel. Par la suite, je n’ai toujours été qu’un spectre hantant les histoires des autres, et je ne garde de ces rencontres fugitives qu’un penchant pour les bières belges à triple fermentation. J’ai bien développé ce que ceux qui parlent des vraies affaires appellent une passion, chose qui pour moi n’était qu’un prix de consolation tiré au hasard parmi les quelques choix qui s’offrent aux solitaires pour éviter la corde, c’est-à-dire un intérêt pour la littérature. »   

 Lectures suggérées par Raymond Bock :

Ville rouge, Jean-Jules Richard.

Serge d’entre les morts, Gilbert La Rocque.

Étoile distante,  Roberto Bolaño.

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  • Intéressant. Merci de la suggestion de lecture.

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